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MASSACRES DU 28 SEPTEMBRE : onze ans après, les victimes continuent de réclamer justice

C’est par une minute de silence que l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA) a démarré ce lundi après-midi, la commémoration du 11ème anniversaire des évènements malheureux survenus au stade de Conakry, le 28 septembre 2009. L’occasion a été mise à profit pour faire le point sur l’évolution du dossier.

En attendant, les victimes demandent la mise en place d’un « Fonds d’indemnisation des victimes ». La cérémonie s’est déroulée dans un hôtel de la place en présence de victimes et des proches qui scandaient : « On veut la justice, on veut la justice ! ».

A l’entame de ses propos, Asmaou Diallo, la présidente de l’AVIPA, est revenue sur la genèse de cet événement malheureux. « Il vous souviendra que les évènements douloureux du 28 septembre traduit une histoire sombre de l’histoire de notre pays, où des pauvres innocents en quête de liberté et de démocratie ont été injustement assassinés et brimés dans leur chair. Ce drame enregistré avait atteint des proportions qualifiées de crime contre l’humanité », a-t-elle rappelé.

Poursuivant, elle a adressé ses remerciements à tous ceux de près ou de loin ont assisté ou continuent d’assister l’association, notamment le Bureau de la sous-secrétaire chargée des violences faites aux femmes dans les conflits armés qui a constitué un avocat à cet effet, dont les travaux ont été un des éléments déclencheurs pour la programmation du procès et la mise en place d’un comité de pilotage. « Le fonds mondial pour les survivantes créé en octobre 2019 à l’initiative de Dr Condé et de Nadia Morade accorde aujourd’hui un soutien financier, médical et psychologique à plus de 150 femmes victimes de viols le 28 septembre 2009, la Fondation OSIWA, la FIDH et l’OGDH ont été à nos côtés depuis le lendemain de ces événements, la coalition internationale de prise de conscience qui nous rappelle que notre devoir est aussi d’enseigner à nos enfants, les citoyens de demain, la vrai version de ce massacre », a ajouté Asmaou Diallo.

Plus loin, elle a réitéré l’inquiétude des victimes quant à la tenue d’un procès. « Depuis la pause de la première pierre pour l’extension des locaux devant abriter le procès, le dossier n’a connu aucune avancée significative. Le nouveau ministre de la Justice et Garde des sceaux, à sa prise de fonction, a pris soin de publier la liste des magistrats choisis pour conduire le procès. Contrairement à son prédécesseur qui avait annoncé la date de juin 2020 pour l’ouverture du procès, il a formellement déclaré que l’organisation du procès incombe aux magistrats et que l’Etat est prêt à tout mettre en œuvre pour leurs donner les moyens dont ils ont besoin », a-t-elle souligné.

Ce qui, selon elle, s’ajoute à la situation sociopolitique du pays peu rassurante. « L’attaque perpétré contre nos locaux pendant le double scrutin référendaire et législatif du 22 mars 2020 est la parfaite illustration de ces risques sécuritaires. Nous nous inquiétons aussi pour le cas Dadis : jusqu’à preuve de contraire, la comparution du capitaine Dadis Camara constitue une condition nécessaire et suffisante pour un procès libre et juste », a martelé le présidente de l’AVIPA.

A noter que l’AVIPA et 5 de ses partenaires ont un peu plutôt rendu public un communiqué dans lequel ils ont demandé à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d’appeller fermement les autorités guinéennes à « organiser le procès au plus vite afin de donner une chance aux victimes encore en vie d’y participer ». Ils ont également dénoncé la détention provisoire « illégale » de 4 personnes inculpées depuis 5 à 10 ans, alors qu’une dizaine de personnes renvoyées au procès soient libres et/ou occupent de hautes responsabilités, même au sein des forces de sécurité.

Hawa Bah

 

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