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TRAITE DES ÊTRES HUMAINS : « On est menacés parce que les condamnations ont diminué », Hadja Mariama Souadou Diallo

Lors de la célébration de la journée internationale de la dignité des victimes de la traite des êtres humains, le 7 août 2020 à Conakry, Hadja Mariama Souadou Diallo, la vice-présidente du Comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées (CNLTPPA), a expliqué la probabilité que le Département d’Etat américain rétrograde la Guinée de la catégorie des pays du tiers 2 au dernier tiers. A en croire la conseillère du ministère de la Justice, les réformes opérées au sein du département, avec la suppression de la cour d’assises, ont conduit la Guinée à être au stade actuel.

Toutefois, l’on se retrouve à nouveau sous menace pour des raisons qu’elle explique ci-dessous :

« C’est pas la première fois qu’on est menacés. On avait déjà été rétrogradé en 2017, on s’en est sortis grâce à l’effort fourni dans la réforme de la justice. Ces cas de traite relevant d’une procédure criminelle, seule la cour d’assise était habilitée à juger les cas de traite. Donc, les dossiers quittant la police et la gendarmerie, les officiers de police judiciaire déclarent les dossiers au tribunal. Le parquet et le juge d’instruction ouvrent la procédure qu’ils envoient à la chambre d’accusation d’alors. Cette dernière renvoie ces dossiers devant la cour d’assise, où il n’était prévue que 4 sessions par an. Et on ne pouvait presque réaliser que 2 sessions : les huissiers, les interprètes et même les magistrats ont leurs primes. Donc c’étaient très chers, les dossiers de traite qui arrivaient à la cour d’assise n’étaient pas entièrement jugés. C’est ainsi que le Département d’État nous a rétrogradé parce qu’on avait pas de décision. On ne condamnait pas les cas de traite. C’est ainsi qu’est arrivée la réforme de la justice. Et aujourd’hui la cour d’assises est supprimée. Nous avons au niveau de tous les tribunaux des sections criminelles et des chambres criminelles. Donc les dossiers de traite restent maintenant au niveau des tribunaux de première instance et les magistrats ont la possibilité de juger directement. Alors au bout du tunnel, on a eu assez de condamnations en 2017 et 2018. On a recueilli toutes ces décisions que j’ai communiquées au comité qui les a notées dans notre rapport. Arrivée au Département d’Etat, on nous a remis à notre place. On a enlevé la rétrograde. Mais maintenant, on est menacé parce que les condamnations ont diminué : en 2019, on a eu un grand remue-ménage à la justice. Donc pratiquement, il n’y avait pas eu assez de jugement, et les cas de traite avait diminué parce qu’on ne juge que les cas qu’on porte devant nous. En 2020 on n’en parle pas », a-t-elle expliqué.

Selon le syndicat national des travailleurs domestiques, 110 cas de personnes victimes de traître dont l’âge varie entre 15 et 45 ans sont répertoriées. Les femmes domestiques sont exposées à plus de 90%. En 2019, seulement 19 cas de jugement de traite ont été rendus dans les tribunaux, dont 2 au Tribunal de première instance (TPI) de Kaloum et 11 à celui de Dixinn.

Hawa Bah

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