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TROISIEME MANDAT EN AFRIQUE DE L’OUEST : quelle position pour Macron ?

En son temps, François Hollande s’était ouvertement prononcé en faveur de la modification constitutionnelle qui a donné le troisième mandat à Denis Sassou Nguesso, du Congo. Même s’il était vertement opposé par contre aux velléités de confiscation du pouvoir par Joseph Kabila, en République démocratique du Congo. Qu’en est-il alors de son successeur, Emmanuel Macron ? L’actuel président français est-il prêt à s’abriter, comme c’est souvent le cas, derrière la realpolitik pour faire l’impasse sur la volonté désormais clairement affichée par les présidents ivoirien et guinéen de s’octroyer de nouveaux mandats au sommet des deux Etats ?  Ou bien, entend-il, comme il l’a souvent clamé, inscrire les relations franco-africaines davantage au service des peuples qu’à celui des dirigeants ? Difficile au stade actuel de savoir de quel côté penche le locataire du palais de l’Elysée. D’autant qu’à l’issue de l’audience qu’il a accordée le vendredi 4 septembre 2020 à son homologue ivoirien, il n’a rien laissé transparaître de sa position. Mais en soi son silence peut s’interpréter comme une permission tacite concédée à Alassane Ouattara et indirectement à Alpha Condé. Même si à l’évidence, il semble moins conciliant avec le dirigeant guinéen.

En Côte d’Ivoire, partisans et opposants au président Alassane Ouattara ont des interprétations diamétralement opposées du déjeuner qu’Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont eu ce vendredi 4 septembre 2020, à l’Elysée. Dans le camp du pouvoir, le président sortant en tête, on jubile. Implicitement, on essaie de distiller le message selon lequel l’audience décrochée par Alassane Ouattara équivaut à un adoubement tacite de sa candidature par Emmanuel Macron. En tout cas, la rencontre est présentée comme un trophée de guerre notamment par la présidence ivoirienne qui s’était empressée de diffuser un communiqué sur l’échange entre les deux chefs d’Etat. Du côté des opposants, au contraire, on se moque d’Alassane Ouattara que l’on présente comme un chasseur rentré bredouille de sa quête parisienne. Le fait que du côté français, on ait très peu voire pas du tout communiqué sur la rencontre voudrait dire, aux yeux des opposants, que les autorités françaises n’en sont pas si fières. On ironise même sur le fait que le numéro un ivoirien n’ait pas été reçu, comme cela était prévu, le jeudi 3 septembre. On pense donc qu’il a en quelque sorte fait le pied-de-grue et mis la pression pour se faire recevoir par son homologue français.

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Indépendamment de ces perceptions partisanes, le silence d’Emmanuel Macron intrigue. Bien sûr, 60 ans après les indépendances des Etats africains, il est peu honorable de constater que les peuples africains attendent toujours de savoir ce que l’ancien colon pense des choix opérés par les élites dirigeantes du continent. Et conséquemment, on comprendrait que la France se réfugie derrière le principe de la « non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain », pour s’abstenir de prendre position. Ou de rendre publique celle-ci. Mais l’argument ne tiendrait sans doute plus la route. Pour au moins deux raisons. D’abord, quand, en mars dernier, Alassane Ouattara se choisissant Amadou Gon Coulibaly comme dauphin, a annoncé son intention de se retirer, Emmanuel Macron s’était empressé de qualifier la décision « d’historique ». Ensuite, en Guinée où, là aussi, Alpha Condé est déjà candidat pour le troisième mandat, le Quai d’Orsay s’est déjà fendu d’un communiqué certes laconique, mais dans lequel il fait part de sa « préoccupation » au sujet notamment du caractère non inclusif du fichier électoral. Le principe de la non-ingérence, on peut donc l’oublier.

Aussi, le seul facteur qui pourrait influencer la position d’Emmanuel Macron, c’est sa sympathie avérée pour le président ivoirien. Au-delà de tous les autres intérêts français en Côte d’Ivoire, première puissance économique francophone de la région, c’est en effet sur Alassane Ouattara que compte le président français pour faire passer la réforme du FCFA. Une réforme qui du reste n’est pas du goût de toute la région mais que le dirigeant ivoirien a déjà avalisée au titre de l’espace UEMOA. Mais Emmanuel Macron devra manœuvrer avec une extrême prudence. Car s’il ferme les yeux sur le projet d’Alassane Ouattara, son discours contre celui d’Alpha Condé restera aussi inaudible qu’inacceptable. Or, si les projets ivoirien et guinéen réussissent, rien n’empêchera Macky Sall de tenter l’aventure. Et c’est donc à Emmanuel Macron de choisir si oui ou non, il prend le risque de cautionner un tel recul pour l’ensemble de toute région.

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Boubacar Sanso BARRY

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