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RD CONGO : Kabila pris à son propre jeu

Il y a deux ans, quand il recevait le sceptre du pouvoir des mains de Joseph Kabila, Félix Tshisekedi passait pour le dindon de la farce. Vu que son prédécesseur semblait avoir tout verrouillé en s’assurant le contrôle des deux chambres du parlement, le nouveau président était davantage perçu comme un faire-valoir. Mais aujourd’hui, on est bien obligé d’admettre qu’il a eu raison de jouer le jeu. Le deal scellé avec Joseph Kabila aura en effet permis de sortir de la crise politique congolaise qui n’avait que trop durer. Et avec le temps et une certaine finesse dans l’approche, il est en train de reprendre les rênes du pouvoir. Ce qui, sans doute, lui donnera l’occasion de déployer pour les trois prochaines années sa propre politique et son propre programme de société. Quant à Joseph Kabila, qui se rêvait en Vladmir Poutine africain, il récoltera à coup sûr la rançon de la déraison et d’une certaine suffisance. Lui qui se croyait habile joueur aura trouvé plus habile face lui. Et c’est tant mieux !

La machine inéluctablement lancée

Ce mardi 26 janvier, les députés de la plateforme du FCC ont bien fait de la résistance. Ils ont bruyamment réitéré l’incompétence du bureau d’âge à examiner la motion de censure contre le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Mais leur prétention n’a aucune chance de prospérer. Les rapports de force s’étant inversés, la machine est inéluctablement lancée. Le PM et son gouvernement devront être évincés. Le report n’est qu’un sursis destiné à conférer au coup de grâce qu’on réserve à Kabila et aux siens une certaine forme. D’autant que 301 des 500 députés du parlement ont déjà avalisé la motion de censure. Or, le départ de Sylvestre Ilunga Ilunkamba sonnera comme un pas supplémentaire vers l’extinction définitive du couple que formaient le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et le Cap pour le changement (CACH) de Félix Tshisekedi. Une séparation qui vient conclure une longue bataille que le président congolais remporte face à son prédécesseur. Divorce qui devrait restaurer sa liberté d’initiatives et d’actions au président congolais.

Couacs et blocage

Car c’est de cela qu’il s’agit. Le tandem FCC-CACH n’a pas pu fonctionner parce que Joseph Kabila s’en est davantage servi pour empêcher le président congolais d’agir. Il le tenait littéralement en otage. L’ancien président, nostalgique du temps où il régnait sur le pays, voulait continuer à gérer celui-ci par procuration. Et bien sûr, cela a donné lieu à plusieurs couacs. Mais au-delà, il y a que le pays tout entier était comme bloqué. Alors qu’à Kinshasa et dans les autres provinces de ce vaste pays, tout est prioritaire. En particulier, ces deux dernières années, Félix Tshisekedi était rongé par son incapacité à se saisir de la préoccupante crise sécuritaire dans l’est de la RD Congo. Ce, parce que toutes les initiatives qu’il voulait entreprendre étaient systématiquement bloquées par Kabila, qui prenait un malin plaisir à faire savoir à son successeur qu’il est le véritable détenteur du pouvoir. Et bien sûr, la situation a fini par exaspérer et agacer le président Tshisekedi qui, le mois dernier, a décidé de mettre un terme au mariage. Et les choses ont été d’autant plus faciles pour lui qu’entre temps, à l’intérieur même de la plateforme du FCC, Kabila était de plus en plus contesté. Sa gestion de la plateforme ne faisant plus l’unanimité. Au point que certains de ses proches ont sauté sur l’occasion créée par la volonté du président de former une nouvelle coalition au parlement.

Orgueil

Ainsi donc, Kabila a joué et perdu. On se rappelle en effet qu’il avait inutilement trainé le pays dans une crise, en refusant de rendre le pouvoir au terme des deux mandats qui lui sont reconnus. Ensuite, quand il a consenti, sous la pression, à passer le flambeau à quelqu’un d’autre, il s’était offert le luxe de choisir lui-même son successeur, en ignorant par la même occasion le choix de ses millions de compatriotes. Et en misant sur Tshisekedi, il croyait avoir porté son choix sur le plus naïf des leaders congolais. Péchant par orgueil, il espérait pouvoir tenir ce dernier en laisse. Ce faisant, il n’a manifestement pas retenu l’adage africain selon lequel ‘’le buisson dont vous vous moquez pourrait fournir la corde qui servira à vous attacher’’.  Finalement, c’est une formidable leçon d’humilité que reçoit Joseph Kabila.

Boubacar Sanso BARRY

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