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KIDAL : la Transition tâte le terrain

D’une part, la visite que la délégation ministérielle des autorités de la transition au Mali a effectuée ce lundi 25 janvier à Kidal, fief des rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) est un motif d’espoir. Elle symbolise en effet la volonté qu’ont les responsables de la transition de se saisir de la question sensible du retour de l’Etat dans cette ville stratégique du septentrion malien, sous occupation rebelle depuis pratiquement 8 ans. Or, du côté de la CMA également, on est plutôt disposé à essayer la détente, après avoir usé de la fermeté durant toutes ces dernières années. D’autre part, cependant, cette visite et surtout toute la symbolique qui lui a été donnée attestent de l’ampleur de la crise qui prévaut au Mali. Si le déplacement d’une délégation de l’Etat central malien dans une des portions du pays peut passer encore pour un événement extraordinaire, c’est qu’on est loin du compte. A elle seule, une telle situation suffit pour relativiser l’ensemble des efforts consentis toutes ces dernières années pour restaurer la confiance entre autorités maliennes et groupes dissidents régnant en maîtres dans la partie nord du pays.

Insécurité et partition

Au Mali, les problèmes sont de divers ordres. Il y a bien sûr la dimension sécuritaire qui fait qu’en particulier dans le centre et le nord du pays, les citoyens sont à la merci des criminels de toutes sortes. Des criminels pouvant être à la fois des terroristes islamistes, des trafiquants d’armes, de groupes d’autodéfense ou tout simplement des indépendantistes touarègues. Cette incertitude sécuritaire étant corroborée par les nombreux attentats dont les médias se font l’écho au fil des semaines, avec à la clefs la liste des victimes qui s’allonge. A côté de ce volet sécuritaire, nous avons également la partition de fait du pays. Pratiquement depuis le déclenchement de la rébellion touarègue au début de la décennie précédente, l’intégrité du territoire malien n’est plus qu’une vue de l’esprit. Dans les faits, les nombreux groupes armés qui écument le centre le nord administrent les sites sur lesquels ils sont installés et qu’ils contrôlent. La situation est telle que le pouvoir central admet l’implacable réalité. C’est ainsi qu’au nombre des points qui avaient été inscris à l’intérieur de l’accord inter-malien d’Alger 2015, figurait en bonne place le retour de l’Etat malien dans les zones dont il avait été dépossédé. Un point qui demeure inappliqué jusqu’à date.

 Quid du temps ?

Dans un tel contexte, le déplacement qu’une délégation du gouvernement de la transition, composée de six ministres a effectuée ce lundi à Kidal, passe pour opportune. Dans la mesure où elle peut symboliser la volonté avec laquelle les autorités intérimaires entendent s’attaquer à cette question cruciale. Cependant, le tout n’est pas de vouloir prendre en charge la question de la partition du pays. Il faut aussi en avoir la légitimité et surtout disposer du temps pour y arriver. En effet, un gouvernement de transition dont le mandat est de 18 mois a-t-il le temps de s’occuper d’une question aussi complexe ? Cette question étant d’autant plus justifiée que la partition du Mali est consécutive à un déficit de confiance entre l’Etat malien et la région de l’Azawad qui demande du temps pour être résorbé. L’Etat malien n’ayant pas honoré les précédents engagements qu’il avait pris vis-à-vis de l’Azawad, la CMA voudra cette fois disposer de garanties solides avant de consentir à la réconciliation avec les autorités du pouvoir central malien. Ce qui suppose probablement l’ouverture d’un nouveau dialogue avec les rebelles, comme cela est désormais ouvertement préconisé y compris par certains officiels maliens. Ce qui suppose un processus dont la durée pourrait aller au-delà de la période de transition. Et si les autorités de la Transition ne disposent pas du temps requis pour convenablement gérer la question du statut de Kidal, ne devraient-elles pas la réserver pour les autorités légitimes qui prendront le gouvernail, au terme la période intérimaire ?

Boubacar Sanso BARRY

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