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BEPC/ZERO ADMIS A KOUBIA : un enseignant de la localité pointe du doigt

L’échec historique au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) dans la préfecture de Koubia, qui relève de la région administrative de Labé, a levé un coin du voile sur la faiblesse du système éducatif dans cette localité de la Moyenne-Guinée. Quelques semaines après la publication des résultats, c’est un enseignant de Koubia qui sort du silence pour situer, selon lui, les responsabilités dans ce cuisant échec. A l’en croire, les résultats enregistrés au BEPC dans la préfecture étaient prévisibles eu égard de la démission observée le long de la chaîne scolaire. Il pointe surtout du doigt la direction préfectorale de l’Education (DPE) en complicité avec certains directeurs d’établissements scolaires.

Joint au téléphone par le site d’informations scolaires School224, cet enseignant qui s’est exprimé sous couvert de l’anonymat a indiqué que l’éducation est « pourrie » à Koubia. « Non seulement l’autorité ne s’y implique pas mais aussi il y a des enseignants qui n’ont pas de niveau. Ceux qui ont le niveau non plus n’ont la volonté de se donner à fond. Cet échec était prévisible. L’éducation à Koubia est sur le sable mouvant ; la base n’existe pas. Vous pouvez voir un élève de l’élémentaire, de la 1ère en 6ème année, sauf à l’examen (d’entrée en 7e année) qu’il peut voir la dictée ou le problème (mathématiques). Certes il y en a qui arrivent à s’en sortir, mais s’ils continuent comme ça jusqu’au BEPC, ils auront beaucoup de difficultés », a-t-il fait remarquer.

Plus loin, ils pointent du doigt la complicité des autorités locales qui dissimileraient les difficultés qui existent dans les écoles de la préfecture, au lieu de chercher à trouver leurs solutions. « Les inspecteurs qui viennent sur le terrain ne connaissent pas les réalités de Koubia. Quand ils viennent, ils vont rentrer d’abord voir ceux qui sont à la DPE. C’est eux qui vont leur donner des directives concernant le choix des écoles à visiter. Parfois, ils choisissent les meilleurs établissements qui peuvent sauver l’image de Koubia parce qu’ils savent qu’il y a des écoles dont même le directeur n’est pas à la hauteur », a-t-il fustigé, assurant que certains directeurs d’écoles falsifient les notes d’évaluation des élèves pour donner une bonne impression de ces derniers aux yeux des cadres de la DPE.

Ce que nie en bloc l’un des directeurs d’école concernés par ces allégations joint au téléphone par Ledjely.com. « Je ne pense que quelqu’un puisse gonfler les notes. Si c’est le cas, ce serait au niveau des DSE qui sont sur le terrain, les chefs d’établissement également. Quelqu’un qui s’adonne à cela, indépendamment de ce contrôle, il manque d’honnêteté intellectuelle, de probité intellectuelle. On ne peut pas fabriquer des notes », a retorqué Fara Kamano, le DPE de Koubia.

Parlant de ses collègues, il raconte. « Une fois, je quittais la DPE en compagnie d’un collègue, je lui ai dit que je n’ai pas encore terminé ma préparation de la semaine. Il m’a répondu : ‘mais jusqu’à présent, toi, tu prépares les leçons ? Ce sont des choses qui sont archaïques, nous on a même oublié si ça existe. Il a ajouté que la plupart d’entre eux, natifs de la localité, viennent faire du thé dans la cour de l’école pendant les heures de cours ; seuls quelques uns sont retenus par leur conscience ».

Par ailleurs, il a souligné que les conditions de travail sont particulièrement difficiles à Koubia avant d’appeler l’Etat à plus de responsabilité. « Il n’y a pas de route, pas d’électricité, pas d’eau, pas de logements. Ce qui fait que les conditions de vie sont misérables ici ». Il a également appelé les élèves et leurs à ne pas se décourager, mais plutôt à se battre pour que le droit à une éducation de qualité soit respecté.

Des difficultés qui n’ont pas été niées par Fara Kamano, le DPE de Koubia. Toutefois, celui-ci a estimé que l’heure n’est pas à l’accusation, mais plutôt à la recherche de solutions. « Il y a des contrées qui sont très éloignées de Koubia Centre où les enseignants ont d’énormes difficultés. Il y a effectivement un manque d’enseignants en Mathématiques, Physique et Chimie. Le département envoie des enseignants, mais il y a quelques-uns qui ne restent pas (…) Nous avons remonté la liste des enseignants manquants », a t-il ajouté.

Il a indiqué qu’il y a un besoin de 304 enseignants dans la préfecture de Koubia dont 102 femmes à l’élémentaire, 76 professeurs au secondaire surtout en Mathématiques, Physiques et Chimie.

Selon le préfet de Koubia, Mamadou Saïdou Bangaya Diallo, sur les 191 candidats au BEPC de la session, originaire de la préfecture, 100 ont obtenu 2 en Mathématiques, Physique et Chimie. Au baccalauréat, il y a eu 5 admis (dont 2 en Sciences sociales et 3 en Sciences mathématiques) sur 90 candidats, contre 521 admis sur 1072 candidats à l’examen d’entrée en 7ème.

Hawa Bah

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