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DJIBOUTI : l’influence de la Chine dans les ports et au-delà

La Chine cherche désormais à prendre l’ascendant sur ses « concurrents » stationnés à Djibouti, en ayant des participations importantes dans le capital de The Ports of Djibouti S.A et au grand dam de la souveraineté du pays. Dans sa vision du « One Belt, One Road » (Une ceinture et une Route) proposée par le Président Xi Jinping, en vue de relancer et étendre les anciennes routes commerciales de « la soie » (1) sur terre et en mer, la Chine entend maintenir sa présence et son influence dans les ports où passerait cette initiative, et par ailleurs, bras armé de sa politique étrangère depuis 2013

En juin 2000, un partenariat est scellé entre Djibouti et Dubaï World pour l’extension du port de Djibouti, du terminal à conteneurs de Doraleh et du terminal pétrolier ainsi que la construction d’un hôtel de haut standing ; ce contrat devait durer 10 ans. En 2006, DP World (appartenant majoritairement aux Émirats arabes unis et exploitant près de 80 terminaux maritimes et intérieurs dans le monde) par ailleurs filiale de Dubaï World, – obtient la concession du terminal à conteneurs de Doraleh avec un tiers des parts, pour une durée de 30 ans, renouvelables deux fois –. Ce contrat a été attribué à la société Doraleh Container Terminal  (DCT), société commune établie entre le port autonome international de Djibouti et DP World.

Parallèlement, Jebel Ali Free Zone (une zone franche de DP World) concluait la gestion de la zone franche de Jabanas. Le terminal pétrolier était toujours géré par Horizon Terminal, une filiale de Emirates National Oil Co (groupe public dubaïote). Presque tous les ports de Djibouti étaient sous l’escarcelle de Dubaï World au travers de ses filiales.

En 2006, un changement majeur va intervenir dans les ports de Djibouti. Dans un premier temps, les autorités djiboutiennes dénoncent le contrat conclu avec DP Word et accusent l’opérateur portuaire d’avoir corrompu un agent public – en l’occurrence Abdourahman Boreh, président de l’Autorité des ports et zones franches, qui aurait perçu des millions de dollars de commissions occultes – dans le but de bénéficier d’une concession de 50 ans. Le même Abdourahman sera accusé de détournements et de fraudes fiscales par les autorités djiboutiennes. Le mis en cause s’exilera aux Emirats arabes unis ; à plusieurs reprises, les  autorités djiboutiennes demanderont son extradition dans le pays, ce que va toujours refuser les  dubaïotes. A rappeler que 66,66 % des parts de DCT étaient détenues par l’Autorité portuaire  de Djibouti et 33,34 % revenaient à DP World.

Dans un second temps, après un vote du parlement djiboutien le 8 novembre 2017, le  gouvernement résilie avec effet immédiat et de manière unilatérale la concession du terminal à  conteneurs de Doraleh en s’appuyant sur sa loi du 8/11/2017 (portant sur les contrats d’infrastructures stratégiques (2)) de – protection des intérêts supérieurs de la nation –.

Ainsi, Doraleh Container Terminal (DCT) change de nom et devient « Société de gestion du  terminal à conteneur de Doraleh (SGTD) ». Un décret présidentiel nommera dans l’urgence Warsama Hassan Ali comme Directeur général de la SGTD pour une période transitoire de six mois et la gestion du terminal devient 100% djiboutienne. On parle alors de nationalisation. C’est le début de ce que le service presse de la Présidence djiboutienne appellera dans un communiqué du 15 janvier 2020, une « véritable guérilla judiciaire et médiatique » et le  refroidissement des relations diplomatiques entre Abou Dabi et Djibouti.

Fin 2003 déjà, il y avait des effets annonciateurs d’un possible bras de fer entre l’Etat djiboutien et DP World. Car dès 2004, DP World étant en situation d’exclusivité à Djibouti, va imposer son veto contre toute construction d’un nouveau port dans le pays, ce qui limitait les capacités de développement de l’Etat djiboutien. Mieux encore, en mai 2016, DP Word obtient un contrat de concession du terminal de Barbera, situé dans la République de Somaliland – en laissant  Bolloré sur le quai (3) –.

DP Word mène en représailles, tambour battant, une guerre judicaire contre l’Etat djiboutien 

Deux problèmes vont subsister.

Le premier est concurrentiel. Plus de 90% des activités d’import-export de l’Éthiopie passent par Djibouti. Cela constitue une forme de dépendance, très bénéfique à Doraleh Container Terminal (DCT). Cette dépendance pourrait se transformer en opportunité pour le port de Barbera. Car les autorités éthiopiennes cherchent à réduire de près de 30% leur accoutumance au terminal à conteneurs de Djibouti. Cela se confirmera d’ailleurs le 1er mars 2018, quand « DP World et les gouvernements éthiopien et somalilandais ont signé un accord donnant à l’Éthiopie 19% des parts du port. DP World en conserve 51% et le Somaliland 30% » (4). Il n’en fallait pas  beaucoup pour provoquer l’ire du gouvernement djiboutien.

