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Le dernier hommage poignant rendu à Aboubacar Chérif Haïdara

Décédé le 1er février 2021 à Conakry, Aboubacar Chérif Haïdara, connu sous le nom de Chérif de Washington, a rejoint sa dernière demeure ce lundi au cimetière de Cameroun, dans la commune de Dixinn. Mais avant son inhumation, un vibrant hommage lui a été rendu par des hautes personnalités du pays lors de la levée du corps qui a eu lieu à l’hôpital sino-guinéen, à Kipé dans la commune de Ratoma, où chacun des intervenants a témoigné à sa manière les qualités du défunt, notamment ce qu’ils retiennent du défunt.

La cérémonie a connu la présence des membres du gouvernement, à leur tête le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, ainsi que du président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, du président de l’Union des forces démocratique de Guinée, Cellou Dalein Diallo, et des membres de la famille du disparu.

« Chérif était un collaborateur dévoué et loyal du Premier ministre dont il était le conseiller personnel. L’homme plein de dynamisme et très gentil contribuait largement à créer une ambiance conviviale au travail. Le bureau du défunt ne se désemplissait pas. Il avait toujours le temps pour tout le monde, avec une courtoisie et un sens de respect sans égal », a souligné Ibrahima Sylla, conseiller à la Primature.

Il est suivi directement par le témoignage du président de l’Assemblée nationale qui est largement revenu sur la première visite du président Alpha Condé aux Etats-Unis. Et selon Amadou Damaro Camara, ce jour-là, le chef de l’Etat a utilisé le téléphone portable de Chérif Haidara pour appeler Doussou Condé, une dissidente du parti au pouvoir, le RPG/Arc-en-ciel. « J’ai connu Chérif dans les années 2000 aux Etats-Unis quand on écrivait sur les quelques sites guinéens d’alors. Un jour, il a demandé à un de ses grands frères ici présent, Mory Diané, s’il pouvait m’inviter à sa radio. Celui-ci lui a dit que tu auras choisi le meilleur client pour ta radio. Pendant au moins trois ans, de 2006 à 2009, j’étais l’invité de sa radio au moins deux fois par semaines. Pendant la première visite du président de la République à Washington, j’ai quitté Atlanta et c’est Chérif qui a été m’accueillir à l’aéroport. Il a exprimé le désir de rencontrer le président de la République. De l’hôtel, j’ai humblement demandé au président s’il pouvait recevoir un de nos jeunes très actifs sur les réseaux sociaux. Il m’a demandé c’est qui. Je lui ai répondu qu’il s’appelle Chérif. Le président dit (sous le ton de la plaisanterie) : ‘Veux-tu amener un Chérif à un Condé ?’. J’ai dit : ‘Ah oui avec votre permission !’ Je suis descendu appeler Chérif. C’est avec son téléphone ce jour-là que le président a appelé madame Doussou Condé. Chérif n’a pas manqué de dire : ‘Attention président, en voyant mon numéro, elle commencera par m’insulter. Si tel était le cas, les injures ce n’est pas à vous, elles sont plutôt à moi’ (…) Une vie, ce n’est pas sa longueur, mais son intensité, son utilité pour la communauté. Je peux dire que Chérif a eu une vie bien remplie, bien utile et qu’il a servi sa communauté, la communauté humaine », a estimé le président du parlement guinéen.

Pour le ministre secrétaire général à la Présidence de la République, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, « Chérif Haïdara était un lien entre tous. Il appartenait à cette génération où on découvrait tardivement vers 17 ans qu’on était de telle ou de telle ethnie, il n’avait pas d’autres soucis que de rassembler et d’unir. La première fois  que je l’ai eu au téléphone, c’est à travers mon grand frère Goureissy Condé qui m’a dit : ‘Je veux que tu parles au téléphone avec un jeune de Washington qui est très intéressé par le pays’. Et à l’époque, on avait comme projet de l’inviter pour participer à l’anniversaire de l’indépendance à Mamou. Il m’a parlé de son admiration et de son attachement spécial pour le Premier ministre. C’était un homme de Dieu, un homme des hommes, un homme de tous. Je voulais témoigner un de ses derniers témoignages où il est venu me voir avec son collègue Monsieur Diabaté, pour me dire : ‘Il faut tout faire pour que le mensonge ne gagne pas dans ce pays ».

Le ministre de l’Industrie et des PME, a dans son témoignage, rappelé son amitié avec le défunt. « Nous partageons l’incompréhension d’une mort brutale arrivée trop tôt et trop vite. Une mort quasi insensée d’un homme si plein de vie et pétri de générosité. La famille Chérif inconsolable peut être fière d’avoir compté à son sein un homme qui a vécu utile au niveau de tout le monde. Avant de s’en allé tranquillement avec tous les honneurs d’une vie très courte et bien remplie et inoubliable. Le souvenir de cette vie est son avenir désormais, avec chacun d’entre nous, car il fixe le temps et la mémoire pour  tout jeune (…) Je voulais lui dire merci  de nous avoir apporté souvent cette paix introuvable, merci d’avoir été pour tous un ami, un frère, un soutien. Vivre dans l’honneur et mourir dans la dignité, c’est un destin possible pour chacun.  A  bientôt mon frère, que ton Dinguiraye natal pleure », a lancé Tibou Camara.

« Mon destin a croisé celui d’Aboubacar Chérif en 1985. J’étais l’adjoint de son grand-frère Ibrahima Chérif.  Tous les problèmes avec son grand frère était réglé par moi et je faisais partie de ceux qui disaient à Aboubacar Chérif : ‘Couche toi !’ Et il le faisait. Ce destin croisé à Kankan se déroulera à Washington où par la volonté d’Allah j’étais l’ambassadeur (de la Guinée). Quand je suis arrivé, il m’a dit ceci : ‘Mon frère, tu n’as qu’un investissement à faire ici : celui concernant tes enfants’. Et je te conseille : ‘Avant de les mettre à l’école, il faut leur apprendre le nouvel outil qui est l’ordinateur », a témoigné de son côté Éric Thiam, ancien ambassadeur de la Guinée aux États-Unis.

Au nom des enfants du défunt, l’aîné Ibrahima Chérif Haïdara, s’exprimant en anglais, a souligné qu’il « était intelligent, très modeste et très doux. Il avait un style » original.

Décédé à l’âge de 53 ans, le défunt laisse dernière lui deux veuves et quatre enfants.

Balla Yombouno

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