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CHARLES BLÉ GOUDÉ: «Que je sois en Côte d’Ivoire ou pas, ma voix comptera»

Dans un entretien à RFI, Charles Blé Goudé revient sur la décision rendue jeudi par la Cour pénale internationale (CPI) et sur l’élection présidentielle à venir en Côte d’Ivoire.

« Je suis Ivoirien. Je suis ici [à La Haye, aux Pays-Bas] pour une raison connue, d’ordre judiciaire. Si l’institution qui a estimé à un moment donné que des charges pesaient contre ma personne relativement à une crise que mon pays a connu, et que cette institution-là me donne la liberté de mes mouvements, ma destination première devrait être là où mon cordon ombilical a été coupé, c’est-à-dire en Côte d’Ivoire », a expliqué Charles Blé Goudé.

La décision rendue par la CPI jeudi, d’alléger les conditions de mise en libération de Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo leur permet de retourner en Côte d’Ivoire, comme tous deux le souhaitent. Mais elle impose néanmoins que l’Etat sur le territoire duquel ils se rendent accepte de les accueillir.  « Hélas, entre le souhaitable et le possible, il y a un hiatus, explique Charles Blé Goudé. Cela dépend maintenant, il est clair, de la volonté des autorités de mon pays. Ma volonté est de rentrer chez moi, près des miens, près des Ivoiriens, auprès de mes parents, pour que je parte m’incliner sur la tombe de mon père, de mes frères qui sont décédés, des amis qui sont décédés pendant que je n’étais pas là. Ensuite, prendre part bien entendu au débat politique, à la vie politique de mon pays parce que je suis un leader politique. »

Pas candidat pour la présidentielle

En décembre 2019, un tribunal d’Abidjan a condamné Charles Blé Goudé à 20 ans de prison par contumace, pour « actes de torture, homicide et viol ».

« Dans tous les cas, que la condamnation à 20 ans soit intervenue ou pas intervenue, j’aurais été même par élégance, j’aurais été même par devoir, obligé de parler aux autorités de mon pays. Quand vous voulez aller dans un village duquel vous avez été absent pendant plus de neuf ans, l’élégance et la politesse, exigent que vous parliez, que vous preniez langue avec les autorités de ce pays-là. Quand on veut aller dans un village, on parle avec le chef du village pour dire qu’on va venir. La Côte d’Ivoire a changé politiquement, elle a changé socialement, derrière moi elle n’est plus la même, c’est un fait. Je dois d’abord prendre langue avec les autorités de chez moi, pour que je puisse rentrer chez moi, si elles veulent bien me le permettre. »

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