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LIBYE : le difficile retour à la normale

Jadis un pays à l’avenir prometteur, la Libye est depuis pratiquement dix ans, le théâtre d’un indescriptible chaos. La chute de Mouammar Kadhafi s’accompagnant de la destruction littérale de l’Etat libyen, on s’est retrouvé dans une anarchie. D’autant que les rivalités tribales sont réveillées dans la foulée aussi bien par les appétits liés à l’exploitation du pétrole que par les manipulations de certains acteurs internationaux qui comptent tirer profit de cette confusion générale. Le pays est alors divisé entre une foultitude de factions et de milices ayant chacune un chef de guerre et revendiquant une horde de membres armés et se livrant à l’extorsion de biens et même au commerce de migrants noirs sous forme d’esclaves. Ne se préoccupant que très peu de cette situation des plus volatiles, la classe politique libyenne, pour sa part, a passé l’essentiel de la décennie écoulée à se faire la guerre pour le contrôle du pouvoir. Et c’est ainsi que toutes les initiatives de paix qui ont été entreprises ces dernières années notamment par l’Organisation des Nations unies (ONU) se sont systématiquement soldées par des échecs. Et c’est très probablement la même issue qui attend le Forum qui s’est ouvert ce lundi à Genève autour du choix de l’Exécutif devant conduire le pays aux présidentielles du 24 décembre prochain.

La force du canon

A Genève, les délégués venus de toutes les tendances de l’espace sociopolitique libyen sont appelés à choisir un exécutif formé d’un conseil présidentiel de trois personnes et d’un premier ministre, accompagné de deux collaborateurs. Le parrain onusien de l’ensemble de ce processus politique a particulièrement tenu à l’inclusivité de ce dernier. Avec l’espoir que si tout le monde prend part au processus, la légitimité de celui-ci et partant, celle de l’exécutif qui en sera issu, n’en sera que renforcée. Mais il n’est pas sûr que toutes ces précautions d’usage suffisent pour éviter l’échec tant redouté. Parce qu’en Libye, les vertus du dialogue et des pourparlers n’opèrent plus. On croit davantage à la force du canon. C’est d’elle que le maréchal Khalifa Haftar, quoique honni par la communauté internationale, doit son statut de leader d’envergure du pays. Et c’est à cette force du canon que recourt aujourd’hui le premier ministre sortant, Fayez al-Sarraj pour imposer de se succéder à lui-même. Son ministre de l’Intérieur, Fathi Bachagha, lui aussi briguant désormais le poste de premier ministre, fait appel pour sa part, aux milices qui lui sont fidèles. A l’est du pays, ce sont Khalifa Haftar et Aguila Saleh qui s’affrontent, là aussi, à propos du nouvel exécutif à mettre en place.

On préfère les privilèges à la sortie de crise

En somme, c’est une rencontre d’importance qui a commencé ce lundi à Genève. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Les conclusions du Forum risquent de se heurter à la dure réalité du terrain qui prévaut à Tripoli et ailleurs dans le pays. Beaucoup d’acteurs détenant encore des leviers importants du pouvoir semblent préférer leurs privilèges à la sortie de crise. Et ça, la communauté internationale devra faire avec. Autrement, elle s’apprête à construire sur du sable mouvant. Telle est la triste mais implacable réalité.

Boubacar Sanso BARRY

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