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L’Afrique de l’ouest en feu, la CEDEAO atone

Ainsi donc, la CEDEAO n’a rien retenu des conséquences de ses errements au Mali. C’est en tout l’impression que donne le silence qu’elle adopte aujourd’hui alors que la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Nigeria sont au bord de l’implosion. Dans chacun de ces trois pays, les citoyens endurent la violence d’Etat et ploient sur le poids de la répression policière, mais l’instance sous-régionale adopte l’attitude passive du spectateur indifférent. Entre 9 et 16 mors en Guinée, 12 au Nigéria et 7 autres malheureuses victimes à Dabou, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ! Mais la CEDEAO n’est nullement émue. Même pas un communiqué par faire part de sa préoccupation. Un mépris qui vient une nouvelle fois conforter l’idée selon laquelle cette organisation, jadis vantée comme un exemple sur le continent, n’est en réalité qu’un syndicat au service exclusif des dirigeants des pays de la sous-région. Certes, quand ce sont des petits Etats comme la Gambie et la Guinée Bissau, elle bande les muscles et se tape la poitrine. Mais dès qu’il s’agit des pays d’une certaine envergure, elle préfère jouer à l’autruche.

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », cette célèbre phrase prononcée en 2002 par feu le président français, Jacques Chirac décrirait parfaitement bien l’attitude qui est celle de la CEDEAO par rapport aux crises auxquelles la sous-région est confrontée. Car c’est exactement ce dont il est question. En effet, au sens littéral du terme, avec les événements qui prévalent en ce moment en Guinée, au Nigéria et en Côte d’Ivoire, on peut dire que l’Afrique de l’ouest est en feu. Mais que fait la CEDEO ? A défaut de regarder ailleurs, elle se tourne les pouces. Et c’est d’autant plus incompréhensible que dans le cas du Nigéria par exemple, le ‘’mardi sanglant’’, tel que le surnomme déjà certains confrères en référence à la répression inouïe à laquelle se sont livrées les forces de l’ordre, les condamnations arrivent des quatre coins du monde. Les Nations unies, l’Union européenne et la Grande Bretagne ont ainsi fait part de leurs regrets. Le candidat démocrate à l’élection américaine du 3 novembre et les chanteuses Beyoncé et Rihanna ont également marqué leur soutien à l’endroit des victimes. Mais du côté de la CEDEAO, rien pour le moment.

Silence également de l’instance sous-régionale au sujet de la crise pré-électorale en Côte d’Ivoire et de celle post-électorale en Guinée. Deux crises qui dégénèrent aujourd’hui en des violences avec des pertes en vies humaines dans les deux pays. Deux crises ayant également en commun le rapport indirect qu’elles ont chacune avec le troisième mandat que veulent respectivement s’offrir Alassane Ouattara et Alpha Condé. Plus tôt au cours de l’année, quand le débat s’est posé en Guinée et en Côte d’Ivoire, la CEDEAO s’est bouchée les oreilles. Au point que c’est avec sa bénédiction que les deux présidents sont partis pour renouveler leurs baux respectifs à la tête de leurs pays. Le rempart au pouvoir à vie que voulait incarner le Nigérien Mahamadou Issoufou n’aura pas tenu longtemps. Des adeptes, il n’en a pas beaucoup malheureusement !

Mais pour revenir à la CEDEAO, il n’y a pas que le silence et la banalisation des malheurs des populations qui sont blâmables. Le plus détestable de la part de cette institution, c’est le fait que dans certains cas, elle s’autorise à distiller des conceptions à mille lieues des aspirations des citoyens de la sous-région. Ainsi, en Guinée, en réaction au choix de Cellou Dalein Diallo de se déclarer vainqueur du scrutin du 18 octobre, Francis Béhanzin, commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO n’a pas hésité à déclarer récemment : « C’est Dieu qui donne le pouvoir ». Des propos précédés par ceux de la ministre des Affaires étrangères du Ghana qui, conduisant récemment une mission conjointe CEDEAO-UA-ONU en Guinée, avait pour sa part laissé entendre que « la question du troisième mandat est derrière nous ».

Ainsi donc se comporte une institution dont on attend qu’elle soit au premier rang des promoteurs de la démocratie et de l’Etat de droit dans la sous-région. Une institution auprès de laquelle les citoyens, aux prises avec des dirigeants n’étant préoccupés que par le pouvoir et les privilèges auxquels il permet d’accéder, voudraient trouver refuge et consolation. Une institution dont la vocation aurait dû être de défendre les faibles, soumis au diktat des forts, mais une institution qui est devenue un outil d’asservissement des peuples de l’ouest-africain. Hélas !

Boubacar Sanso BARRY

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