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MAISON CENTRALE : les opposants déjà « coupables » aux yeux d’Alpha Condé

La sentence avant le procès. C’est l’impression que laissent les propos que le président Alpha Condé a tenus au sujet des opposants détenus à la Maison centrale de Conakry, dans l’entretien qu’il a accordé à nos confrères du magazine Jeune Afrique, dans le numéro de la semaine. Devançant le juge et sans doute se substituant à ce dernier, le président de la République dit d’Ousmane Gaoual Diallo, Etienne Soropogui, Ibrahima Chérif Bah qu’ils sont ‘’coupables’’ « d’avoir envoyé contre la police des jeunes munis d’armes blanches, parfois des fusils et d’explosifs ». Des propos qui scellent déjà le sort des malheureux détenus. D’autant qu’en Guinée, la Guinée n’est pas réputée pour son indépendance en particulier de l’exécutif.

« Il ne s’agit en aucun cas de prisonniers politiques, mais de fauteurs de troubles », décrète Alpha Condé. Qui poursuit, ils sont « coupables d’avoir envoyé contre la police des jeunes munis d’armes blanches, parfois des fusils et d’explosifs ». En sorte qu’on s’y perd un peu quand le chef de l’Etat rajoute : « Nous avons toutes les preuves et elles seront exposées lors des procès, y compris les appels au meurtre contre ma personne ». En effet, une fois qu’on a affirmé que les prévenus sont coupables, est-il encore nécessaire de s’embarrasser de preuves ?  

Surtout que le président Alpha Condé s’est montré encore plus précis au sujet des faits reprochés, selon lui, aux responsables de l’UFDG, le parti de Cellou Dalein Diallo : « les quelques responsables de l’UFDG [Union des forces démocratiques de Guinée] arrêtés l’ont été en tant que commanditaires directs d’actes de violence commis tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays : maisons incendiées, destructions de biens publics, poteaux électriques sciés, assassinat de membres des forces de l’ordre, etc ». 

Cette posture du président n’est pas sans rappeler celle qu’avait adoptée le général Lansana Conté, en décembre 2006. L’ancien président, quasiment dans les mêmes contextes, après avoir sorti un certain Mamadou Sylla, de la prison, avait lui aussi déclaré : « la justice, c’est moi ». Alpha Condé n’est certes pas aussi explicite. Mais quand on prononce les sentences avant et à la place de la justice, c’est qu’on assimile à elle.

Détenus depuis cinq mois sans aucun jugement, les responsables de l’opposition dont des cadres d’envergure de l’UFDG demeurent encore entre les quatre murs de la Maison centrale, la prison civile de Conakry.

Ibrahima Kindi BARRY  

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