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CONAKRY : vers la commémoration des pendaisons de 1971

De la commémoration d’un événement douloureux à un autre ! Après des défenseurs des victimes de la marche du 22 janvier 2007, c’était au tour de ceux des victimes du Camp Boiro d’être ce vendredi à la Maison commune des journalistes sise à Kipé Dadya, dans la commune de Ratoma. Ce, en prélude de la commémoration le 25 janvier 2021, du cinquantenaire des pendaisons de 1971. Cette année, elle sera axée sur le thème : « Les purges qui décimèrent l’élite guinéenne de 1969 à 1980 et de l’illégalité du tribunal populaire révolutionnaire ». Une occasion pour le bureau exécutif de l’Association des victimes du Camp Boiron (AVCB) de livrer sa version de l’histoire de cette période douloureuse et controversée, mais aussi de demander à ce que justice soit faite sur cette partie sombre de l’histoire de la Guinée, sous la première République.

C’est en faisant observer une minute de silence à la mémoire des victimes des pendaisons du 25 janvier 1971 que Abdoulaye Condé, le secrétaire exécutif de l’AVCB a entamé son exposé, expliquant que durant cette période, l’Etat a fait cas de 4 catégories de complots. En « 1959, malheureusement, commencent les tueries en Guinée, pris comme complot. Toute la stratégie du PDG (Parti démocratique de Guinée) va tourner autour du complot pour arrêter des personnes considérées comme des adversaires potentiels du président Sékou Touré (…) Le deuxième complot est celui de 1961, le ‘complot des enseignants’, purges des élites guinéennes. Le troisième (complot) est celui de petit Touré qui était à Kankan et à chaque fois, ce sont une centaine de Guinéens qui sont tués. De 1970 à 1980, les vraies purges, les plus violentes et haineuses ont commencé (…) C’est indescriptible les tortues que les élites guinéennes ont subies au Camp Boiro, où on les obligeait à lire des aveux » supposés.

Poursuivant, à l’image de beaucoup d’observateurs, M. Condé et d’autres acteurs ont estimé que les violences enregistrées de nos jours en Guinée sont dues à l’impunité entretenue autour des violations des droits de l’homme et des purges durant la première République quand le président Sékou Touré et son parti unique le PDG-RDA régnaient sur le pays en maîtres absolus.

Et de réitérer un appel pressant au gouvernement, certains d’entre eux ayant perdu des proches au Camp Boiro : « Nous voulons la réhabilitation de nos parents. Nous voulons que les charniers soient remis aux familles. Car je vous assure que jusqu’aujourd’hui il y a des enfants (de victimes), dès que vous les appelez ils pleurent encore. Ouvrons ce dossier une fois pour toute. Et que la vérité soit dite. Que la justice soit dite. S’il m’entend, le président Alpha Condé, ouvrez le dossier du Camp Boiro pour que, une fois, toute la Guinée se réconcilie avec elle-même ».

Le 25 janvier prochain, comme cela est de coutume, l’AVCB compte déposer une gerbe de fleurs au pont du 8 novembre, où des victimes avaient été pendues en public. De là, les proches des victimes comptent marcher jusqu’au Camp Boiro, où ils souhaitent cette fois-ci organiser une cérémonie de lecture du Saint Coran pour le repos de l’âme des victimes, entassées dans des fossés communes.

Hawa Bah

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