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HAC : Boubacar Yacine Diallo fait le bilan à l’occasion des 30 ans de l’institution

En mars 2021, l’organe de régulation des médias et de la communication en Guinée, appelé aujourd’hui Haute autorité de la communication (HAC), fêtait ses 30 ans d’existence. Aussi, nous profitons de la Journée internationale de la liberté de presse de ce 3 mai pour vous proposer le bilan que le président de l’institution,  Boubacar Yacine Diallo, fait du bilan de la régulation des médias en Guinée au cours des 30 dernières années. Très concrètement, il est ici question des acquis, obstacles et défis auxquels la HAC a dû faire face ainsi que des perspectives qui s’offrent à la presse guinéenne dans son ensemble.

Ledjely.com : En cette année 2021, la Haute autorité de la communication (HAC), anciennement CNC, fête ses 30 ans. Avec quels sentiments cet anniversaire est-il célébré à votre niveau ?

Boubacar Yacine Diallo : Je suis très heureux de célébrer cet anniversaire parce que je fais partie des tout premiers membres du Conseil national de la communication qui ont été nommés en octobre 1992, et je présidais à l’époque la commission Ethique et de Déontologie. Ensuite, je suis revenu en 2005 comme président du CNC et maintenant, je reviens en 2020 comme président de la HAC. Donc, je suis un témoin de cette instance de régulation. C’est donc avec beaucoup de plaisir que nous célébrons cet anniversaire et en même temps, je mesure les défis que la régulation pose à ceux qui ont la charge de conduire les destinées de l’instance de régulation.

Quels sont les acquis que l’on peut mettre à l’actif de l’institution en 30 ans d’existence ?

Déjà l’institution applique la loi. La HAC ne conçoit pas la loi, elle applique la loi sur la liberté de la presse. C’est la loi qui crée soit le CNC, soit la Haute autorité de la communication. Maintenant, on peut considérer que le CNC puis la HAC ont permis quand même de favoriser l’expression libre, ensuite de faire une bonne régulation des médias parce que s’il n’y a pas de régulation, les médias sont souvent laissés pour compte parce que l’instance de régulation régule surtout les contenus, donc les productions des journalistes. Vous savez, qui dit médias dit forcément journaliste. Je pense donc que c’est une institution qui est indispensable dans le secteur des médias.

Quels sont les écueils auxquels elle a dû faire face ?

Ici à notre arrivée, nous avons remarqué que les journalistes ne pouvaient pas retirer leurs cartes parce qu’elles coûtaient 100 000 GNF et nous l’avons rendu gratuite pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux cartes. Deuxième chose, les journalistes de l’intérieur du pays ne pouvaient pas y accéder parce que l’enrôlement ne se faisait qu’à Conakry. Nous avons dépêché des équipes à l’intérieur du pays et les journalistes sur place ont été enrôlés. Ensuite, ici il n’y avait pas d’eau. Nous avons fait faire un forage et aujourd’hui, l’eau est jusqu’au 2ème étage. La première formation du collège était de 11 membres, nous treize. Nous avons dû construire 3 bureaux pour des commissaires et des toilettes pour hommes et femmes. Et nous avons refait la grande salle historique qui a enregistré l’indépendance de notre pays. Nous l’avons réhabilitée avec l’espoir qu’elle sera un peu comme la maison de la presse où les journalistes viendront débattre des questions qui concernent leur profession et les médias.

Quels sont les défis auxquels vous faites aujourd’hui face ?

Le défi, c’est celui de la régulation pour nous. Il va falloir qu’on nous donne de grands moyens pour avoir les équipements adaptés à la régulation moderne. Nous en ferons la demande. J’espère que nous serons entendu, que ces équipements seront mis à notre disposition. Le 2ème défi ici, ce sont les travailleurs. Il y’en a qui travaillent depuis 20 ans et qui ont entre 600 000 et 900 000 GNF. C’est inacceptable alors qu’ils sont des fonctionnaires. Quelle que soit la catégorie dans laquelle ils se trouvent, des ingénieurs qui ont 900 000 GNF, c’est inacceptable! Donc, nous travaillons à ce que leurs salaires soient revus à la hausse parce que tous les autres fonctionnaires ont bénéficié d’avantages.

Parallèlement, que pensez-vous du chemin parcouru par la presse guinéenne le long de ces 30 dernières années ?

La presse au début, c’était la presse écrite maintenant la presse en ligne et puis l’audiovisuel, je pense que c’est une révolution qui se fait dans les bonnes conditions et je pense aussi que la liberté s’exerce en Guinée.

La presse de nos jours doit composer avec le numérique. Une opportunité ou une menace ?

Forcément une opportunité évidemment. Il y’a toujours les revers de la médaille. C’est aux journalistes de s’adapter à la nouvelle technologie et pas le contraire.

Que pensez-vous de la liberté de la presse dans notre pays ?

La Guinée a gagné un point dans le classement mondial de reporters sans frontières, j’en suis heureux. Je pense qu’il y’a des efforts qu’il faut fournir pour gagner plus de points.

Votre mot de la fin ?

Je voudrais par anticipation souhaiter une bonne fête à l’ensemble des journalistes et leur demander de se former, de se recycler parce que tout change maintenant rapidement et c’est à eux de s’adapter au changement.

Propos recueillis par Elisabeth Zézé Guilavogui

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