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CENTRAFRIQUE : des élections sous menace

Dans les conditions normales, les Centrafricains devraient aller aux urnes le dimanche 27 décembre 2020 pour élire le nouveau président et les 140 députés de l’Assemblée nationale. Mais à moins d’une semaine de cette échéance, on n’est pas certain que le double scrutin puisse se tenir. Son organisation se heurtant à de gros obstacles d’ordre politique et sécuritaire. Prétextant des fraudes que préparerait le président sortant Faustin Archange Touadera, trois groupes armés parmi les plus importants qui contrôlent les 2/3 du territoire font en effet peser sur les élections des menaces plutôt sérieuses. Sur fond d’invalidation de la candidature de l’ancien président François Bozizé, l’opposition politique quant à elle, réclame en vain le report du double scrutin en vue d’une part, de garantir sa transparence et de l’autre, de réunir des conditions sécuritaires minimales. Une revendication que le pouvoir centrafricain, pariant plus sur l’allié militaire russe que sur son bilan, refuse d’entendre pour l’heure.   

Propos guerriers

Nous sommes au début de l’ultime semaine avant les élections présidentielle et législatives du 27 décembre prochain en République centrafricaine. Mais sur place, on parle moins de campagne électorale et de projets de société. Et c’est à peine même si les médias s’attardent sur les challengers du président sortant. A Bangui et dans le reste du pays, les propos qui prévalent se rapportent plus au lexique de la guerre. Il y est question tentative de coup d’Etat, de miliciens menaçant de fondre sur la capitale, d’affrontements entre éléments de groupes armés et forces régulières ou encore de renforts militaires en provenance de la Russie. En somme, de l’espoir né de la signature de l’accord de février 2019 au Soudan, il ne reste plus grand-chose. De nouveau, les camps en conflit se regardent en chiens de faïence. Un climat qui n’est guère rassurant dans l’optique du double scrutin programmé en fin de semaine.

Pourtant, du côté du président Faustin-Archange Touadera, le report que réclame l’opposition n’est guère à l’ordre du jour. Le président sortant dont l’actuel mandat prend fin le 30 mars prochain ne veut pas donner à ses opposants le prétexte de réclamer une transition. Ainsi, même si des retards importants ont été constatés dans le processus de préparation des élections, que la gestion de certaines étapes est loin d’être consensuelle et que les menaces sécuritaires ne relèvent guère de la fiction, le pouvoir centrafricain tient à la tenue des élections. Pour en particulier faire face ces menaces sécuritaires, il mise sur la Minusca forte de plus de 11.000 hommes, mais surtout sur la Russie, entre temps devenu un partenaire sécuritaire de premier plan. Si la mission onusienne voit dans l’organisation des élections un moindre mal par rapport au vide sécuritaire et à la déchéance de l’Etat centrafricain, la Russie quant à elle, pourrait être motivée par le désir de soutenir un pouvoir qui demeure un allié stratégique sur la lancée du nouvel intérêt croissant que le pays de Poutine manifeste au continent africain.

François Bozizé, une invalidation risquée? 

Cependant, pour les partisans de la tenue des élections, le pari est loin d’être gagné. Ou tout au moins, ces dernières risquent de se limiter à la capitale Bangui et à ses environs immédiats. Car plus des 2/3 des 623.000 km2 que compte le pays demeurent entre les mains des groupes armés. En dépit de la présence de la Minusca et du soutien de la Russie, le président Touadera n’aura pas pu faire évoluer cette situation dont il a pratiquement hérité, en arrivant aux affaires en février 2016. Or, il y a que désormais trois des principaux groupes ont décidé de se mettre ensemble pour menacer plus ou moins ouvertement le double scrutin de dimanche. Il s’agit du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) dont les éléments sévissent au nord du pays, des 3R (Retour, réclamation et Réhabilitation) qui, eux, opèrent plutôt à l’ouest, et des anti-balaka. En raison de la proximité de ce dernier groupe avec l’ancien président François Bozizé, il n’est pas exclu que ce celui-ci veuille s’en servir pour faire payer aux autorités centrafricaines l’invalidation de sa candidature. Même si par ailleurs, en raison des sanctions de l’ONU à son encontre, son exclusion du processus parait plutôt fondée. Quoi qu’il en soit, si le climat délétère qui prévaut aujourd’hui à Bangui et dans d’autres régions du pays, demeure jusqu’à dimanche prochain, on risque d’assister à une journée électorale des plus agitées et dont les lendemains seront incertains.

Ainsi donc, ce pays d’à peine 5 millions d’habitants, revendiquant une souveraineté d’une soixantaine d’années, et dont les populations sont davantage habituées aux affres de la misère et des exactions qu’aux délices du développement et de la prospérité, ne peut qu’attendre avec anxiété les prochaines élections.

Boubacar Sanso BARRY  

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