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Le rapport accablant des États-Unis sur les violations de la liberté de la presse en Guinée

Dans un rapport rendu public cette semaine, les États-Unis ont dénoncé plusieurs cas de violations des droits de l’homme par les autorités guinéennes. Dans le secteur des médias, le Département d’Etat américain a évoqué; entre autres, le cas de la Haute autorité de la Communication. Ne se limitant pas seulement à cet exemple, il a également mentionné les menaces dont sont victimes les journalistes, et d’autres formes d’abus ou d’injustice de la part ou sur ordre de l’État guinéen.

Liberté de la presse et indépendance de la HAC

Parlant de cette institution, le gouvernement américain s’est tout d’abord inquiété de la nouvelle loi qui, désormais, relève de la seule responsabilité du chef de l’État de nommer le président de la HAC, alors que dans l’ancienne loi, le président de l’institution était élu sur la base d’un vote des commissaires y siégeant. « En juillet, l’Assemblée nationale a adopté une loi révisant la composition et l’organisation de la Haute autorité de la Communication (HAC). Selon l’ancienne loi, le président de la HAC était élu par un groupe de pairs commissaires, tandis que selon la nouvelle loi, le président de la HAC est nommé par décret présidentiel. Les médias ont critiqué la nouvelle loi et craint que la HAC ne soit subordonnée au bureau du président », peut-on lire dans ce rapport.

À cela, le pays dirigé par Joe Biden rappelle qu’au delà des efforts consentis ça et là, la problématique de la liberté de la presse reste encore d’être un acquis au pays d’Alpha Condé car « des allégations ou des critiques contre le gouvernement ou le parti au pouvoir pourraient entraîner des représailles du gouvernement, y compris des suspensions, des amendes et des arrestations ».

Violence et harcèlement contre les journalistes

Là, les États-Unis rapportent les cas d’arrestations arbitraires, de harcèlement et d’intimidation contre des journalistes tant sur le niveaux national qu’international perpétrés par des représentants du gouvernement. « Le 6 mars (2020), la police a arrêté et agressé le journaliste français Thomas Dietrich alors qu’il filmait une répression policière contre une manifestation de l’opposition à Conakry. La police l’a immédiatement emmené à l’aéroport et l’a expulsé. La HAC l’a accusé de s’ingérer dans les activités politiques nationales. Le 18 juillet (2020), la police a arrêté le journaliste Habib Marouane Kamara à Conakry et l’a conduit au bureau du directeur de la police judiciaire (DPJ), où il a été interrogé pendant plusieurs heures », soulignent-ils.

Censure ou restrictions de contenu

Là également, c’est un autre facteur par lequel, au yeux de États Unis, le gouvernement guinéen a procédé à des sanctions contre des médias et des journalistes qui diffusaient des articles critiquant les représentants du gouvernement et leurs actions. « Certains journalistes ont accusé des représentants du gouvernement d’avoir tenté d’influencer le ton de leurs reportages. Le 29 juin, la DPJ a convoqué les présidents de trois stations de radio privées et leur a ordonné de cesser de diffuser une publicité radiophonique soutenant l’opposition du FNDC à la nouvelle constitution proposée et un troisième mandat pour le président Alpha Condé. La DPJ a également demandé aux présidents de fournir des informations sur les personnes qui, au sein du FNDC, ont approuvé l’annonce. Les présidents se sont conformés à la décision de la HAC et ont interrompu la diffusion de l’annonce. Selon des sources médiatiques, la décision de la HAC d’interdire les publicités aurait été prise par le Conseil interministériel et le président de l’Assemblée nationale, qui ont affirmé que la publicité perturberait l’ordre public », note le rapport.

Dans le même sillages, les USA ont évoqué aussi la loi sur la diffamation contre le chef de l’État, la calomnie et les fausses déclarations qui sont des infractions pénales passibles d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et de lourdes amendes. Pour le gouvernement américain, les responsables ont utilisé ces lois pour harceler les dirigeants de l’opposition ainsi que des journalistes.

Sécurité nationale…

Pour les États-Unis, les autorités guinéennes ont fait recourt à la loi relative à la sécurité nationale pour punir des journalistes et des cadres des médias critiquant le gouvernement. Soulignant le cas de deux journalistes d’Al-Jazeera, Nicolas Haque, chef du bureau d’Al-Jazeera basé à Dakar, au Sénégal, et le caméraman Hugo Bogaeert, arrêté en octobre 2019, et accusés d’espionnage, de mise en danger de la sécurité de l’État et de production de reportages ethnocentriques. Le rapport mentionne qu’il ont été détenus pendant plusieurs heures, avant d’être sommés de quitter le pays après leurs libérations.

Coupure d’Internet

Pour restreindre la communication, le rapport note aussi la coupure d’Internet sur toute l’étendue du territoire national. Bien que le document ne mentionne pas une probable surveillance des communications privées, il note toutefois la surveillance des plateformes de médias sociaux et a exploité la loi pour punir des journalistes pour avoir publié ou partagé des informations critiques à l’égard du gouvernement en place. « En mars (2020), des perturbations généralisées d’Internet se sont produites à partir de la veille de l’ouverture des bureaux de vote pour les élections législatives et le référendum constitutionnel jusqu’au lendemain de la fermeture des bureaux de vote. Le 23 octobre (2020), les autorités ont suspendu toutes les données des téléphones portables et les appels internationaux, et bloqué diverses plateformes de médias sociaux. Le gouvernement a déclaré qu’il avait suspendu ces services en réponse à la violence post-électorale. Les données des téléphones portables et les services d’appels internationaux ont été rétablis plusieurs jours plus tard. L’accès complet aux réseaux sociaux a été rétabli en décembre », rappellent les Etats-Unis dans ce rapport.

Ibrahima Kindi Barry

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