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ALIOU CONDÉ SUR LA LIBÉRATION DE DÉTENUS POLITIQUES : « Ce n’est pas le travail de la justice »

Le gouvernement guinéen, par la voix de son nouveau porte-parole, Tibou Kamara, a annoncé ce vendredi, 7 mai 2021, la libération, par un non-lieu, de 31 personnes arrêtées lors des violences survenues après la présidentielle du 18 octobre 2020. Mais 49 détenus arrêtés dans ce même cadre, eux, sont renvoyés devant la justice en vue de leur jugement dans l’affaire dite Ousmane Gaoual Diallo, Chérif Bah et co-accusés – pour la plupart des membre de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le principal d’opposition au régime d’Alpha Condé.

Au lendemain de cette annonce qui a surpris l’opinion publique, Ledjely.com a joint Aliou Condé, vice-président et secrétaire général de l’UFDG, pour recueillir sa réaction sur cette décision de la justice guinéenne, qui a décidé de remettre en liberté ces personnes après plus de six mois de détention « inutile ».

Pour ce cadre du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo, la justice guinéenne aurait pu éviter ce spectacle qui ne l’honore pas. « Le problème qui est toujours posé, c’est la qualité de notre justice. Il y a des aprioris, parce qu’à partir du moment où les gens appartiennent à telles catégories de personnes, on doit les placer en prison. Au lieu de faire de la détention une exception, ils en font un principe. Quand il n’y a pas de preuve contre l’accusé, il faut utiliser les autres formes, comme le sous contrôle judiciaire », a-t-il suggéré, choqué que des gens aient été détenus « inutilement » pendant plus de six mois.

Si ces libérations paraissent comme une réparation de l’injustice pour beaucoup, Aliou Condé n’est pas pour autant rassuré. Car pour lui, les raisons évoquées par le gouvernement pour justifier la remise en liberté de ces personnes ne lui paraissent pas suffisantes. « Pourquoi c’est maintenant que cette décision surgit alors que leurs arrestations n’ont pas été faites sur des bases légales ? », interroge-t-il. « Une fois qu’on a pris tous ces gens manu militari, les a embarqués – même quand ils sont malades c’est tout un problème pour qu’ils se soignent – et que, aujourd’hui, contre toute attente, on voit ce gouvernement lever un peu les pieds » pour libérer certains d’entre eux, « il faut se poser la question de savoir pourquoi maintenant », a-t-il insisté.

Et d’avancer sa propre hypothèse pouvant expliquer ces libérations d’une partie des prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles du régime de Conakry : on pourrait trouver l’explication dans le voyage projeté par le président Alpha Condé à Paris courant mai. A en croire ce cadre de l’UFDG, ces libérations ont été décidées pour qu’on dise qu’en Guinée « on respecte les droits humains et la loi, et que la justice est indépendante ». « C’est pour essayer de redorer le blason. Ce qui se passe n’est pas fortuit. Ce n’est pas le travail de la justice en tant que tel. Donc, il y a quelque part une main politique qui guide toute cette opération en fonction des évènements », a-t-il conclu.

Ali Mohamed Nasterlin

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