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CONAKRY : les gérants de motels, les autres victimes collatérales du COVID-19

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Guinée, tous les secteurs d’activités sont fortement impactés par la crise sanitaire. Pour lutter contre la propagation de la maladie dans le pays, le président de la République, Alpha Condé, a pris une série de mesures. C’est ainsi que le chef de l’Etat guinéen a signé le 26 mars 2020 un décret instaurant l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national. Conséquence de cette décision, tous les lieux de loisirs et de détente comme les motels sont fermés depuis afin de limiter les contacts physiques et  ainsi mieux maîtriser la propagation de la pandémie. Cependant, cette décision de fermer ces lieux a une forte incidence sur les revenus des personnes qui y travaillent. Gérants et propriétaires de motels traversent une situation particulièrement difficile suite à l’instauration de l’état d’urgence en Guinée.

La rédaction du Djely qui s’est intéressée à leur situation a su recueillir dans la plus grande discrétion les propos de quelques gérants de motels dans la banlieue de Conakry. Entre complaintes et indignations, le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation des travailleurs dans les motels est très précaire depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus. Des témoignages que nous avons recueillis, il ressort que cette période de crise sanitaire née de la pandémie du COVID-19 est une vraie catastrophe pour leurs affaires.

Emile*, père de quatre enfants et propriétaire d’un motel de treize chambres plus un bar situé dans les bas fonds du quartier Kobaya dans la commune de Ratoma, est loin d’être satisfait de son business. Loin s’en faut, la crise du nouveau coronavirus est très mauvaise pour ses affaires. Pourtant, son coin était très prisé avant la pandémie par les clients à la recherche de discrétion. Mais avec la fermeture des lieux, c’est un casse-tête pour lui. « On n’avait jamais connu une période aussi difficile que celle-ci. On a connu Ebola et nous avons survécu, mais avec le coronavirus, les choses sont très dures. On n’a pas d’autres activités à part ça. Si ce n’était pas à cause du coronavirus, on s’en sort très bien. Avec la boisson que nous écoulons et les chambres que nous mettons en location, c’était vraiment l’aubaine pour nous. Mais actuellement, la situation est très alarmante », dit-il en gardant une certaine sérénité.

« Depuis la rentrée en vigueur des mesures de l’état d’urgence, c’est le sauve qui peut pour certains d’entres nous les gestionnaires de motels », explique Claude*, patron d’un motel à Lambanyi, un quartier résidentiel huppé de Conakry dans la commune de Ratoma. Victime de plusieurs décentes des agents des services de l’ordre, il continue tout de même de faire fonctionner clandestinement son établissement dans la plus grande discrétion. Mais la clientèle se fait très rare. « Personnellement, je peux faire trois à quatre jours sans enregistrer de recettes. D’habitude, ce secteur est très rentable. Mais sous l’état d’urgence, ça ne va pas. Car, la crise sanitaire garde nos clients chez eux et personne ne veut prendre le risque de se faire interpeller dans un motel, même quand nous essayons quelques fois d’ouvrir de manière cachée », fait-il remarquer.   

Mathieu*, propriétaire d’un motel situé non loin de la route principale à Kobaya, a lui aussi été doublement victime durant cette période de crise sanitaire. En plus du manque à gagner sur ses revenus habituels, il a été victime d’une descente des agents des forces de l’ordre dans son établissement.

Lors d’une discussion amicale, il relate sa mésaventure en ces propos : « La période est doublement critique pour moi. En plus du manque de clients et de recettes, j’ai été récemment victime d’une décente de la part des forces de l’ordre. Ils m’ont dépouillé plus de 500 000 francs guinéens et ils ont embarqué certains de mes clients ainsi que mes gérants. Là aussi, il fallu que je débourse près de 600 000 francs pour faire libérer mes clients et mon personnel », explique-t-il avec un carton de vin dans une main et une cigarette dans l’autre.

*Prénoms volontairement changés

Ibrahima Kindi BARRY

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