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GOUVERNEMENT OUVERT : la Guinée parmi les retardataires dans le domaine !

Le gouvernement ouvert, plus connu sous son appellation anglaise open data, est un terme qui désigne des données numériques dont l’accès est rendu libre à toutes les personnes qui le désirent. Ces données qui peuvent être produites par des personnes privées ou des administrations visent à permettre l’accès à un maximum d’informations sur une situation ou un sujet donné. Les données rendues disponibles par les administrations sont un gage de transparence et de contrôle citoyen de l’action publique, d’où leur plus grande utilité.

« Les administrations dans la plupart des pays démocratiques ont ce devoir d’informer les citoyens ; donc, le droit à l’information est un principe qui est reconnu. Et quoi de mieux pour informer un citoyen que de lui donner la possibilité de vérifier tous les détails à travers les données numériques ? Cela, au-delà de tout, est un principe qui permet à l’administration de s’améliorer parce qu’en ouvrant un ensemble de données, on met un ensemble de détails devant les citoyens. Et les citoyens les plus avisés – ceux qui ont plus de compétences – ont la possibilité de retrouver des billets, de comparer ces données à d’autres données et ainsi questionner, même remettre en cause certains principes, certaines façons de fonctionner de l’administration », explique Mamadou Alpha Diallo, data-journaliste.

En Guinée, très peu de données sont rendues publiques par les administrations. Le peu accessible est en PDF. « Il y a très peu de données détaillées qui sont rendues publiques de façon ponctuelle et systématique. La Guinée n’a pas de plateforme. Au-delà de la plateforme de l’INS (Institut national de la statistique), il n’y a pas d’autres plateformes qui sont assez régulières et qui donnent accès à des données. Les administrations produisent peu d’open data. Elles ont peut-être des données à l’interne mais elles sont moins enclines à publier ces données pour que les citoyens les voient », précise le spécialiste.

Si la Guinée avait amorcé une phase pour rejoindre le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) qui fait la promotion de l’open data, aujourd’hui celle-ci est interrompue. Cela depuis quelques années. Pour Mamadou Alpha Diallo, il faut que le processus puisse redémarrer car, assure-t-il, il y a une avancée même si son application est peu concrète. « Nous avons noté quand même que la Guinée s’est dotée d’une loi sur l’accès à l’information publique. Donc, une loi qui par principe permet à tous les citoyens de demander des informations, y compris des données numériques à des administrations. C’est une avancée qui est là donc ! Sauf que cette loi, je pense qu’elle n’a pas commencé concrètement à être mise en œuvre. Ce qui fait que de façon qualitative et même quantitative, l’open data en Guinée ne s’est pas beaucoup développé ces dernières années », ajoute Alpha Diallo.

Pour réussir son intégration au PGO, la Guinée doit encore poser plusieurs actions, montrant sa volonté de faciliter l’accès des données publiques aux populations. L’une des premières marques d’adhésion au partenariat reste avant tout la volonté politique des autorités et la mise en place d’une politique d’open data. Ensuite, viennent des critères à remplir. Un point où la Guinée était assez loin, notamment dans la transparence budgétaire, où elle n’est même pas notée. « Il fallait travailler entre autres sur la transparence budgétaire et sur certains aspects comme l’accès à l’information publique. C’est un travail qui avait été commencé qui s’est arrêté et donc il faudrait reprendre tout ça. Un gouvernement comme la Guinée, s’il veut être membre, doit travailler pour avoir le score minimum pour accéder au PGO », fait savoir Mamadou Alpha Diallo.

En plus des avantages économiques, il faut noter que l’adoption d’une politique open data a plusieurs bénéfices et répond à plusieurs besoins. « Les entreprises vu qu’elles n’ont pas accès à des données de qualité ont du mal parfois à développer certains types de services dans notre pays. Certaines de ses entreprises fournissent beaucoup d’efforts pour collecter des données qui sont déjà collectées par l’État et dont ce dernier n’avait qu’à rendre disponible. L’open data peut faire en sorte qu’on puisse avoir un ensemble d’entreprises qui sont innovantes et performantes. Et cela ne peut être possible sans accès à des données de qualité, les données numériques facile d’accès permettent le développement d’un écosystème innovant, d’un écosystème d’entreprises qui peuvent porter l’innovation très très haut », conclut-il.

Elisabeth Zézé Guilavogui

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