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DESSERTE EN EAU POTABLE : A Simbaya Gare, « au moins 80% des citoyens s’approvisionnent à travers les forages »

Ce lundi 22 mars 2021 marque la Journée internationale de l’eau. Une célébration qui intervient au moment où les robinets sèchent de plus en plus à Conakry, la capitale du « Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ». Ce qui entraîne la prolifération des forages à travers la ville. Et la commune de Ratoma n’est pas en reste de cette situation.

A Simbaya Gare, certains foyers n’ont pas de l’eau au robinet depuis plus d’une décennie, et les secteurs bénéficiant du traditionnel « tour-tour » de la Société des eaux de Guinée (SEG) sont de moins en moins desservis. Pendant ce temps, le ministère de l’Hydraulique ne trouve comme priorité que d’exiger des tenanciers de forages de s’enrôler, sous peine de sanction. Il n’a fallu que la semaine dernière pour entamer à l’aviation, dans la commune de Matoto, les travaux de réparation de la conduite principale de la SEG pour la zone de Conakry, construite depuis 1964, appelée DN700, où était enregistrée 21 000 m³ d’eau de perte journalière.

« Cela fait longtemps que je ne vois pas couler une goutte d’eau de robinet. Nous, personnellement, on a été les premiers à être privés de l’eau de la SEG dans le voisinage parce qu’on est sur une forme de colline, et l’eau semble quitter du bas. On a même été obligés de déterrer le tuyau qui mène à notre robinet pour en bénéficier, mais finalement l’eau ne montait plus. On s’est rabattus chez certains voisins jusqu’à ce qu’ils soient également coupés. Cela remonte à environ 10 ans, et durant des années, on a transporté de l’eau à des dizaines de kilomètres dans des puits. On se transportait à proximité des puits ou des marigots pour faire la lessive. A l’époque, les forages se comptaient des doigts et connaissaient beaucoup d’affluence. Je me rappelle qu’un jour, on est partis puisé de l’eau la nuit pendant des manifestations. Des agents en uniforme ont fait irruption dans le quartier, prise de panique, je n’ai pas pu fuir comme les autres, c’est ainsi qu’un d’eux a pointé son arme sur moi, je pensais que j’allais mourir, mais ses collègues l’ont finalement convaincus de rebrousser chemin », relate Salimatou Bah, la trentaine, habitante du quartier.

« Un lointain souvenir avec la construction des forages ci et là », reprend Djenabou Kaba, mère de famille. « J’ai une grande famille avec plus de dix enfants, on passait la moitié de nos journées à chercher de l’eau. Finalement mon mari a creusé un forage devant notre cour il y a environ 5 ans. A l’époque, l’électricité n’était pas stable, soit ça venait de 19h à minuit ou de minuit à 7h du matin, sans compter les coupures intempestives. Quand le courant vient à minuit, on était obligés d’ouvrir le forage à 4h du matin, voire laisser la pompe ouverte en nous couchant pour permettre aux voisins les plus proches ou toute autre personne qui peut de s’approvisionner dès minuit, avant qu’il y ait une grande foule. Avec les discussions incessantes, et voire des bagarres, on ne dormait pas paisiblement. Mais aujourd’hui par la grâce de Dieu, il n’y a pas assez d’affluence. Car à chaque carrefour il y a pratiquement un forage et le courant est stable », se félicite-t-elle.

De son côté, Mamadou Oury Fady Diallo, le chef du quartier Simbaya Gare fait constater que les démarches menées pour soulager les besoins en eau des citoyens installés dans les secteurs de son ressort sont jusque-là restées infructueuses. « On avait demandé la réadaptation de l’eau là où il y a des fuites, parce que s’il n’y a pas de fuite, les gens auraient pu avoir au moins de l’eau pendant les trois jours, mais jusqu’à présent rien est fait dans mon quartier », dit-il, ajoutant qu’environ « 80% des citoyens de son quartier ne sont pas servis par la SEG, donc ils s’approvisionnent en eau de forages ».

En juin 2020, la SEG annonçait la perte dans les fuites d’au moins 40% de sa production en eau qui était chiffrée à 150 000 m³, causant ainsi de plus en plus de rupture d’approvisionnement dans les quartiers de Conakry. Le dernier cas en date remonte à il y a de cela une semaine au quartier Bonfi, dans la commune de Matoto, où des femmes en colère ont même manifesté leur désarroi…

Hawa Bah

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