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KANKAN : quand la politique devient un refuge pour les diplômés sans emploi

En cette période de campagne électorale, tous les ronds-points et coins de grands regroupements de la commune urbaine de Kankan sont arborés aux couleurs des partis politiques engagés dans la présidentielle du 18 octobre prochain. De loin, c’est le RPG/Arc-en-ciel, le parti au pouvoir, qui est le plus visible dans cette région qui est son bastion historique. Bien avant l’ouverture officielle de la campagne, la ville de Kankan – comme un peu partout en Guinée – vibre au rythme de la bataille électorale depuis plusieurs semaines. Au niveau des différents kiosques à l’effigie des candidats devenus occasionnellement des lieux de repos, des jeunes – pour la plupart diplômés sans emploi – discutent à longueur de journée autour de sujets les passionnant : politique, sport, etc. Loin d’être leur choix, cela s’explique pour beaucoup par le taux élevé du chômage dans la ville et le manque d’initiative en faveur de la jeunesse guinéenne en général.

Du stade du camp Soundiata Keita au quartier Briqueterie en passant par le rond-point Kefinah ou encore Sansagbédé jusqu’au niveau des quartiers périphériques, comme Senkefara, Kankancoura ou Missira, les groupes de jeunes installés sous les tentes à l’effigie des mouvements de soutien au président Alpha Condé ou à d’autres candidats en course pour le Palais Sekhoutoureyah comme Cellou Dalein Diallo ne passent pas inaperçus. Pourtant, aux dires de quelques jeunes approchés par Ledjely.com à travers son correspondant dans la région, passer la journée à ces endroits est une question de conviction. « C’est un choix et nous souhaitons accompagner notre champion jusqu’à la victoire finale », assure Hamidou Keita, militant du parti au pouvoir, le RPG/Arc-en-ciel.

Pour beaucoup d’observateurs, la seule raison qui explique cette situation reste le manque d’emploi et d’initiatives des jeunes. « Le système n’offre pas d’opportunités d’emploi aux jeunes. Tout le monde est devenu mendiant et à cause de vingt mille francs et quelques litres de carburant qu’on leur donne chaque jour, de nombreux jeunes sont obligés de sortir sous la pluie ou le soleil pour battre campagne pour des politiciens », fustige Mohamed Doumbouya.

Un avis partagé par Lanciné Condé qui estime que ces jeunes sont manipulés et manquent d’ambitions. « Ils ne veulent pas se battre au prix de leur sueur, ils veulent profiter du contexte électoral pour avoir des petits sous temporaires. Pourtant, chacun doit se battre au prix de sa sueur », fait-il remarquer avant d’ajouter : « Il faut qu’on mette l’intérêt du pays au dessus de nos intérêts égoïstes ».

Quant à Ibrahima Kalil Chérif, responsable du bureau des jeunes de la section Banankoroda du parti présidentiel, il assure que cette mobilisation des jeunes est le résultat du travail abattu par le président Alpha Condé ces dix dernières années. « La motivation est simple : les jeunes ont compris que seul le Pr. Alpha Condé a su tirer le pays de l’ornière. Aujourd’hui, tous les indicateurs sont au vert et c’est pourquoi ils sont de nouveau derrière lui pour un autre mandat », justifie-t-il. Et d’estimer : « Les jeunes ne peuvent pas soutenir quelqu’un qui ne leur offre pas de l’emploi. C’est un faux débat ! Ici, les jeunes soutiennent les actions du président Alpha Condé à cause des actes qu’il a posés. »

Selon un sociologue interrogé par Ledjely.com, les jeunes devraient plutôt chercher à renforcer leurs compétences à travers la formation et à continuer chercher un vrai travail que de continuer à être exploités par des politiciens qui ne se rappellent d’eux que lors des échéances électorales. « Beaucoup de jeunes qui se retrouvent au niveau de ces endroits ont un niveau qui laisse à désirer. Ils devraient plutôt se former davantage pour se lancer dans le marché de l’emploi. Si aujourd’hui ils refusent de le faire, c’est parce qu’ils ne peuvent pas compétir lorsque tout le monde est traité au même pied d’égalité. C’est pourquoi ils tombent très bas en se lançant dans des mouvements de soutien », croit Richard Touré.

Michel Yaradouno pour Ledjely.com

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