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MALI : IBK dos au mur

Il a jusqu’ici joué à la montre, en espérant que la stratégie de l’usure finirait par avoir raison de l’ardeur et de la détermination des membres du Mouvement du 5 juin (M5). Mais avec la tournure que les événements ont prise ce vendredi 10 juillet à Bamako, le président malien devrait revoir sa stratégie. Car en face, on commence à se laisser gagner par l’agacement. C’est en effet ce qui sous-tend les débordements constatés hier, avec les attaques contre les édifices publics. L’opposition aura estimé que les deux premières manifestations totalement pacifiques n’ayant pas convaincu le palais de Koulouba de la prendre au sérieux ; et qu’en conséquence, il fallait passer à l’étape supérieure en se montrant un peu plus menaçante. D’où le mot d’ordre  de désobéissance civile.

Ibrahima Boubacar Keïta et son camp doivent donc comprendre le coup de semonce d’hier. C’est là un ultime avertissement de la part du M5. Un avertissement qui, à lui seul, suffit pour que le président malien comprenne que les concessions qu’il s’est jusqu’ici engagé à faire ne suffiront pas. Un gouvernement d’union nationale, un réexamen des résultats de la dernière législative et une recomposition partielle de la Cour constitutionnelle ne suffiront pas. S’il ne veut pas concéder une retraite anticipée, il devra surtout se résoudre à se lester d’une part non négligeable de son pouvoir. De fait, les Maliens ne lui font plus confiance. A leurs yeux, il se sera discrédité comme l’homme de la situation. S’ils semblent disposer à lui laisser le gouvernail pour les trois dernières années qui lui restent, cela ne devra être qu’à titre symbolique. Car dans les faits, ils veulent de quelqu’un d’autre pour reprendre en main les choses.

Car le fond du problème, il est là. En 7 ans, le pouvoir incarné par IBK s’est délité. Installé dans sa zone de confort, le président malien a laissé la situation pourrir sans cesse. Alors que le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise sécuritaire, le président n’en a cure. Lui et les siens se partagent l’essentiel des richesses générées ou accordées au pays. Pendant ce temps, les autres Maliens peuvent bien crever. D’autant que les institutions, si elles ne sont pas réduites au silence, sont accaparées par une élite dirigeante aussi vorace que corrompue. Cette chute vertigineuse, les Maliens en ont marre, et ils veulent que cela s’arrête tout de suite. Il est donc question d’une crise de confiance très profonde entre un président et les citoyens. Toute chose qui ne se règle pas par une répartition mécanique de postes. Et c’est ce que le président ne semblait pas avoir compris avec les deux précédentes manifestations. Mais il devrait enfin le comprendre avec les événements de ce vendredi. En tout cas, pour lui, le temps est désormais compté.

Boubacar Sanso BARRY  

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