Le second est une conséquence directe du premier. Il tient au fait que le port de Barbera, au regard de sa position, pourrait [à terme] fortement concurrencer Djibouti, dans la mesure où, près de 85% du trafic du port de Djibouti est lié au transit éthiopien. C’est ainsi que les relations entre DP World et Djibouti vont prendre un coup dur, à tel point qu’entre 2014 et 2017, l’opérateur portuaire va bloquer le paiement de ses redevances à l’Etat djiboutien.

En effet, sachant pertinemment que sa démarche, au vu du droit international lui causerait des préjudices financiers conséquents, l’Etat de Djibouti va initier une renégociation du contrat, et même, une indemnisation post-résiliation. La démarche ne va pas aboutir. Et DP World mène en représailles, tambour battant, une guerre judicaire contre l’Etat djiboutien et l’opérateur portuaire China Merchants Port Holdings Co Limited devant les tribunaux internationaux, de Londres en passant par Hong Kong jusqu’aux Etats-Unis. Les Emiraties ne font rien à moitié, même s’il faut leur concéder leur droit d’avoir recours aux intenses internationales, dans une  affaire pour le moins complexe.

Par la suite, DP World remportera en décembre 2019 une première victoire à la Haute Cour de Hong Kong (5) et une seconde en janvier 2020 devant la Cour arbitrale internationale de  Londres (6).

La réaction de l’Etat djiboutien ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué datant du 15  janvier 2020, la Présidence affirme en dernier paragraphe être « disposé à négocier les conditions d’une solution satisfaisante pour l’ensemble des parties, mais ne saurait accepter des « condamnations » arbitraires faisant fi des intérêts du pays et des expertises soi-disant  « indépendantes » qui ne peuvent en aucun cas servir de « base » financière à un accord entre les parties ».

L’opérateur portuaire chinois va participer de manière active à la restructuration du Port  de Djibouti

Pendant ce mélimélo, la Chine, très dure en affaire, signe sa présence en 2012 dans le port de Djibouti sans grand bruit. Au fort du bras de fer DP Word vs gouvernement de Djibouti (le  Djibouti est connu pour son économie non diversifiée et ayant pour effet un surendettement massif), le pays courait déjà droit vers une probable impossibilité d’honorer ses engagements budgétaires. C’est dans ce contexte très mouvementé et par ailleurs trop résumé, que China Merchants Port Holdings Co Limited (opérateur portuaire chinois, côté à la bourse de Hong Kong depuis 1992) va signer en février 2013 son entrée dans le capital de la nouvelle société appelée Ports of Djibouti SA. (PDSA). « Les principaux actifs de Pdsa comprenaient le port de Djibouti (DDP) et le port polyvalent de Doraleh (DMP) » (7). En clair, l’exclusivité dont bénéficiait DP World dans les ports de Djibouti est mécaniquement revenue à China Merchants Port Holdings Co Limited.

D’après une information de China Merchants Port Holdings Co Limited 

Le gouvernement djiboutien, au travers de l’ancien Directeur général du Port de Djibouti et par ailleurs frère cadet du Président Ismail Omar Guelleh, justifiera dans une interview de juillet 2015, sa coopération avec China Merchants Port Holdings Co Limited en des termes clairs : « L’objectif de ce partenariat sino-djiboutien reste la capitalisation des connaissances […] et de  renforcer la position stratégique du port de Djibouti, situé à l’entrée de la plus grande route commerciale maritime mondiale. L’initiative est le reflet de la volonté des autorités gouvernementales djiboutiennes d’ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement du pays ».

Il faut noter que ce partenariat est en cohérence avec « Vision Djibouti 2035 » (une déclinaison d’ambitions de développement par secteur d’activité et des objectifs à atteindre clairement définis).

Par ailleurs, dans la coentreprise, Ports of Djibouti SA., l’Etat djiboutien détient 76,5% des parts et China Merchants Port Holdings Co Limited (une entreprise publique) obtient 23,5% des actions. Par effet domino, l’opérateur portuaire chinois va participer de manière active à la restructuration du Port de Djibouti pour une bagatelle de 580 millions de dollars. C’est dans cet esprit que des travaux vont être lancés en août 2014 dans le terminal à conteneurs de Doraleh. En février 2017, alors qu’il change simultanément de nom (passant de Société de gestion du terminal à conteneur de Doraleh (SGTD) à Doraleh Multi-Purpose Port (DMP)) le terminal à conteneurs va être inauguré en toute pompe avec la présence de plusieurs officiels, dont des ambassadeurs accrédités dans le pays et des files d’ouvriers djiboutiens flanquant le podium.

