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DIABALY : l’embuscade qui ne facilite pas la tâche à IBK

Les mauvaises nouvelles, le président Ibrahim Boubacar Keïta n’en a surtout pas besoin en ce moment précis. Critiqué tout à la fois pour son incapacité à venir à bout de l’insécurité qui tenaille le pays depuis environ une décennie et pour la mauvaise gouvernance qui caractérise son magistère, le président malien est déjà dos au mur. Appelé à rendre le tablier, il a dans un discours solennel, ce dimanche 14 juin 2020, tendu la main à ses adversaires, avec le mince espoir que son ton conciliant et son mea culpa lui offriraient du répit. Eh bien, cela semble mal embarqué pour lui. Surtout avec les nouvelles qui arrivent de Diabaly, au centre du pays, près de la frontière avec la Mauritanie. En effet, de l’embuscade que des djihadistes y ont tendue aux forces armées maliennes (FAMA), ce même 14 juin, on déplore déjà officiellement 24 morts dans les rangs des forces régulières. Un bilan qui pourrait n’être que provisoire, dans la mesure où une quarantaine de soldats manquaient à l’appel à l’issue du guet-apens.

L’attaque n’ayant pas encore été revendiquée, les observateurs ne font pour l’instant que des suppositions. L’embuscade pourrait ainsi être l’œuvre de Bâ Moussa, un ancien officier ayant déserté de l’armée malienne en 2012. On le dit proche d’Iyad Ag Ghali, le chef touareg à la tête du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM). Mais on le soupçonne aussi de prêter ses services pour l’encadrement des combattants d’Amadou Kouffa, le prédicateur peul qui sévit dans le centre du pays.

Indépendamment de celui ou ceux qui en sont à la base, une chose est sûre : l’embuscade intervient au pire moment pour le président Ibrahim Boubacar Keïta. En effet, si la neutralisation, il y a quelques jours de l’Algérien Abdelmalek Droukdel avait été interprétée comme pouvant doper l’espoir des forces maliennes, l’embuscade de Diabaly, avec  à la clé son lourd bilan, pourrait provoquer l’effet inverse. Déjà que les soldats maliens sont ces derniers temps critiqués pour les exactions dont ils se rendent coupables dans le sillage ou au nom de la lutte contre le terrorisme, voilà qu’ils enfilent les défaites et les pertes en vies humaines. Dans un tel contexte, le moral de la troupe ne peut qu’être affecté. Et bien sûr, de tout cela, c’est le terrorisme et plus largement l’insécurité qui en profitent. De quoi affaiblir davantage le président malien dont tous les malheurs proviennent justement de cette interminable crise sécuritaire.

Alors que le mouvement du 5 juin réuni autour de l’influent imam Mahmoud Dicko projette une autre manifestation pour le vendredi prochain, l’appel au dialogue lancé ce dimanche 14 juin par le chef de l’Etat malien devient subitement moins audible, avec les nouvelles en provenance de Diabaly. A l’inverse, avec ces nouvelles victimes dans les rangs de l’armée malienne, l’appel à la démission d’IBK devient plus pertinent. Ces nouvelles pertes passant notamment pour une forme de confirmation des accusations selon lesquelles l’actuel président malien n’est pas l’homme de la situation, qu’il n’est pas celui qui pourra restaurer l’ordre et la quiétude auxquels les Maliens aspirent tant. Et si on ajoute à cela que sa gouvernance, quant à elle, est particulièrement décriée, on peut conclure que le locataire du palais de Koulouba a bien des raisons de se faire des soucis.

Boubacar Sanso BARRY

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