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COVID-19/FERMETURE DES MOSQUÉES : les imams et les muezzins tirent le diable par la queue !

Le 26 mars dernier, le président Alpha Condé a annoncé la fermeture des lieux de culte pour faire face à la propagation du COVID-19 en Guinée. Plus d’un mois après la rentrée en vigueur de cette décision, force est de constater que de nombreux imams et muezzins qui vivent principalement des offrandes et des aumônes, entre autres, octroyées par les fidèles musulmans, se retrouvent dans une situation très précaire. Causée par la pandémie du COVID-19, le redoutable virus qui n’épargne aucun secteur, y compris celui des religieux, cette conjoncture vient s’ajouter à la longue liste des contraintes auxquelles sont confrontés les guides des croyants musulmans. Avec près de 20.000 mosquées recensées en Guinée par le Secrétariat général aux Affaires religieuses, ce sont potentiellement 160.000 familles de responsables religieux qui sont fortement affectées et secouées par la présence de la maladie à travers la fermeture des mosquées. Sans salaire et ne bénéficiant d’aucune autre forme de prise en charge de la part de l’État, les imams et les muezzins devront faire face à cette dure situation comme ils peuvent. Car il faut pour eux, tant bien que mal, subvenir aux besoins vitaux de leurs familles, avec ou sans l’appui des fidèles.

L’indépendance financière, pas un critère mais un sérieux atout

L’indépendance financière d’un imam n’est pas une condition dans le choix de celui-ci pour être à la tête d’une mosquée. Mais pour être à l’abri de la tentation et de la manipulation afin de mieux s’acquitter de son devoir de guide religieux, il n’est pas inutile que celui-ci puisse se suffire économiquement. Interpellé sur la question, le secrétaire général aux Affaires religieuses, Aly Jamal Bangoura, a admis qu’un imam qui est à l’abri du besoin est plus enclin à interpréter entièrement et intégralement les principes de l’islam et la volonté de Dieu. A l’inverse, Il est vrai que « quand un imam n’a pas les moyens de se prendre en charge, il est obligé de faire face à d’autres personnes. Et si toutefois ses bienfaiteurs ne sont pas dans les normes de l’islam et qu’il essaye de les sermonner, il risque de le faire à ses dépens. C’est pourquoi la communauté musulmane exhorte les fidèles de mettre à l’abri leur imam afin d’échapper à la tentation », a-t-il ajouté avec insistance.

COVID-19, fermeture des mosquées et précarité accrue, des imams et muezzins tirent le diable par la queue.

Comme susmentionnée, la fermeture des mosquées reste une circonstance encore plus difficile à gérer pour la majorité des imams et des muezzins au point qu’ils peinent à trouver de quoi suffisamment nourrir leurs familles. Un responsable religieux qui a requis l’anonymat, se confie : « Nos imams traversent un moment difficile depuis la fermeture des mosquées. Leurs conditions de vie se sont brusquement précarisées. Vous savez qu’ils vivent de l’aumône et autres offrandes qui sont versées dans les mosquées. Car à l’exception de ceux de Fayçal, aucun imam n’est payé par l’Etat guinéen. Et maintenant que les mosquées sont fermées et que les fidèles n’ont plus l’occasion d’y venir, les imams ne perçoivent rien. Il y en a même qui peinent à faire manger leurs familles en ce mois de Ramadan. La situation est telle que j’en connais un qui a préféré partir à Boké pour le moment. La dernière fois, quand un de mes disciples m’a offert deux sacs de riz, j’avais invité notre premier imam à prendre un pour pouvoir commencer le Ramadan avec», souligne-t-il avec un ton émouvant.

Pour l’imam Mady (nom d’emprunt), premier imam d’une mosquée située à Kobaya dans la commune de Ratoma, père de 11 enfants et marié à deux femmes, aucun mot ne peut décrire le combat qu’il mène au quotidien pour nourrir sa famille. « Ces moments sont extrêmement difficiles pour nous et il n’y a pas de honte à le dire. Lorsque les mosquées étaient ouvertes, la situation était moins pénible. Pratiquement, on recevait des dons, des offrandes de la part de fidèles musulmans et cela contribuait à nous soulager », explique ce septuagénaire avec une dose de sérénité.

Bien que bénéficiant de l’appui financier de son fils résidant en Occident, l’imam Mady reconnaît que la situation est grave. « Même avec l’aide de mon fils qui réside en Occident, j’ai encore du mal à m’en sortir comme je le souhaite. J’ai une grande famille, et je vis avec les enfants de mon jeune frère qui est au village. J’ai sous ma charge 23 personnes au total », ajoute le vieil homme, plutôt grand.

À la date du jeudi 7 mai 2020, selon l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), la Guinée cumule désormais 2 009 cas confirmés du COVID-19 dont 11 décès liés à la pandémie qui a mis le monde entier à genoux. Cette propagation effrénée de la maladie dans le pays, dont le premier cas sur le territoire national date du 12 mars dernier, continuera d’affecter encore de nombreuses familles guinéennes dont plus de la majorité de la population vit sous le seuil de la pauvreté.

Ibrahima Kindi BARRY

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