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FÊTE EN PÉRIODE DE CORONAVIRUS : un coup dur pour les activités culturelles en Guinée

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Guinée, les activités culturelles  sont fortement affectées par la pandémie. Alors que la fête marquant la fin du mois de Ramadan sera célébrée ce weekend, probablement le dimanche 24 mai 2020, par les fidèles musulmans, l’heure n’est pas à la reprise des activités pour les opérateurs culturels guinéens. Les grands rassemblements étant interdits depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, aucun concert n’est prévu dans la ville de Conakry où un couvre-feu est en vigueur de 22 heures à 5 heures du matin. Et les rassemblements de plus de 30 personnes sont interdits sur l’ensemble du territoire national. 

Comment les acteurs culturels se préparent à vivre cette fête sans festivités ? Quelles sont les estimations sur le manque à gagner rien que pour ce weekend ? Ledjely.com s’est entretenu avec des acteurs du secteur (gestionnaires de boites de nuit, gérants d’espace de loisirs, artistes, producteurs…)

L’ensemble des acteurs interrogés s’accordent sur un fait : en raison de la pandémie de coronavirus, il est impossible d’organiser des événements sans courir le risque de contribuer à la propagation de la maladie : « Il n’est pas envisageable d’organiser actuellement des événements avec la présence du COVID-19 en Guinée. Pour nous qui possédons les boites de nuit, il n’est pas possible d’organiser une soirée tout en respectant toutes les mesures édictées par les autorités sanitaires pour éviter les contaminations », explique Moustapha Zaidan, PDG de Crisber Night-club. S’agissant du manque à gagner pour les 48 heures d’ambiance (le jour et le lendemain de la fête), il estime les pertes dans ses deux boites de nuit, à Conakry et à Kamsar, à des dizaines de millions de francs guinéens. « Dans mes deux boites de nuit, je vais perdre au moins entre 30 et 50 millions le jour de la fête et le lendemain », ajoute-t-il.

Pour Antonio, PDG de MLS Lounge Bar et Restaurant, même si l’ouverture des établissements était autorisée sous condition de respecter le port du masque par tous les clients, il y a un risque à réunir des personnes qui ne sont pas identifiables puisqu’une partie de leurs visages est masquée. « Il est impossible de rentrer dans un établissement de nuit avec un masque, cela comporte beaucoup de risque parce que vous ne pouvez pas identifier les gens. En plus, lorsque les gens sortent, ils aiment se saluer, se toucher, rigoler, boire un verre avec des amis… Or, les mesures barrières comme la distanciation sociale interdisent tout cela. Par conséquent, il est impossible d’ouvrir une boite de nuit actuellement », souligne-t-il. En terme de manque à gagner, Antonio l’estime « à près de 100 millions » de francs le jour de la fête pour la boîte de nuit et le restaurant.

L’espace Belvédère, sis à la Bellevue, dans la commune de Dixinn, habituellement très prisé par les promoteurs de la musique mamaya et le poodha lors des fêtes, n’est pas non plus épargné par la situation. Ni même les cérémonies de mariage n’y sont organisées ; coronavirus oblige ! Souissi Slim, propriétaire du lieu, réaffirme qu’en raison de l’état d’urgence, aucun événement n’est programmé. Il chiffre le manque à gagner à un peu plus de dix millions de francs guinéens, uniquement le jour de la fête. « Nous ne pouvons pas organiser d’événements cette année à cause du coronavirus. La décision est claire et il faudra que tout le monde la respecte. Mais cela pourrait me coûter au moins 12 millions », confie-t-il.

Bien avant d’évoquer le manque à gagner, Ablaye M’Baye, à la fois artiste et producteur, membre du groupe Degg-J-Force 3 et de la structure Meurs Libre Prod, promet de trouver une façon de divertir le public mélomane. « On n’a pas prévu de concert proprement dit mais Alasco de la maison Meurs Libre Prod va offrir un live sur sa page Facebook et nous qui sommes de la structure, nous allons partager ce live sur nos différentes pages pour pouvoir toucher le maximum de personnes », annonce-t-il.

Conscient que la Guinée n’est pas en reste des conséquences de la pandémie du COVID-19, le frère de Moussa M’Baye, l’autre membre du groupe Degg-J-Force 3 et de la structure événementielle Meurs Libre Prod, rajoute : « C’est très dur pour nous cette année. S’il n’y a pas de spectacle, il n’y a pas de recettes. Et s’il n’y a pas de recettes, il n’y a pas de paie. C’est toute une chaîne de personnes qui travaillent pour satisfaire nos fans. Notre maison n’a pas prévu de spectacles pour cette fête. Mais je sais qu’en cette période des fêtes, avec tous les spectacles qui allaient être organisés à Conakry, avec la présence de certains artistes internationaux notamment, le manque à gagner se situe entre 4 à 5 milliards pour tous les acteurs, y compris les hôtels », estime-t-il.

Ibrahima Kindi BARRY

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