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MEURTRES DANS LES MANIFESTATIONS : des parents de victimes contredisent Kassory Fofana

Le premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a accusé l’opposition guinéenne d’avoir bloquer toute possibilité d’enquête et d’indemnisation des victimes des manifestations violentes survenues en 2020, en pleine période électorale guinéenne. Une accusation qui a suscité la réaction des plusieurs familles des victimes qui se plaignent justement du peu de volonté dont fait montre le gouvernement en vue d’élucider les circonstances dans lesquelles ces crimes ont été perpétrés. Selon des proches et parents joints par le Djely, aucune tentative d’assistance sociale ou initiative d’enquête venant des autorités n’a été mise en place.

Et pourtant, dans l’émission « On refait le monde » chez nos confrères de Djoma Fm, le premier ministre Kassory avait assuré avoir tout fais pour faire la lumière sur les cas de morts « les juges d’instruction, les procureurs n’ont pas pu parce que cette opposition bloque toute manifestation de vérité. Ils terrorisent les victimes qui refusent de témoigner. Je me suis employé à faire la lumière mais impossible. Quand le juge d’instruction vient au lieu du crime pour demander à la victime ou au père de la victime comment il est mort, personne ne parle ». Et même en ce qui concerne les appuis que le gouvernement a voulu apporter aux familles endeuillées étaient refusés. « J’ai même proposé au Président et il a accepté, qu’on donne des appuis d’aide sociale aux familles endeuillées chaque fois que ça se présente. Est-ce que vous savez qu’on les terrorisent ? Demandez au ministre Taran, il vous dira. On leur demandes de refuser »

Pour les parents ou proches des victimes que nous avons oints, la question d’indemnisation n’a jamais été posée. Il n’en a été question ni de la part des autorités, ni de celle de l’opposition. C’est notamment ce que nous dit Dr. Bilguissa Bah, tente d’Abdoulaye Djibril Bah, tué le 21 octobre 2020 à la T6.  « Personnellement, personne ne m’a contactée. Il a reçu la balle à la Cimenterie, chez sa grand-mère. Avant qu’il n’arrive à Donka, il était déjà mort. Personne ne nous a contacté. Que ce soient les autorités ou une organisation de défense de droit de l’homme. Même chose du côté de l’opposition. Aucun parti ne m’a forcé à refuser quoi que ce soit. Nous avons reçu de l’argent, des fois du riz ou de l’huile , plus de deux ou trois fois mais même ça, c’est de la part de la diaspora. », explique Dr. Bilguissa.

Abdoulaye Bah, lui, est père d’une victime. Son fils Mamadou Aliou Bah est mort le 22 octobre à Hamdallaye suite aux accrochages entre les forces de l’ordre et les manifestants. Il nous indique qu’il n’y a «aucun membre du gouvernement, ni de près, ni de loin n’est venu me rendre visite. Même pour nous présenter des condoléances pour notre enfant. Personne. À part les membres de L’UFDG et vous les journalistes, personne d’autre n’est venu me présenter des condoléances, à plus forte raison me donner quoi que ce soit. Et je sais que même si une telle action avait été engagée, je le saurais car j’habite tout près de la route le Prince et je suis en contact de manière permanente avec les autres victimes comme moi. » a raconté notre interlocuteur au bout du téléphone.

Sur la question de savoir s’il a été inciter à refuser de l’aide venant des autorités, Abdoulaye Bah précise « je n’ai pas besoin qu’on m’aide ou qu’on me donne de l’argent, je n’ai pas besoin que l’opposition me dicte ce que je vais faire. Tout ce que je veux, c’est la justice. C’est tout. S’ils (le gouvernement et la justice, ndlr) veulent nous indemniser ou nous soulager, Ils n’ont qu’à faire la justice autour de ces meurtres pour condamner les auteurs. »

Même réaction chez Moro Bah, frère de Mariam Bah, une élève qui tuée le 21 octobre 2020 à la T6. « À part un montant de 300.000 qui m’avaient été remis par des Guinéens de l’étranger, personne ne nous a contacté par la suite. Et même si le gouvernement veut faire quelque chose, moi quand même je ne veux même pas qu’ils m’appellent. Et s’ils ne font pas la justice, peut-être, un jour j’aurais la chance de croiser la personne qui a tiré sur ma sœur et je vous assure, ce jour, il le regrettera de toute sa vie. » a menacé le frère qui se trouve toujours sous le choc.

Ali Mohamed Nasterlin

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