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UN AVOCAT ALERTE LES JOURNALISTES SUR LE CAS AMADOU DIOULDÉ : « Demain, ce sera l’un d’entre vous »

Lors de la conférence de presse du Collectif de soutien à Amadou Diouldé Diallo (COSADD), au cours de laquelle il a annoncé la tenue d’une marche pacifique à Kaloum ce mercredi 31 mars 2021, pour demander la libération du journaliste détenu depuis bientôt un mois, Me Thierno Souleymane Baldé, avocat à la cour, est revenu sur les efforts consentis pour l’aboutissement de la loi L02 sur la liberté de la presse en Guinée. Une manière pour lui d’appeler les journalistes à plus de solidarité pour préserver cet acquis démocratique.

A l’entame de ses propos, Me Thierno Souleymane Baldé a rappelé que le séminaire de validation du projet de loi sur la liberté de la presse remonte à 2008, lors de la transition menée par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD). Ce, en présence de certains officiers de l’armée guinéenne, notamment le colonel Moussa Keita (secrétaire permanent du CNDD), le colonel Siba Lohalamou (actuel gouverneur de la région de Boké). « Imaginez-vous comment c’était de faire passer une telle loi avec le soutien des militaires, mais nous l’avons fait puisque nous avons estimé que ça devrait être le seul moyen de permettre aux journalistes de faire leur travail correctement, sans avoir peur de se retrouver malmener en prison. Car au-delà de la Guinée, comme vous le savez, tous les régimes qui ne sont pas démocratiques utilisent la répression, l’intimidation pour museler les médias », a-t-il souligné, ajoutant que l’offense au chef de État (l’une des raisons pour lesquelles le doyen Amadou Dioulé Diallo a été arrêté et placé sous mandat de dépôt, ndlr) est l’une des dispositions qui a fait l’objet de discussions à l’époque, pour laquelle il n’a été retenu qu’une amende qui varie entre un million et cinq millions de francs guinéens.

Poursuivant son intervention, l’avocat a dit regretter la résurgence d’une autocensure au niveau même des médias. « Si aujourd’hui il y a Monsieur Amadou Diouldé Diallo en détention, c’est due en grande partie à un certain relâchement au niveau du combat que les journalistes mènent, ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme », a estimé Me Baldé.

Et de mettre en garde : « La chose la plus importante, c’est la cohésion, et surtout la solidarité au sein des médias pour veiller à ce que cette loi. Si elle doit être amendée, il faut que ce soit pour l’améliorer, mais pas pour la dépouiller de tout sens. Et s’il n’y a pas cette solidarité, aujourd’hui c’est Amadou Diouldé mais demain ce sera l’un d’entre vous. J’ai écouté des commentaires par rapport aux propos qu’il aurait tenus, mais ce que nous demandons, ce n’est pas un traitement de faveur, c’est l’application correcte de la loi, parce que même à supposer qu’il soit reconnu coupable et condamné, il ne peut être condamné qu’à une amende n’excédant pas cinq millions de francs guinéens », a-t-il souligné, précisant qu’aucun citoyen ne peut être envoyé en prison pour un délit commis par voie de presse.

Hawa Bah

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