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Au port de Boussoura, on espère enfin la réouverture des frontières entre la Guinée et la Sierra Léone

Suite à la fermeture des frontières terrestres entre la Guinée et trois de ses pays voisins, la Sierra Léone, la Guinée-Bissau et le Sénégal, en septembre dernier à la veille de la présidentielle du 18 octobre 2020, une possible réouverture des frontières entre la Guinée et la Sierra Leone se pointe à l’horizon. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cette décision des autorités guinéennes n’est pas restée sans impacter les activités économiques de plusieurs commerçant en Guinée. Au port de Boussoura, dans la commune de Matam, l’éventualité de normalisation du trafic avec la Sierra Leone est accueillie avec joie. Commerçants, transporteurs de bagages, gendarmes et douaniers ne cachent pas leur joie si les frontières venaient à être réouvertes.

Fatoumata Bangoura, mère de 5 enfants et commerçante qui voyageait à Freetown, s’est reconvertie dans des activités peu rentables depuis la fermeture des frontières avec la Sierra Leone pour nourrir sa famille « J’ai tellement souffert depuis la fermeture des frontières. J’exerce le commerce comme activité. Quand je suis en Sierra Léone, pour venir en Guinée, j’achète de l’huile rouge, du riz du pays, du foufou pour revendre à mes clients. Une fois la marchandise écoulée, je rachète de l’oignon, cube bouillon, des chaussures et plein d’autres choses pour aller revendre en Sierra Léone. C’est par cette activité que j’arrive à nourrir mes enfants depuis la mort de leur père.  Mais depuis la fermeture des frontières, toutes mes activités se sont bloquées. Et j’ai du mal à m’en sortir avec les dépenses. Je ne cuisine que trois fois par semaine. Mes enfants  et moi sommes obligés de sortir ramasser les petits spa vident qu’on revend aux femmes qui font du jus de gingembre. Donc, aujourd’hui, si les présidents des deux pays décident de procéder aux négociations pour la réouverture des frontières, je trouve que c’est une très bonne chose. Ça sera un ouf de soulagement pour nous », explique-t-elle.

« On ne peut rien contre la volonté divine. S’Il a voulu que les choses se passent ainsi, alors qu’elles soient ainsi », c’est en ces termes que Mariama Sadio Diallo, commerçante aussi et mère de famille, s’est prêtée aux questions d’une reporter du Djely. Cette femme qui est dans la soixantaine a, selon ses dires, 12 bouches à nourrir et un mari à moitié paralysé. N’ayant aucun soutien financier pour subvenir aux besoins de ses enfant, Mariama Sadio Diallo a dû emprunter de l’argent à une banque pour financer ses activités. « Deux mois avant la fermeture des frontières, j’ai emprunté 12 millions de francs guinéens afin de faire du commerce. Avec cet argent, j’ai acheté beaucoup de marchandise (oignons, pomme de terre, choux, etc.) pour aller revendre cela en Sierra Léone. Et juste à mon arrivée pour l’embarcation, j’ai appris qu’il n’y a plus de passage. On est restés bloquer ici depuis. La plus grande partie de ma marchandise avait commencé à se décomposer. Du coup,  je l’ai écoulé à la moitié du prix que je l’avait acheté. J’avais acheté un sac d’oignon à 220 000 francs et finalement, je l’ai revendu à 110 000 francs. Et c’est sans compter les frais de déplacement. Ça a été une très grosse perte pour moi. Et là je me demande comment rembourser mon créancier. Ces quatre derniers mois, j’ai vécu le pire moment de ma vie. L’idée de rouvrir les frontières est la meilleure. Reste à voir si elle va se concrétiser avec la résurgence d’Ebola », s’inquiète la mère de famille.

La fermeture des frontières terrestres avec la Sierra Leone n’a pas impacté négativement que la vie des commerçants. Les transporteurs de bagages, communément appelé ‘’wolikè’’, en ont été aussi victimes. Passer des nuits étant affamés ou des journées sans aucun sou en poche a été souvent leur quotidien ces derniers temps. « J’ai vécu un véritable calvaire ces derniers mois. Vu qu’il n’y a aucune activité au port, des fois, je suis obligé d’aller auprès de mes amis au marché de Madina pour avoir un peu d’argent. C’est quand il y a des activités que je  transporte de bagages pour être payé. C’est de ça que je vis. Donc, je suis très ravi d’entendre que le président de la Guinée et celui de la Sierra Léone sont en discussion en vue de la réouverture des frontières entre les deux pays », confie Abdoul Conté, un jeune transporteur de bagages au port de Boussoura.

Mariama Ciré Diallo

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