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SAHEL : le terrorisme ne connait pas de répit

Une nouvelle fois, le Niger a essuyé ce lundi 15 mars 2021 une de ces lâches attaques auxquelles se livrent régulièrement les terroristes qui écument cette région sahélienne. Et une nouvelle fois, c’est Tillabéry, la ville-martyr qui a été frappée. Les sombres assaillants, trop peu courageux, s’en sont pris à de pauvres et innocents villageois qui revenaient d’un marché hebdomadaire qu’ils assassinent avant de mettre le feu aux véhicules à bord desquels ces derniers voyageaient. Une énième tragédie qui vient nous rappeler que dans cette zone du continent, le péril terroriste est un fléau qui doit continuer à préoccuper. D’autant que le même jour, de l’autre côté de la frontière, au Mali, ce sont deux militaires qui perdaient la vie à la suite d’une embuscade tendue par des djihadistes. Une spirale qui ne connait aucun répit, en dépit de la prévalence du Covid-19 qui a pourtant ralenti bien d’activités à travers le monde. Malheureusement, sur le front de l’insécurité dans Sahel, rien ne présage d’un quelconque espoir à court terme. Eu égard notamment aux tendances que l’on remarque dans la région en matière de gouvernance et d’efforts en faveur du développement socioéconomique des pays.

Le cancer s’est étendu

Les experts le martèlent à chaque fois que l’occasion leur est donnée de le faire. La stratégie militaire ne peut à elle seule venir à bout du terrorisme. Cela se vérifie quasiment tous les jours dans la région du Sahel. Ainsi, depuis plus de 8 ans, dans cette vaste bande de sable aride, les armées des pays appuyées par une coalition internationale, elle-même disposant des armes les plus sophistiquées et des renseignements les plus fiables qui soient, ne réussissent toujours pas à venir à bout de ceux qui sèment désolation et tristesse au gré des attentats qui sont perpétrés. Tout au contraire, le cancer qui au début n’était localisé que dans la zone septentrionale malienne, a aujourd’hui fini par s’étendre à toute la région. Au point que désormais, l’insécurité s’étend de la Mauritanie sur la côte atlantique, au Cameroun dans le centre même du continent. En bientôt dix ans, les victimes se chiffrent en plusieurs centaines de morts, des blessés qu’il est impossible de dénombrer, sans oublier les milliers de déplacés. Mais le plus préoccupant, c’est le sentiment que la fin du calvaire ne pointe guère à l’horizon. Comme si la région et ses habitants étaient condamnés à subir pour toujours les affres du terrorisme.

Tour de vis

Un scepticisme et un désespoir nourris par des réalités peu reluisantes se rapportant notamment à la gouvernance politique et économique dans les pays de la région. En effet, si l’on admet que les frustrations et autres ressentiments sont de nature à pousser en particulier les plus jeunes à tomber dans les bras des recruteurs terroristes, on a alors des raisons de s’inquiéter. Déjà que les Etats de la région sont trop pauvres pour faire face aux multiples défis que pose leur développement. Voilà qu’à cette préoccupation, vient se greffer une tendance à confisquer le pouvoir et les libertés. L’illustration de cet état de fait nous étant servie tout particulièrement par le Tchad où le président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 30 ans brigue un sixième mandat dans le cadre d’un simulacre d’élection programmé en avril prochain. Les récentes manifestations au Sénégal, avec plusieurs victimes parmi les manifestants, sont également illustratives de ce nouveau tour de vis que les dirigeants de la région ont tendance à ériger en règle. On n’oublie pas bien sûr les cas guinéen et ivoirien où les présidents Alpha Condé et Alassane Ouattara, au risque de plonger leurs pays respectifs dans le chaos, se sont agrippés au pouvoir au-delà de leurs seconds et ultimes mandats. Et que dire du Mali où le président IBK dont la gestion était gangrenée par une corruption généralisée, a vu son second mandat ajourné par un coup d’Etat militaire, en août dernier ?

De qui se moque-t-on ?

Autant de problèmes dont on peut penser à première vue qu’ils n’ont rien à voir avec la persistance du phénomène terroriste. Pourtant, le lien est ici quasi-évident, car dans tous ces pays, les dirigeants, au lieu de se servir du pouvoir pour régler les problèmes basiques des citoyens dont la formation et l’emploi des jeunes, s’en servent plutôt pour s’en mettre pleines les poches. Il n’est donc pas étonnant que les jeunes désœuvrés qui ne réussissent pas à gagner à l’eldorado occidental soient réceptifs aux messages des djihadistes. Et le cercle est d’autant plus vicieux que les partenaires africains dans la lutte contre le terrorisme – dont la France – s’abstiennent de regarder cette autre réalité en face. En d’autres termes, on s’évertue à trouver un remède à un mal, alors qu’à la base le diagnostic a été volontairement bâclé. De qui se moque-t-on finalement ?

Boubacar Sanso BARRY

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