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GASSAMA DIABY CONTRE LE 3E MANDAT : « Nous allons demander aux Guinéens d’occuper tous les lieux publics »

Khalifa Gassama Diaby, ancien ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, annonce son engagement contre le troisième mandat controversé du président Alpha Condé. Alors que l’élection présidentielle doit se tenir dans deux semaines, il estime que le moment et les conditions ne sont pas favorables pour l’organisation d’un scrutin crédible et préconise l’instauration d’une transition pour faire une analyse de la situation actuelle du pays. Pour mener son combat en faveur de cette idée, l’ancien ministre a annoncé ce matin dans Les Grandes Gueules le lancement prochain du « Mouvement pour la dignité et le respect du peuple de Guinée » dont il est leader. Gassama Diaby appelle les uns et les autres à se constituer en « section citoyenne » pour mettre fin cette fois-ci à la « colonisation locale ».

D’après lui, il s’agit d’un « mouvement citoyen, absolument neutre, pas neutre moralement, mais de façon structurelle, impartiale, qui appelle à tous les patriotes Guinéens, de quelques bords qu’ils soient, qui acceptent de placer la Guinée au dessus de leur intérêt du moment ».

Sur les raisons de la création de ce mouvement, il explique : « Je suis déterminé à m’engager avec un mouvement qui va réclamer qu’on respecte ce peuple, et cela va commencer dès aujourd’hui. Nous nous opposons à ce processus électoral. Nous disons qu’on se fout des Guinéens en nous faisant croire qu’avec tous les dégâts structurels, moraux, éthiques et conjoncturels qu’on a dans ce pays, qu’il suffit d’organiser une élection aujourd’hui et que le lendemain (on se retrouve dans) une autre Guinée. C’est impossible, c’est une malhonnêteté intellectuelle et morale vis-à-vis des Guinéens. Il y a un tel dégât dans ce pays qu’il nous faut une pause pour faire l’inventaire de ce que nous avons fait de ce pays, et le définir tel que nous le voulons et comment faire en sorte que ce pays devienne de lumination et que chaque pays puisse prétendre, au même titre que tout les autres à flatter ce pays dans la liberté et le respect de nos normes juridiques et morales ».

Quant au combat du FNDC, Kalifa Gassama Diaby estime : « Il n’y a pas d’antagonisme avec les mouvements citoyens qui existent déjà. Notre revendication est bien plus large, nous pensons que les questions dans ce pays ne sont plus liées exclusivement aux questions du respect de la constitution : la constitution de 2010 dont on parle a été violée à plusieurs reprises, des Guinéens sont morts alors que la constitution leur donnait le droit à la vie… Chaque Guinéen, dans les quartiers, les sous-préfectures, les villages, à l’intérieur comme à l’extérieur, nous avons des points précis de revendications qui ne se limite pas à la question de la constitution de 2010 que je respecte. Je respecte le FNDC et les citoyens qui se battent pour ces questions, mais il faut élargir les choses. Il faut une pause dans ce pays, il faut une transition, il faut que le chef de l’Etat renonce à être président. Le président de la République ne peut pas prendre la responsabilité d’engager l’avenir de ce pays en direction du chaos. Moi, personnellement, je ne peux pas l’admettre. S’il faut que j’y laisse ma vie je le ferai ; que ça réussisse ou pas ».

S’agissant des actions à venir, l’activiste annonce : « Nous allons faire dans les prochains jours très vite un communiqué de revendications, et je demande à tous les Guinéens de s’en approprier. Il sera suivi au gouvernement et aux acteurs politiques. Il y aura deux façons de faire : soit les différents acteurs de ce pays se retrouvent et se mettent d’accord pour relancer une phase transitoire pour régler un certain nombre de problèmes et faire comprendre aux Guinéens que la politique ne sert à rien dans ce pays si elle ne consiste qu’à être un lieu d’affrontements, de cynisme et d’égoïsme ; sinon comme cela s’est fait depuis la nuit des temps, le peuple décidera de prendre son destin en main (…) Sous ma responsabilité personnelle, nous allons demander aux Guinéens d’accepter d’occuper tous les lieux publics (pour remettre en cause la fondement actuel de la gouvernance). Je demande aux Guinéens de s’approprier (des points de revendications) et d’attendre les consignes. Nous allons aller étape par étape, nous ferons ce qu’il faut pour ce pays. Nous invitons les différents acteurs politiques et de la vie à prendre la responsabilité d’apaiser ce pays et à déclencher une phase de dialogue sincère, une phase transitoire qui permettra à ce pays de poser les vraies questions pour que les injustices, frustrations, mal attendus soient levés et qu’on soit une véritable organisation territoriale de ce pays, qui permet d’ailleurs de retirer une bonne partie du pouvoir centralisé qui est à Conakry et de redonner du pouvoir à des collectivités territoriales, locales et de faire en sorte que le pouvoir soit plus proche des citoyens (…)Moi, je veux la paix, mais pas la paix qui profite au système, la paix qui fasse en sorte que le pouvoir continue à étrangler ce peuple, une véritable paix dans laquelle chacun y trouve son intérêt et celle fondée sur le respect de la justice, les principes républicains et démocratiques ».

Hawa Bah

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