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COTE D’IVOIRE : le choc des égos plane sur la présidentielle

En Côte d’Ivoire, à mesure que l’on se rapproche de la présidentielle du 31 octobre 2020, le mur des incompréhensions s’épaissit et la tension gagne en intensité. Le troisième mandat d’Alassane Ouattara cristallise tout particulièrement les débats. Aux cris de protestation de l’opposition et de la société civile ivoirienne, le président sortant et son camp répondent par l’arrogance et le déni. Ayant la force et les ressources de leur côté, ils pensent pouvoir imposer aux Ivoiriens l’inique troisième bail. Mais en face, les opposants et tous ceux qui dénient à Alassane Ouattara le droit de briguer un autre mandat à la tête du pays n’ont pas dit leur dernier mot. C’est ainsi que ce dimanche 20 septembre, les plateformes de l’opposition et de la société civile ont officiellement lancé un mot d’ordre de désobéissance civile. Un mot d’ordre qui intervient à un moment où toute manifestation reste interdite en Côte d’Ivoire. Un climat délétère qui en dit long sur le contexte d’incertitude dans lequel l’on s’achemine vers la présidentielle.

Si à la différence de Guillaume Soro et de Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié a lui obtenu le droit de prendre part au scrutin du 31 octobre, lui non plus ne cautionne toujours pas le troisième mandat d’Alassane Ouattara. C’est pourquoi en sa qualité de doyen des opposants ivoiriens, c’est à lui qu’il est revenu de donner le coup d’envoi de la désobéissance civile, cette ultime trouvaille que la société civile et l’opposition politique entendent utiliser pour contraindre Alassane Ouattara à reconsidérer sa décision de briguer un nouveau mandat. En face, le président ivoirien et ses partisans ne risquent pas de se laisser impressionner. Au contraire, ils semblent prédisposer à faire face à toutes les contestations qui se mettraient en travers de leurs ambitions. Quitte à mettre en péril la stabilité précaire du pays et l’unité tout aussi relative de la nation ivoirienne.

Justement, c’est cet entêtement perceptible de la part de tous les protagonistes qui est inquiétant. Cette envie pressante d’en découdre que l’on peut noter de part et d’autre n’a rien de rassurant dans ce pays. D’autant que certaines plaies résultant de la crise de 2010-2011 ne sont pas encore cicatrisées. La réconciliation que le pouvoir ivoirien s’était engagé à mettre en place n’ayant jamais véritablement vu le jour. Dans le camp de l’opposition en particulier, les frustrations sont telles qu’une simple brindille pourrait très vite remettre le feu aux poudres. Les rancœurs des opposants et de leurs partisans étant tout particulièrement décuplées par la décision récente du pouvoir ivoirien d’exclure de la compétition électorale deux des poids lourds de l’espace politique local, à savoir Laurent Gbagbo, l’ancien président, et Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale. Il s’y ajoute que selon de nombreux observateurs, tous les Ivoiriens n’auront pas perçu les effets de la prospérité économique qu’Alassane Ouattara revendique pourtant comme bilan. A tel point que le débat politique demeure aujourd’hui parasité par des commentaires aux relents communautaristes.

Comme on peut le voir, à la veille de la présidentielle qui s’annonce en Côte d’Ivoire, la sérénité que renvoie le pays n’est qu’apparente. En réalité, le pays ressemble aujourd’hui à un navire qui vogue en direction d’horizons incertains. Car aux problèmes qui demeuraient enfouis viennent désormais se greffer la crispation générée par les ambitions des uns et des autres autour du scrutin en perspective. Et puisque dans l’affrontement qui se dessine, aucun camp ne veut prendre compte les menaces qui pèsent sur le pays et la nation, il ne reste plus qu’à espérer que la Clémence du ciel puisse sauver la Côte d’Ivoire de la boulimie du pouvoir de certains de ses fils.

Boubacar Sanso BARRY   

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