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N’ZÉRÉKORÉ : crise de viande dans la ville suite à l’augmentation du prix des bœufs

Depuis quelques semaines, une crise de viande se fait ressentir dans la ville de N’zérékoré. À l’origine, le manque de bœufs destinés aux abattoirs locaux, alors que l’on note un important afflux des acheteurs venus  des différentes localités du pays.

Dans la capitale de la Guinée forestière, la viande de bœuf se fait rare dans les assiettes des consommateurs. Sur les raisons de cette crise, les bouchers de la ville évoquent plusieurs raisons. « Aujourd’hui, on est confrontés à une crise de bœufs. Parce que des gens viennent de partout pour acheter les bœufs ici. Nous avions l’habitude d’acheter un bœuf à 4 300 000 francs guinéens pour revendre le kilo de viande à 30 000 francs. Mais nos concurrents qui viennent de Conakry, Labé ou encore Kankan proposent d’acheter les mêmes bœufs à 6 000 000 de francs guinéens et de revendre le kilo de viande entre 35 000 à 50 000 francs chez eux. Conséquence, les éleveurs préfèrent aujourd’hui vendre leurs bœufs aux gens qui viennent d’ailleurs que de les céder aux bouchers de N’zérékoré. La crise a commencé pendant le mois de Ramadan. Avant, on pouvait égorger plus de 15 bœufs par jour. Mais actuellement, on n’atteint même pas 10 par jour », regrette Djoumè Diakité, le président des bouchers de N’zérékoré.

Selon lui, la préfecture de N’zérékoré n’est pas une zone où on élève des bœufs. « C’est une zone de consommation et si on veut trouver des bœufs, il faut aller dans les préfectures de Lola, Macenta ou Beyla », a-t-il expliqué avant de demander aux autorités locales l’autorisation de pouvoir vendre le kilo de viande à 35 000 francs guinéens « comme c’est vendu à Siguiri, Kankan et Labé ».

Du côté des éleveurs, on justifie le manque de viande d’une part par une menace que les autorités auraient faite vis-à-vis des bœufs de type zébu. « Il y a eu la menace des autorités de faire partir du territoire guinéen la race zébu. En Guinée forestière, on est au nombre de 111 éleveurs qui ont des zébus. Donc avec cette menace, on a arrêté d’alimenter les bouchers. Cela a créé la crise », a souligné Ibrahima Kalil Cissé, président régional de Bétail-viande.

Il reconnaît également que l’offre faite par les acheteurs venus des autres régions de la Guinée donne lieu à une concurrence que les bouchers locaux ne peuvent pas suivre en ce moment. « Un bœuf de 150 kilogrammes est négocié par les bouchers de N’zérékoré à 4 300 000 francs guinéens tandis que ceux qui viennent des autres régions achètent le même bœuf à 6 000 000 de francs. Or, c’est le même franc guinéen. Par conséquent, on préfère vendre à ces derniers, car c’est une question de profit », a-t-il fait remarquer.

Niouma Lazare Kamano, N’zérékoré pour Ledjely.com

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