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AFRIQUE : quel héritage pour la nouvelle génération ?

On ne le dira jamais. Après plus de soixante (60) ans d’indépendance, l’Afrique est toujours mal barrée en matière de développement. Que de promesses non tenues ! Que d’illusions déçues ! Que de rêves brisés ! Mais à qui la faute ? 

Au moment où les dirigeants du continent noir s’embarquent pour un nouveau partenariat de développement de l’Afrique, il n’est pas inutile de s’interroger sur la portée de ces pactes qui se signent au nom d’un peuple, qui attend désespérément d’en goûter les retombées dans le bonheur.

Comparaison n’est peut-être pas raison. Mais quand on sait que le plan quinquennal qui a impulsé le développement de Taïwan, date de 1972, c’est-à-dire douze ans après les indépendances africaines, il y a de quoi s’inquiéter sur le sort de ce continent qui ne manque pourtant pas de potentialités humaines, des ressources naturelles de son sol et du sous-sol. Si un pays comme Taïwan peut se targuer d’être le troisième producteur de microprocesseurs au monde après les USA et le Japon, c’est certainement la preuve que ses fils et filles ont su tirer le meilleur profit du plan de développement qui leur a été proposé.

Par contre, malgré la multitude de plans, projets et autres partenariats bi et multilatéraux auxquels ont été soumis à la majorité des pays de l’Afrique sub-saharienne, ceux-ci ne décollent guère de leur état de sous-développement. (La Guinée et ses mines, la Côte d’Ivoire et son cacao le Mali et son or et manganèse, le Burkina Faso etc… ) Alors que la situation de certains Etats est aujourd’hui pire qu’elle ne l’était aux indépendances, d’autres semblent avoir perdu toute initiative d’assurer un mieux-être à leurs populations. Ainsi, au lieu de la recherche du  » lendemain meilleur pour tout le peuple  » qui a guidé la signature des protocoles d’accord avec les institutions financières internationales, les milliards injectés n’ont servi et ne servent qu’à garnir en lieu sûr en Occident, les comptes des princes qui nous gouvernent et ceux de leurs amis du Sud et du Nord. Et lorsque les dirigeants de l’Afrique ne sont pas imposés et téléguidés par les anciens colonisateurs, ils ne sont pas, dans la plupart des cas, en mesure d’incarner les espoirs de leur peuple. Au lieu de servir ce dernier, ils se servent de lui pour développer leurs propres intérêts.

Ceux qui étaient censés relevé le défi, sont aujourd’hui la source de nos difficultés. Si ce n’est pas pour changer les constitutions pour se maintenir au pouvoir, c’est la répression sanglante des manifestants, qui s’opposent à ces projets sataniques.

Certains pays d’Afrique, ont su se démarquer de cette réalité destructrice de l’alternance politique et démocratique en Afrique. L’effet domino de la crise malienne risque de se propager chez ses voisins, si toutefois ils ne mettent pas l’intérêt de la nation au-devant des choses. Pourquoi se maintenir au pouvoir jusqu’à sa mort et pour quel intérêt ? Juste pour plonger son pays dans une crise encore profonde ? Méchanceté !

Je termine par l’une des affirmations d’un ancien haut fonctionnaire des Nations unies, l’ancien premier ministre guinéen et homme politique. Lansana Kouyaté, je cite : « il ne sert de politique que la politique qui s’adresse au social ».

Sékou Nesta Kaba

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