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EXAMENS NATIONAUX 2020 : « Le système n’est pas bon, sinon il devrait y avoir de la constance dans les résultats »

Quelques jours après la proclamation des résultats du baccalauréat unique, Dr Alpha Amadou Bano Barry, le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (MENA) est revenu sur le bilan des examens nationaux session 2020 marquée par des tentatives de fraudes massives. Au total, ce sont 860 téléphones qui ont été saisis lors des évaluations. Conséquence : 80 surveillants renvoyés et deux directeurs d’écoles, à Dubreka et à Conakry, arrêtés. Les téléphones saisis sont examinés à la Direction centrale de la police judiciaire en vue de démanteler les cerveaux des fraudeurs.

Malgré tout cela, les résultats sont jugés plutôt catastrophiques. Ce que le sociologue met à l’actif du faible niveau des élèves en français notamment, et d’autres raisons qu’ils comptent élucider au terme des travaux d’une commission nationale d’évaluation mise à cet effet. C’est du moins ce qu’a annoncé le ministre Bano Barry ce mardi 29 septembre lors dans l’émission Les Grandes Gueules de radio Espace.

Dans son intervention, Dr Alpha Amadou Bano Barry a expliqué que les sujets ont été choisis dans la partie des programmes enseignés. « Dans un premier temps les enseignants qui sont en situation de classe proposent des sujets – des barèmes de notation – des corrigés types et les envoient au niveau des inspecteurs disciplinaires ou des inspecteurs de l’élémentaire. C’est l’inspection générale qui a le mandat, du point de vue des textes, de reformuler les sujets ; et la raison pour laquelle les enseignants en situation de classes proposent des sujets, c’est parti de l’hypothèse que, étant donné qu’ils sont en situation de classe et qu’ils ont enseigné, ils connaissent (mieux) les parties du programme qui ont été enseignés », a-t-il expliqué.

Toutefois, le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation n’exclut pas la non sincérité du système de monitoring journalier des établissements relatif à l’état d’avancement des cours, la présence des enseignants et celle des élèves. « Ce système de monitoring permet en fait, d’une certaine manière, de s’assurer que ce qui a été programmé pour les évaluations fait partie de ce qui a été dispensé. Maintenant, il est tout à fait possible, puisqu’on ne peut pas faire un sujet pour chaque région de la Guinée ou chaque préfecture, que des défaillances puissent provenir du fait que dans certaines zones, on peut dire qu’on a enseigné (quelque chose) alors qu’on (n’en a pas fait) », a-t-il souligné.

Plus loin, il a affirmé que le niveau d’échec est moins dû au sujet qu’au niveau des élèves dans un certain nombre de matières coefficiés dans le calcul de la moyenne du candidat. « Pour l’essentiel, les élèves guinéens ont des problèmes en langue française. Que ce soit rédaction, dictée et questions, le niveau est extrêmement faible. Au niveau du BEPC, la source de l’échec vient généralement de 3 disciplines : naturellement le français, mais aussi les mathématiques et physiques. Et au niveau du baccalauréat, vous avez sensiblement les mêmes facteurs, à la fois parce que ce sont des matières à coefficients, mais c’est aussi des matières pour lesquelles les cadres du système éducatif, les enseignants, ont des difficultés à asseoir les connaissances, les compétences dans ces domaines », a assuré Dr Bano.

Par ailleurs, le ministre s’est insurgé contre les tentatives de fraudes massives démantelées à travers la saisine de centaines de téléphones par lesquels des sujets et leurs traités étaient communiqués via des groupes WhatsApp ou Messenger. « Des directeurs d’écoles, des responsables d’écoles sont nombreux pour faciliter la chose. Lorsque les autorités mettent les surveillants, ils vont les rencontrer et leur donner de l’argent, afin qu’ils quittent leurs postes et qu’ils placent eux-mêmes des personnes » qui permettront aux élèves de tricher. Le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation promet de mettre fin à ces pratiques d’ici les prochains examens.

Quant aux résultats des différents examens, il a assuré qu’aucun candidat n’a été ni repêché, ni recalé. « Les enfants ne sont pas plus intelligents d’une génération à une autre, nous avons les mêmes enseignants, les mêmes contenus, nous faisons des examens et nous avons des résultats en dents de scie. Cela suppose qu’en réalité le système n’est pas bon, sinon il devrait y avoir de la constance dans les résultats. Pour en avoir la certitude, j’ai décidé cette année qu’on va auditer tous les examens. Au moment où je vous parle, une commission a déjà été mise en place : la cellule nationale d’évaluation. On va regarder les copies par rapport aux contenus, aux profils des enseignants, aux types d’écoles, aux profils des parents et à l’ensemble des paramètres pour pouvoir comprendre pourquoi certains réussissent et d’autres non », a-t-il annoncé.

Hawa Bah

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