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CÔTE D’IVOIRE/GUINÉE | TROISIÈME MANDAT : « Sur le plan juridique, les situations ne sont pas comparables » (Bah Oury)

A deux mois des élections présidentielles, la question du troisième mandat reste le principal débat politique en Guinée et en Côte d’Ivoire. Pendant que le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé dit poser des conditions à son parti avant d’accepter d’être son candidat à la présidentielle du 18 octobre prochain, son homologue ivoirien Alhassane Ouattara, a pour sa part à l’occasion de son discours de la fête d’indépendance de la Côte d’Ivoire, officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de son pays du 31 octobre 2020.

Interrogé par Ledjely.com sur la position des deux chefs d’Etats ouest-africains qui veulent briguer un troisième mandat, Bah Oury, président de l’Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée (UDRG), a expliqué qu’il s’agit là de deux situations juridiquement différentes.

L’ancien vice-président de l’UFDG estime tout d’abord que la question du troisième mandat du président Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire et celle du président Alpha Condé de la Guinée, sont une situation de comparaison qui ne résulte forcement pas d’une raison pour la plupart du temps, mais, dont on peut avoir plusieurs niveaux de lecture.

Evoquant le cas d’Alassane Ouattara, Bah Oury a estimé : « Dans un premier temps, il faut dire que lorsqu’on est au pouvoir dans la durée, il faut savoir partir. Il ne faut pas être un facteur de blocage et d’immobilisme pour le pays puisque la gouvernance dans la durée, si elle ne change pas, elle ne permet pas à la succession de se renouveler. Sur le plan juridique, les situations ne sont pas comparables. Le cadre d’Alassane Ouattara est assimilable au cas de Me Abdoulaye Wade du Sénégal. Ils ont procédé au changement constitutionnel en leur temps, tout en indiquant à leur peuple qu’ils ne brigueraient pas un troisième mandat. Ce fut le cas de Me Wade et ce fut le cas d’Alassane Ouattara. Pour des raisons qui sont différentes, l’un et l’autre ne sont pas allés dans le respect de leur serment et de leur propos. C’est politiquement qu’on peut les juger et non juridiquement ».

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Contrairement au cas ivoirien, Bah Oury souligne la violation des textes de lois, et des violences politiques en Guinée. « Sur le plan juridique, c’est déjà un coup d’Etat qui a été perpétré contre la constitution de 2010, puisqu’il y avait des dispositions d’intangibilité et la situation guinéenne est encore beaucoup plus complexe. Il s’est avéré que même actuellement nous sommes devant un vide constitutionnel parce que la constitution telle que la Cour constitutionnelle l’a déclarée n’a jamais été l’objet d’une approbation quelconque par la population puisque le texte n’a jamais été présenté à la population guinéenne. En plus, les violences politiques en Guinée sont sans commune mesure comparé à la démarche politique chez le voisin d’à côté. Donc, il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable, tout en regrettant que les personnes qui se sont longtemps investies dans le champ politique ont du mal à quitter le pouvoir. Quelle que soit la motivation, il faut partir et partir par la grande porte. C’est cela qui est souhaitable, parce qu’au bout du compte rester longtemps au pouvoir n’amènera que des désagréments et ne pourra que faire régresser le pays », a assuré le président de l’UDRG.

Ibrahima Kindi BARRY

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