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SAHEL : l’incurable terrorisme

Au Sahel, la sanglante chronique alimentée par les islamistes et autres criminels de tout poil se poursuit malheureusement. Cette semaine, c’est à nouveau l’est du Burkina Faso qui en est le théâtre avec l’attaque le lundi 3 mai dans le village de Kodyel, dans la commune de Foutouri. Les sources s’accordent sur un bilan d’au moins une trentaine de personnes tuées, de nombreux blessés, des cases incendiées et des greniers saccagés. L’attaque ciblait, semble-t-il, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des hommes et des femmes engagés ou cooptés pour apporter de l’aide aux forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le péril djihadiste, avec notamment du renseignement. C’est dire que les terroristes poussent leur cynisme jusqu’à reprocher aux populations de vouloir se défendre et défendre les leurs. Encore qu’on n’a pas besoin de s’attarder sur les prétextes dont se servent ces criminels pour répandre le sang. Un seul enseignement peut et doit être tiré de ces attaques à répétition : le terrorisme est loin d’être vaincu dans la région. Et c’est aux pays concernés, à l’ensemble du continent africain et à ses partenaires de faire ce constat et d’en tirer les leçons qui s’imposent.

Kodyel, village martyr

Selon des sources locales, dans la matinée de lundi 3 mai 2021, pendant que dans d’autres localités du Burkina Faso, on en était à la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse dont le pays des hommes intègres est certainement une des vitrines, les assaillants prenaient position autour du village désormais martyr de Kodyel. Puis, subitement, ils sortent de tous les côtés et cédant à une furie indescriptible, ils détruisent tout sur leur passage. Ils commencent par mettre le feu aux cases, ensuite se mettent à tirer à bout portant sur les villageois en proie à la panique et dont certains cherchaient à se sauver en s’enfuyant. Et comme élément justifiant une telle barbarie, on nous brandit le fait que les terroristes entendaient par cette attaque punir des membres des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Des volontaires qui, à la différence de ceux dont on parle au Mali voisin, ne font pas nécessairement dans l’autodéfense. Dans le cas du Burkina, il s’agit d’un groupe composé d’environ 2000 personnes qui s’engagent volontairement ou qui sont subtilement sollicités par les autorités pour épauler les forces de l’ordre et les militaires dans la lutte contre le terrorisme. Même s’ils sont formés au maniement sommaire des armes légères, leur moyen d’intervention prioritaire demeure le recueil et la transmission du renseignement. Et c’est pour cet apport des plus légitimes qu’eux et leurs familles respectives constituent une cible privilégiée des attaques djihadistes.

Au lieu de refluer, le terrorisme s’attend au Sahel

Mais à la limite, ce n’est pas cette attaque en tant que telle qui devrait nous intéresser. C’est le message qu’elle sous-tend qui devrait davantage préoccuper et orienter en conséquence les réflexions. En effet, ces attaques qui se répètent au rythme d’au moins une par semaine attestent du fait qu’au lieu de refluer, le péril terroriste continue à s’étendre dans la région. Le fait notamment pour l’opération Barkhane d’éliminer quelques figures charismatiques du Mal n’a manifestement pas suffisamment d’impact sur la progression de ce dernier. A la place d’un leader qu’on « neutralise », on a des centaines de jeunes qui sont recrutés pour perpétuer la doctrine obscurantiste dont ils sont gavés par le biais d’un lavage de cerveau des plus sophistiqués. Mais si les idéologues de la terreur ont un tel succès au Sahel, c’est parce que le contexte leur est quelque peu favorable. Ce n’est en effet pas si difficile d’endoctriner des jeunes sans emploi et sans revenu et qui, dans certains cas, ne sont pas à l’abri des exactions perpétrées par les forces gouvernementales elles-mêmes. Il est donc temps de sortir des illusions pour faire face à la réalité. A priori, cette évaluation objective et réaliste des choses devrait conduire à envisager une évaluation de l’approche dont la pertinence n’est plus à démontrer.

Boubacar Sanso BARRY       

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