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REPRISE DES COURS : les enseignants du secteur privé persistent et signent

C’est la principale menace qui plane au-dessus de la reprise des cours prévue pour ce lundi 29 juin. Un débrayage des enseignants des établissements du secteur privé. Particulièrement affectés par les effets collatéraux du nouveau coronavirus, ils ont fini par s’organiser en un syndicat qui entend profiter de cette reprise pour faire valoir leurs droits et même faire reconnaître un peu plus leur statut. Et pour accorder leurs violons et harmonier les actions à mener, ils se sont retrouvés en Assemblée ce samedi 27 juin 2020, dans l’enceinte de la Maison des jeunes de Sanoyah-km36. Y étaient présents des enseignants venus des préfectures de Coyah et Dubréka ainsi que des communes de Manéah, Matoto et Ratoma.

Dans une salle chauffée à blanc, on entendait des slogans qui en disent suffisamment sur la détermination des syndicalistes. « A bas la sous-traitance! A  bas l’hypocrisie ! Ensemble, nous vaincrons ! A bas les fondateurs jaloux », criait-on en chœur en effet.

Puis, Leno Gnouma Sory, le premier secrétaire général adjoint du syndicat national des enseignants du privé de Guinée (SYNEPGUI) prend la parole pour égrener les récriminations des siens. Il évoque  les exactions, les licenciements abusifs et fantaisistes et même, selon lui, la « dictature dont nous sommes victimes dans les écoles, les instituts et les universités  privées du pays ». Et pour lui, l’heure est enfin arrivée pour que les enseignants du secteur privé en finissent avec tous ces maux. « Seule la lutte va nous libérer et nous sommes prêts à aller au front pour dire non à tout ce qui est en train de se passer aujourd’hui dans le secteur privé de l’éducation ». De fait, selon M. Leno, le problème de l’enseignement privé en Guinée va au-delà des conditions de vie des enseignants. C’est d’une réforme globale dont le secteur a besoin, à l’en croire. Quoique le sort des enseignants occupe dans le débat une place non négligeable. « Partout où nous allons, on ne nous regarde pas ; l’État nous dit d’aller vers les fondateurs et les fondateurs nous demandent d’aller vers l’État ». Une situation à laquelle les enseignants ne peuvent mettre fin, selon lui, qu’en prenant leur destin en main.

Ceci étant, M. Leno avertit que la lutte ne sera couronnée de succès que si les uns et les autres sont solidaires et sincères dans la bataille. « On a constaté que beaucoup d’entre nous vivent de la trahison, ils vivent de la peur, ils vivent de la traitrise, et nous allons tous les chasser du secteur privé de l’éducation« , menace le premier secrétaire général adjoint du SYNEPGUI.

De fait, le monde des enseignants du secteur privé entend se servir du sort qui lui est réservé aujourd’hui par l’avènement du coronavirus pour régler un certain nombre de problèmes qui le tenaillait. « Si Ebola a été une  opportunité pour le chef de l’État, le nouveau Conoravirus est une opportunité pour nous les enseignants évoluant dans le secteur privé », clame de manière totalement assumée Leno Gnouma Sory. En gros, c’est le moment de redresser tous les torts et autre manque de considération dont les enseignants ont souvent été victimes.

On nous traite de plaisantins, on nous traite de jeunes non organisés, on nous traite de mendiants, nous sommes en train de vivre dans la pauvreté, d’autres de nos amis sont décédés pendant cette pandémie par manque de moyens pour se faire soigner, beaucoup se sont séparés de leurs familles par manque de moyens et beaucoup d’autres ont été délogés par manque de moyens, beaucoup sont en train de faire le taxi moto.

Dans la foulée, le leader syndical demande à son auditoire : « Est ce pour cela qu’on étudie ? Etudie-t-on pour mourir dans la souffrance ? ».  

Ceci étant, dans sa stratégie, le Synepgui ne préconise nullement que les enseignants restent ce lundi à la maison. « Le lundi, nous vous demandons de vous rendre dans vos écoles. Vous n’allez pas pour faire la guerre, vous n’allez pas pour donner cours, mais allez et réclamez votre argent. Si vous restez à la maison, ils vont en profiter pour vous diviser, parce qu’ils sont en train déjà de payer certains depuis qu’on a menacé ».

Il est à noter que la colère des enseignants du secteur privé est une conséquence de la fermeture des écoles, elle-même consécutive à la survenue de la maladie du nouveau coronavirus. Les établissements étant fermés, les fondateurs des écoles ont de facto suspendu le versement des salaires desdits enseignants évoluant dans leurs écoles respectifs, au motif que ceux-ci ne travaillant plus de fait, ne doit avoir à réclamer un salaire. Si sur le plan de la forme, l’argument parait logique, il y a que dans de nombreux cas, lesdits fondateurs ont déjà perçu l’ensemble des frais de scolarité de la part des parents d’élèves. Et puisque l’Etat lui-même peine à s’impliquer dans la gestion de la crise, cela laisse face-à-face, les enseignants et les propriétaires d’écoles.   

Balla Yombouno

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