La restructuration du terminal de Doraleh est faite par les entreprises d’Etat chinois, comme le rapporte Wall Street Journal : « China Civil Engineering Construction Corp. et China State Construction Engineering Corp. ont construit une installation de fret polyvalente à côté pour manipuler des voitures, du bétail, de l’acier et d’autres marchandises ». Le quotidien national américain indique [en même temps] que la présence de China Merchants Port Holdings Co Limited dans le port de Djibouti est une passerelle qui offre aux « navires chinois une manutention prioritaire et des frais d’amarrage plus bas, ce qui donne aux transporteurs chinois  et à leurs clients maritimes un avantage dans le concours pour livrer autant de marchandises que possible dans les plus brefs délais vers les marchés européens ». (9)

Deux sénateurs américains, membres du Comité des services armés du Sénat, vont donner l’alerte 

Toutefois, un an avant la résiliation de la concession du terminal à conteneurs de Doraleh par le  gouvernement djiboutien, on pouvait moins se douter que l’ombre de la Chine planait sur le port de Djibouti et qu’elle a une grande influence dans le pays. Parce qu’en mai 2016, dans une ambiance feutrée, l’Etat djiboutien va signer un accord de construction de la zone de libre échange dans le cadre de l’initiative des Nouvelles routes de la soie, encore appelée « Belt and  Road initiative » (10). Dans cet accord, l’Autorité djiboutienne des ports et des zones franches (DPFZA) est actionnaire à hauteur de 60 %, China Merchants Port Holdings Co Limited (30%), l’opérateur portuaire chinois Dalian Port Corporation (10%) et IZP Technologies Co Ltd (société chinoise à capitaux privés basée à Pékin, développant des outils d’analyse de Big Data et ayant des expériences avérées en « Smart Cities »).

En janvier 2017, les travaux de construction de la zone de libre-échange (reliée aux principaux ports de Djibouti), essentiellement financés par la Chine sur un investissement de 3,5 milliards de dollars, pour une durée de 10 ans, vont alors débuter. Ils sont conduits par le port chinois Dalian (qui aura l’avantage d’exploiter la zone de libre-échange) sur une surface de 42km².  C’est un projet qualifié de pharaonique par son envergure africaine et sa résonance internationale. D’ici à 2028, ce serait la plus grande zone franche d’Afrique.

Le 5 juillet 2018, la première phase de la zone, dénommée Djibouti Free Trade Zone (DIFTZ), va être inaugurée, avec la présence du Président Paul Kagamé (11), notamment. Déjà, un groupe de 21 entreprises (dont trois quarts sont chinoises) s’est installé dans la zone.  

Trois mois avant cette inauguration grandiose, deux sénateurs américains, membres du Comité des services armés du Sénat, vont donner l’alerte dans une lettre (12) adressée le 2 mai à John Bolton, conseiller à la sécurité nationale. Ils y dénoncent la mainmise de la Chine à Djibouti et affirment que le président Omar Guelleh semble disposé à « Vendre son pays au plus offrant ».

Cette missive créera la panique au sein du gouvernement djiboutien, sur laquelle cette analyse ne va pas s’attarder.

L’opérateur portuaire China Merchants Port Holdings Co Limited va mettre ses pieds sur la terre ferme

Mieux encore. Le 8 octobre 2020, le Président Omar Guelleh va participer au lancement des travaux de construction d’un pôle économique (« cité d’affaires ») sur les anciennes installations du port de Djibouti. Cette cité d’affaires, appelée « East Africa International  Spécial Business Zone » est inspirée du concept « Port-Park-City » créé dans la ville chinoise de Shekou. La même entreprise présente entre autres dans les ports djiboutiens de Tadjourah (Exportation de potasse), de Ghoubet (Exportation de sel et fait partie du projet de terminal minéral du lac Assal), c’est-à-dire, l’opérateur portuaire China Merchants Port Holdings Co Limited, va mettre ses pieds sur la terre ferme et participer au financement du gigantesque projet de construction du quartier d’affaires. D’après Aboubaker Omar HADI, Directeur général de Djibouti Ports and Free Zones Authority (DPFZA) depuis 2011, le développement de cette cité d’affaires « se déroulera en six phases. La première étape consiste en la construction d’un centre d’exposition, qui abritera notamment un centre d’excellence pour les études maritimes, des centres de conférences, un hôtel et d’appartements de services. Les phases ultérieures comprendront de nombreuses zones spécialisées, notamment : la zone d’activités touristiques et artistiques autour de marina, la ceinture culturelle et éducative, la zone des sièges et des  quartiers généraux des multinationales, les centres de convention et des conférences » (13).

