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MALI : la France pèsera-t-elle dans la balance ?

Au Mali, il règne une espèce de statu quo depuis quelques jours. En particulier, depuis le départ de la mission de la CEDEAO conduite par Goodluck Jonathan, l’agenda semble s’être arrêté. La junte n’ayant pas encore reçu les réactions de l’organisations sous-régionale à ses propositions, ne sait pas à quoi s’en tenir. Elle espère juste que les dirigeants ouest-africains finiront par se montrer plus cléments. Mais justement, à la CEDEAO, on ne hâte plus les pas. Ainsi, le sommet qui devait avoir lieu ce mercredi a finalement été reporté pour demain vendredi. Pourquoi ? Personne ne le sait. On sait cependant que le président sénégalais, le chef de file des tenants d’une approche modérée à l’endroit du Mali et de la junte qui a renversé le président IBK, est en France. Ceci explique-t-il cela ? Rien n’est moins sûr !

Officiellement, le président sénégalais est en France pour répondre à l’invitation du Mouvements des entreprises de France (MEDEF) qui tient son université d’été. Macky Sall devrait d’ailleurs à propos échanger ce jeudi avec des chefs d’entreprises prenant part à la rencontre autour du thème de l’impact de la Covid-19 en Afrique. Mais comme il fallait s’y attendre, le dirigeant sénégalais mettra l’occasion à profit pour rencontrer son homologue, Emmanuel Macron. L’annulation de la dette des pays africains est un des sujets inscrits au menu de leurs échanges. Mais des sources diplomatiques évoquent aussi au cœur de ces discussions des « sujets régionaux ». Et bien sûr, sous ce chapitre, on imagine bien que le Mali sera en très bonne place.

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Car il faut bien l’admettre. En dépit des gesticulations de certains dirigeants, la position que la France adoptera au sujet de la crise qui prévaut aujourd’hui au Mali sera particulièrement déterminante. Un statut que la France ne doit pas qu’à son passé colonial avec certains pays de la sous-région. Cette influence tient aussi et surtout au rôle particulièrement stratégique que le pays de Macron joue dans la lutte contre l’insécurité en général et le terrorisme islamique en particulier, dans le Sahel. En sorte que c’est bien à la France que bon nombre de dirigeants de cette partie du continent doivent encore le fait d’être à leurs fauteuils respectifs. De même, briguant des troisièmes mandats plutôt controversés, les présidents guinéen et ivoirien, pourraient très facilement se ranger à la position que défendrait la France. Vu ce qui prévaut dans leurs pays respectifs, Alpha Condé et Alassane Ouattara n’ayant aucun intérêt à se fâcher aujourd’hui avec l’ancienne puissance coloniale.

Or, même s’il ne l’a pas explicitement dit, il se trouve qu’Emmanuel Macron ne partage pas nécessairement la ligne dure défendue par certains lors du dernier sommet extraordinaire de la CEDEAO consacré justement à cette crise malienne. Lui se veut manifestement plus pragmatique. Si le coup d’Etat est bien regrettable, ce n’est pas pour autant qu’il faille regretter le départ d’Ibrahim Boubacar Keïta, qui n’aura jamais été le partenaire dont la France attendait de lui dans la lutte contre l’insécurité. Et comme par enchantement, le président sénégalais lui-même est sensiblement sur cette position, aussi modérée que réaliste. Sollicitera-t-il par conséquent de son homologue français qu’il aide à faire entendre raison aux tenants de la fermeté parmi les dirigeants de la CEDEO ? Rien ne nous permet de l’affirmer ici. Mais c’est une hypothèse des plus plausibles. D’autant que la rencontre entre les dirigeants sénégalais et français intervient à la veille du second sommet de la CEDEAO consacré au Mali.

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Boubacar Sanso BARRY  

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