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KANKAN : après les violences, certaines victimes quittent la ville

Bien avant même le début des violences qui ont touché les citoyens supposés appartenir à l’opposition dimanche et lundi derniers à Kankan, certains habitants originaires de la Moyenne-Guinée, craignant le scénario de la présidentielle de 2010, réfléchissaient déjà à quitter la ville. Et bien depuis ce mercredi, beaucoup d’entre eux qui résidaient au quartier Missiran, également appelé Mobile, quittent Nabaya pour rejoindre le Fouta-Djallon, rapporte le correspondant régional du Djely basé dans la ville.

Après près de 48 heures de violences inouïes contre les supposés militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) à Kankan, qui ont entraîné des actes de pillages, de vandalisme, faisant une trentaine de blessés, plusieurs citoyens craignant de nouvelles attaques ont quitté la ville ce mercredi  15 octobre pour rejoindre leurs localités d’origine en Moyenne-Guinée comme Mamou, Labé ou encore Dalaba.

Interrogés par Ledjely.com, certains ont estimé qu’ils se sentiront mieux dans ces localités qu’à Kankan où les discours de haine ont monté ces dernières semaines contre les partisans de l’opposition. « On a tout perdu, l’épargne de plusieurs années d’efforts est parti lors de ces violences. Notre vie est complètement à refaire. Est-ce que nous pourrions le faire ici ? Ce n’est pas sûr », a estimé une victime.

Encore sous le choc, Elhadj Alpha Saliou, dépassé par les évènements, peine à expliquer ce qu’il s’est passé. « J’envoie ma famille pour la mettre à l’abri des nouvelles violences. D’ailleurs, il ne me reste plus rien. Pourquoi dois-je garder mes proches ici ? A Mamou, ils seront plus en sécurité », espère le père de famille âgé de la soixantaine s’apprêtant à mettre ses proches à l’abri à Mamou.

Non loin de là, Mohamed Condé, au bord des larmes, observe impuissant ces départs inopinés. Difficile pour ce jeune sociologue de comprendre comment ces citoyens qui ont passé des décennies pour certains dans la ville soient contraints de partir pour des raisons politiques. « C’est triste et dommage de voir tout cela dans notre ville. Je ne peux pas comprendre que l’on arrive jusque-là. Imaginez ce qui peut bien arriver dans d’autres localités du pays », dit-il en craignant des représailles ailleurs.

Après deux jours de violences, un calme précaire règne dans la ville depuis mardi. Cependant, de nombreux boutiques et magasins dans les trois marchés de Kankan restent pour le moment fermés par leurs propriétaires.

Michel Yaradouno, Kankan pour Ledjely.com

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