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APPLICATION DU COUVRE-FEU : ambiance de blocage de citoyens à Cosa

Bien qu’ayant conscience des conséquences que cela peut entraîner, certains citoyens n’arrivent pas à toujours respecter l’heure de l’entrée en vigueur du couvre-feu. Si certains d’entre eux parviennent à s’en sortir sans grande conséquence, d’autres, les malchanceux, se retrouvent bloqués au niveau des checkpoints installés par les forces de sécurité, les obligeant à y passer la nuit.

Ça a été le cas dans la nuit dernière, du 4 au 5 juillet. Certains citoyens ont été bloqués au carrefour de Cosa, dans la haute banlieue de Conakry. Après avoir tenté en vain de justifier pourquoi ils n’ont pas pu rejoindre leurs domiciles avant 23 heures, le début du couvre-feu instauré par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la propagation du COVID-19 en Guinée, en vigueur à Conakry et dans ses environs (Dubréka et Coyah).

Un gendarme a bloqué le passage à 22h40 à Cosa, alors que je dois rentrer jusqu’à Taouyah. Sinon, je suis sûre que 23h m’aurais trouvé vers là-bas, mais j’étais obligée de passer la nuit (à Cosa). Le comble dans tout ça, c’est qu’il s’est permis de me toucher avec ses mains. Quand je l’ai repoussé, il s’est montré agressif. Ce sont ses collègues qui l’ont empêché de me frapper”, nous a confié une femme.

Quand on s’est approché du barrage, je suis descendu de la moto dans l’espoir de rentrer dans le quartier, mais j’ai été retenu par les gendarmes. Les jeunes aux alentours m’avaient prévenus que je n’allais pas passer, en proposant de me faire passer. Mais j’ai préféré rester avec les policiers jusqu’au petit matin, au lieu de me fier à des inconnus”, a raconté un jeune homme qui espérait être relâché dans les minutes qui suivent pour continuer à pied dans le secteur Sompareah, où il réside.

Dans la foulée, un jeune se présente comme étant un militaire. Mais il n’y a pas de passage pour lui non plus. “En lui disant d’ôter son bonnet, j’ai eu la certitude que ce n’est pas un homme faisant partie de l’armée, rien qu’en voyant sa coiffure”, a expliqué un gendarme. “Le matin, je vais t’auditionner et te faire déférer”, a menacé le commandant en chef de l’unité.

Quant aux autres personnes bloquées, il a essayé de les raisonner en ces termes : “Actuellement, les bandits se retranchent dans les quartiers. Si je vous laisse passer et qu’il vous arrive quelque chose, je serai en partie responsable. Asseyez-vous ici pour votre sécurité”.

Ces citoyens sont restés assis sur place jusqu’au petit matin, à 4 heures du matin ; à la merci des moustiques et de la fraîcheur. Chacun, selon avec ses raisons, est reparti une fois arrivée l’heure de la levée du couvre-feu, en promettant de ne plus se retrouver dans une telle situation.

Hawa Bah

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