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TCHAD : le roi est mort, vive le roi/coup d’État sous silence et la dynastie militaire des Déby au pouvoir.

Mort sur le front ou révolution de Palais, la mort du maréchal Déby ne change rien. Par contre ce qui pousse à la réflexion, ce sont bien les circonstances officielles de celle-ci – pour cause de blessures a – t-on appris – qui sont les énigmes à résoudre. Le temps nous le dira peut-être. Mais cette histoire cache en elle seule toutes les autres, toutes les manigances et l’incompréhension face au silence de cimetière de l’armée française. La France qui a longtemps soutenue Idriss jusqu’à ce qu’il croie être Bokassa aura-t-elle trouvé un autre interlocuteur plus prompt pour les bons services ? Elle qui ne tolère pas les réfractaires. Tout cela ressemble de trait à une manœuvre qui cachait bien longtemps la résolution de la question soit de la réélection ou de la succession du Maréchal tout court qui commençait à faire grincer des dents à Paris. Il était aussi malade, bien que cela ne fut pas un sujet intéressant. Pour le reste, beaucoup de scénarii sont envisageables. Le Tchad ne serait pas d’ailleurs le premier pays à les avoir tentés ou réussis. Tout cela pour éviter que les peuples s’expriment démocratiquement…

L’autre fait sur lequel il y a controverse, c’est bien la personnalité que le Président Idriss Déby a incarnée, selon ses positions et discours politiques, mais aussi ses engagements dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, son poids dans la création et la survie du G5-Sahel, ce bras armé de la France. Si d’aucuns saluent aujourd’hui la mémoire d’un grand Africain, patriote et « valeureux guerrier », c’est sans compter les 30 ans de dictature militaire, de violation de droits de l’homme, à la suite des noms comme Habré qu’il a combattu autrefois avec l’aide de Mitterand et bien-sûr de Khadaffi. Mais comme Déby, en Afrique, ceux qui veulent s’enraciner au pouvoir ont le plaisir de jouer avec les grands thèmes. Ils n’affirment jamais leur panafricanisme dans les programmes de développement, dans la révolution du système éducatif, dans les programmes sectoriels et plans directeurs, dans le refus de la mendicité, sous forme de dons et d’aides budgétaires, de lutte contre la corruption et les malversations financières Au contraire, ils n’invoquent le panafricanisme que lorsqu’on veut toucher à leur pouvoir. Mais avant cela, ils s’accommodaient bien avec les desiderata des mêmes puissances dans leurs combines collectives qu’ils essaient aujourd’hui de faire semblant de dénoncer, par populisme et soucis électoralistes. Des panafricanistes en carton, mais ça paie toujours en campagne et peut-être aussi dans les urnes (on n’est jamais sûr des élections dans ce genre de pays).

Pour l’heure, ce qu’on peut dire sans risque de se tromper, c’est bien l’échec de la rébellion – en supposant qu’elle existe ou qu’elle a existé évidemment – car elle n’a eu d’intérêt aujourd’hui-même, à la fois que de pérenniser le régime par la famille et le clan Déby, mais surtout de le rajeunir pour qui sait des décennies encore ? Comme la famille Kabila, le passage du pouvoir des mains du père dont la mort restera un mystère, au fils « héritier », Mahamat Idriss Déby Itno prend exactement le Tchad là où vient de le laisser son père. Il se dresse comme son paternel à ses débuts, à la tête du Conseil militaire de transition, convaincu fort probablement du soutien de la hiérarchie militaire, des alliés (la France et les pays du G5-Sahel ) devenus trop discrets ? Mais certainement avec la naïveté du peuple tchadien. Et comme d’habitude, les peuples sont dans l’euphorie, plutôt que le discernement.

Et voilà comment un Maréchal est rendu à la poussière par la force du destin. Aucun pouvoir n’est éternel ! Malheureusement que le peuple tchadien est loin de sortir de l’auberge. Le circuit se détache pour se renfermer davantage. Il ne faut jamais croire à la mort d’un homme en la confondant à la disparition du système durablement ancré depuis déjà plus de 30 ans.
IL VIENT DE S’OUVRIR AU TCHAD UNE SUCCESSION FAMILIALE DE POUVOIR MILITAIRE AVEC INGÉNIOSITÉ.

Ali Camara

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