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CÔTE D’IVOIRE : les législatives de la normalisation

Autant la présidentielle d’octobre dernier a été émaillée de violences, autant les législatives du 6 mars 2021 se sont tenues dans un contexte de paix et de sérénité retrouvées en Côte d’Ivoire. Précédées par le dialogue politique, elles ont connu la participation de l’ensemble des formations politiques du pays dont en particulier celle du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. Et les résultats totaux provisoires proclamés ce mardi par la Commission électorale indépendante (CEI) reflètent d’une certaine manière cette inclusivité. Certes, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir, en s’adjugeant 137 des 254 députés qui étaient en jeu sort grand gagnant du scrutin. Mais il ne dispose néanmoins pas de la majorité qualifiée des 2/3 comme c’était le cas lors de la législature précédente. Mais surtout, avec les 81 députés remportés par la Coalition formée par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Henri Konan Bédié et Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) pro-Gbagbo, l’opposition fait un retour remarquable à l’hémicycle. La victoire de la liste conduite par Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président ivoirien dans la commune stratégique de Yopougon symbolisant tout particulièrement cette nouvelle ère. Encore qu’il faudra surveiller de près cette réconciliation annoncée pour s’assurer de son effectivité.

Dix ans à se regarder en chiens de faïence

On peut bien sûr s’attendre à ce que certains opposants contestent devant le Conseil constitutionnel les résultats provisoires rendus publics par la Commission électorale indépendante (CEI). Mais il est très peu probable que l’on revive la tension qui avait prévalu dans le pays à la suite de la présidentielle d’octobre dernier. Les politiques ivoiriens, tous bords confondus, semblent en effet avoir tiré les leçons des 10 dernières années qu’ils ont passées à se regarder en chiens de faïence. Il faut dire que chaque camp y a laissé des plumes. Les opposants tout d’abord, à l’image de Laurent Gbagbo, de Charles Blé Goudé et bien d’autres, en ont récolté la détention ou l’exil loin du pays et des leurs. Le pouvoir ivoirien, quant à lui, n’aura pas vécu les deux précédents mandats du président Alassane Ouattara dans la sérénité. Obligé qu’il était de surveiller en permanence ses arrières, il n’aura certainement pas pu faire face à tous les défis auxquels le pays était confronté. Sans oublier les condamnations et autres dénonciations qui pleuvaient sans cesse au sujet du traitement peu enviable réservé à ses opposants. Mais par-delà tous ces problèmes, il y avait cette tension certes latente mais tout aussi permanente laissant croire que la Cote d’Ivoire pouvait à tout moment renouer avec les violences.

Le retour de Gbagbo, l’autre condition

Et c’est donc pour essayer d’exorciser ce passé récent de leur pays et pour donner à celui-ci des chances d’une quiétude durable que les uns et les autres auront jugé utile d’enterrer la hache de guerre. Une attitude réciproque dont la première conséquence demeure l’inclusivité du scrutin du 6 mars 2021. Mais cette dernière ne suffira pas. L’opposition ayant joué le jeu des législatives, le pouvoir devra poser d’autres actes. Et le plus symbolique de ces actes que l’on attend dans les prochains jours, c’est bien le retour de Laurent Gbagbo dans le pays. Après avoir séjourné dix ans durant dans les prisons de la CPI à la Haye, l’ancien président manifeste le désir de revenir auprès des siens. L’accord de principe serait obtenu de la part d’Alassane Ouattara. Mais jusqu’ici cela n’a pas pu se concrétiser. Les élections étant donc passées, le pouvoir ivoirien devrait rendre cela possible. La logique du rassemblement ne devra cependant pas se limiter qu’à quelques actes symboliques. Elle devra également se constater dans la gestion de la Côte d’Ivoire et dans la répartition des richesses de celle-ci. C’est ainsi seulement que la dynamique se traduira par une normalisation effective afin de conférer au troisième mandat d’Alassane Ouattara, quoi que disputable et controversé, plus de tranquillité que ne l’ont été les deux précédents baux.

Boubacar Sanso BARRY

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