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FARANAH : entre précarité et désespoir des jeunes

C’est sans doute la région administrative la moins développée du pays. Faranah, la ville qui a vu naître Ahmed Sekou Touré, le premier président de la Guinée indépendante, manque presque de tout. Ici, plus que la plupart des villes de l’intérieur du pays, l’activité principale des jeunes est le métier de conducteurs de taxi-motos ou la gérance de kiosques des jeux de hasard. Tel est le constat alarmant fait par le correspondant régional du Djely en Haute-Guinée.

Elle a pourtant occupé une place importante dans l’histoire du pays. Mais aujourd’hui, son passé glorieux est un vieux souvenir. Un simple tour dans la ville de Faranah suffit pour comprendre son grand retard. Du gouvernorat en passant par le siège local de la Société des eaux de Guinée (SEG), la préfecture, la gendarmerie ou encore le Bataillon autonome jusqu’au siège de l’ancien parti unique qui a tenu la Guinée d’une main de fer pendant la révolution, le PDG-RDA, l’on se rend facilement compte du niveau très bas du développement de la ville.

Au-delà de ce constat peu reluisant, la question d’employabilité des jeunes reste l’autre grande préoccupation dans le chef-lieu de la région administrative de Faranah. Confrontés au manque d’emplois, de nombreux jeunes ont embrassé le métier de conducteur de taxi-moto ou de gérant de kiosques de jeu de hasard. C’est principalement dans ces deux activités que les diplômés sans emploi accrochent l’espoir d’une vie décente. Du quartier Abattoir en passant par Mansaréko et les abords du marché et des mosquées, on y retrouvent de nombreux conduisant des taxi-motos à la recherche de leur pain quotidien.

C’est le cas de Mohamed Oularé et Sekou Souaré, tous les deux diplômés de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia à Conakry. Après des recherches d’emploi infructueuses dans la capitale guinéenne et à Faranah, c’est dans la conduite de taxi-moto qu’ils ont trouvé leur salut. Ce qui leur permet aujourd’hui de subvenir aux besoins de leurs familles. « On a fini nos études depuis 2016. Nous sommes diplômés, l’un de Sociologie et l’autre de Philosophie, mais on a tellement cherché d’emplois sans succès que nous préférons maintenant conduire des taxi-moto. Les études n’ont plus de sens dans ce pays. C’est une totale désolation », estime le jeune homme.

Mariama Barry est quant à elle diplômée depuis 2014 de l’Institut Mathma Gandhi à Conakry. Après avoir tenté sa chance auprès de potentiels employeurs à Conakry et à Faranah sans succès, elle trouve aujourd’hui son bonheur dans un kiosque de transfert d’argent par mobile. « Après mes études, j’ai commencé à travailler dans une institution de microfinances pour un temps. Mais après cette opportunité, ça n’a été que de la galère. Maintenant, je viens passer la journée dans ce kiosque afin de trouver de quoi satisfaire mes besoins et ceux de ma famille », explique-t-elle.

Ledjely.com a terminé son constat devant l’antenne locale de l’Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi (AGUIPE) dont les locaux étaient fermés en pleines heures de travail. Selon des citoyens rencontrés en face du bâtiment abritant ce service public, ce dernier est ouvert de façon occasionnelle. Ses travailleurs ne viendraient que quelques parfois dans la semaine.

Michel Yaradouno pour Ledjely.com 

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