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CONAKRY : pourquoi certains citoyens refusent d’emprunter les ponts pour traverser l’autoroute Fidel Castro

En Guinée, les habitudes ont la peau dure ! Et sur l’autoroute Fidel Castro, une vieille habitude – et non sans danger – résiste particulièrement au temps… C’est la préférence de certains piétons de traverser la route par le trottoir au lieu d’emprunter les ponts. Nous sommes entre Dabondi et le marché Avaria, dans la commune de Matam à Conakry. Là, en longueur de journée, des citoyens mettent leur vie en danger en tenter de rallier l’autre côté de l’autoroute Fidel Castro, empruntée chaque jour par des milliers de véhicules.

Pourtant, un mur et des barbelés de fer avaient été érigés sur le trottoir pour empêcher les citoyens de traverser à pieds la chaussée. Mais cette barrière a fini par être détruite à divers endroits, certainement par ceux qui refusent d’emprunter les ponts.

Pendant les heures de pointe (8h-10h le matin et 16h-19h), des citoyens se regroupent en petits groupes au niveau des endroits où le mur est cassé pour servir de passage aux piétons.

Il est 16h30, nous sommes au grand marché de Madina sur l’autoroute Fidel Castro. Des embouteillages sont formés sur les deux voies de la route. On y aperçoit des piétons qui risquent leurs vie pour traverser sur la voie, alors que, à quelques mètres de là, se trouve le pont du marché Avaria, l’un des passants levant la main pour demander aux automobilistes de ralentir pour les laisser passer.

Ledjely.com a approché certains d’entre eux pour comprendre les raisons de leur choix. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que chacun a ses raisons qui lui sont propres. Nous croisons Mamadou Bah qui vient à peine de traverser la route. Ce commerçant au marché de Madina se dit conscient du danger qu’il encourt en traversant la route sans emprunter un pont. « C’est vrai, nous risquons nos vies pour traverser l’autoroute, par la chaussée, bien qu’il y ait deux ponts, à Avaria et à Madina. Moi, personnellement, je le fais parce que  le pont est très loin pour moi. Je me dis que quand je traverse directement, c’est plus rapide. Et le matin encore, je l’ai fais parce que cela me permet d’être rapide en allant dans ma boutique, alors que si je dois traverser par le pont, c’est un peu distant », explique-t-il.

Fatoumata Camara, vendeuse d’assiettes jetables, refuse de monter sur le pont pour éviter, selon elle, d’être bousculée. « Sur ce pont, il y a trop de personnes. C’est trop encombré. Mes assiettes dès qu’il y a un petit contact, tout peut se renverser. Donc, le mieux pour moi, c’est de traverser directement l’autoroute qui est, non seulement rapide pour moi, et là personne ne viendra me bousculer », argumente-t-elle.

Selon un résident de Dixinn, il refuse de monter sur le pont pour raccourcir son chemin. « J’habite derrière les rails juste à côté du parking Mohamed V. Si je ne descends pas ici à Madina pour traverser, comme les autres, je suis obligé d’aller jusqu’à Avaria pour ensuite revenir jusqu’ici. Je trouve cette distance très grande », dit-il sous couvert de l’anonymat.

Parfois, ce sont des personnes d’âge avancé que l’on voit chercher à se frayer un passage au milieu des véhicules. C’est le cas de ce quinquagénaire. « J’ai quitté la banlieue pour me rendre au service en ville dans la voiture d’un ami qui m’a laissé sur la route Le Niger au niveau du marché Avaria. Arrivé sur l’autoroute, j’ai décidé de traverser directement, au lieu de monter sur le pont, pour venir m’embarquer de l’autre côté de la route. Je sais que ce n’est pas bon, mais c’est plus rapide », assure-t-il.

Des dispositions avaient été prises pour contraindre les passants à emprunter les ponts

Par le passé, des dispositions avaient été prises pour empêcher les piétons de traverser l’autoroute à pieds. Le but était de contraindre tous les passants à emprunter les ponts. Mamou Souaré, l’administrateur du marché d’Avaria, explique : « Nous avons pris d’énormes dispositions. Mais c’est toujours difficile pour nous de résoudre ce problème, puisque nous n’avons pas d’agents (garde communale, ndlr) qui peuvent veiller à l’application de ces dispositions (…) Parlant des dispositions prises pour éviter que les gens ne traversent sur l’autoroute, nous avons fait la sensibilisation des citoyens par rapport aux risques liés à cette situation. Mais nous n’avons pas été entendus bien qu’on ait, par le passé, installé un groupe de sentinelle ».

Balla Yombouno

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