L’opérateur portuaire chinois est présent dans tous les ports et projets de construction de futurs ports de Djibouti. L’hebdomadaire Jeune Afrique, indique dans un article datant de juillet 2018, que les autorités djiboutiennes « toujours avec l’appui financier de CMG [NDLR : China Merchants Port Holdings Co Limited] et de ses partenaires chinois, regardent maintenant le Sud, en direction de la Somalie. Le site de Damerjog doit abriter à moyen termes un ensemble de ports, pétrolier et gazier, minéralier, ainsi qu’un quai polyvalent et un terminal à bétails, le tout pour un investissement dépassant les 4 milliards de dollars ». Au-delà même des ports, China Merchants Port Holdings Co Limited étend son influence dans les universités de Djibouti, en inaugurant par exemple un programme intitulé « C-Blue », qui consiste en une formation sur  la gestion portuaire et logistique moderne, co-initiée par l’Institut des cadres de gestion des transports de Chine.

La gentrification du port de Djibouti par le groupe hongkongais China Merchants Port Holdings Co Limited et son déploiement dans le pays tient à son « mariage » avec le mastodonte chinois China Harbour Engineering, connu pour ses passe-droits et ses pratiques d’influence douteuses supposés dans bien des ports africains (14).

Kossa CAMARA


Notes et liens

1 « C’est la légendaire Route de la soie d’Alexandre le Grand et de Marco Polo, avec des guerriers, des espions,  des missionnaires et des caravanes, des échanges économiques, culturels, religieux, techniques, scientifiques et  esthétique entre des peuples lointains. Son déclin est lié à l’ouverture de la Route maritime des épices au XVe  siècle, plus sûre et plus rapide. La Route de la soie du XXIe siècle est le projet pharaonique de la Chine et de son  président Xi Jinping baptisé One Belt, One Road. C’est un programme titanesque, avec près de 80 pays impliqués,  représentant 40% du PIB mondial, des milliers de milliards de dollars, des infrastructures routières, ferroviaires  et maritimes réparties sur les cinq continents ». Pierre Picquart (Favre 2018).  

2 Loi N° 202/AN/17/7ème L portant sur les contrats d’infrastructures stratégiques :  

https://www.presidence.dj/texte.php?ID=202&ID2=2017-11-08&ID3=Loi&ID4=21&ID5=2017-11-15&ID6=n

3 Les coulisses du contrat de DP Word : EMIRATS ARABES UNIS/SOMALILAND : Port de Berbera : les coulisses du  contrat de DP World – 20/05/2016 – La Lettre de l’Océan Indien (africaintelligence.fr) 

4 Rapprochement entre DP Word, les gouvernements somalilandais et éthiopien : https://www.voaafrique.com/a/la-somalie-rejette-un-accord-sur-le-ports-de-berbera-au somaliland/4296498.html

5 DP Word remporte une victoire au tribunal de Hong Kong : https://www.africaintelligence.fr/afrique-est-et australe_business/2019/12/27/dp-world-engrange-des-points-pour-son-retour-au-dct,108387766-art 

6 Annonce de DP Word de sa seconde victoire à la Cour arbitrale internationale de Londres :  https://www.dpworld.com/news/releases/london-court-of-international-arbitration-orders-the-republic-of djibouti-to-immediately-restore-dp-world-to-its-rights-and-benefits-under-container-terminal-concession/

7 Port de Djibout S.A : http://www.cmport.com.hk/EnTouch/business/Infor.aspx?id=10006221

« Vision Djibouti 2035 : http://www.ccd.dj/w2017/wp-content/uploads/2016/01/Vision-Nationale.pdf

China Tightens Grip on East African Port : https://www.wsj.com/articles/china-tightens-grip-on-east-african port-11550746800 

10 Belt and Road Initiative benefits everyone, says Foreign Minister : http://www.chinadaily.com.cn/a/201803/08/WS5aa0b882a3106e7dcc140633.html 

11 President Kagame inaugurates Djibouti International Free Trade Zone :  https://www.youtube.com/watch?v=FcVDUkVS9sg

12 Copie originale de la lettre des sénateurs : https://admin.govexec.com/media/gbc/docs/pdfs_edit/05_02_18_letter_to_john_bolton_re_djibouti_signed. pdf

13 Le Président de la République donne le coup d’envoi des travaux de construction d’une nouvelle Cité d’affaires sur le site de l’ancien Port de Djibouti : https://www.lanation.dj/le-president-de-la-republique-donne-le-coup-denvoi-des-travaux-de-construction-dune-nouvelle-cite-daffaires-sur-le-site-de-lancien-port-de-djibouti/

14 Confidentiel. Les troublants privilèges accordés par le PDG de Sonatrach au groupe chinois CHEC :  https://algeriepartplus.com/confidentiel-les-troublants-privileges-accordes-par-le-pdg-de-sonatrach-au groupe-chinois-chec/

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