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MADIC 100 FRONTIÈRES : « Mon combat n’était pas de montrer aux Guinéens que je suis un héros »

Alpha Condé a gracié deux autres opposants au troisième mandat le 22 juin complétant à quatre le nombre de détenus libérés en l’espace de quelques jours. Tous ceux qui ont bénéficié de la clémence du président la République ont préalablement présenté des excuses publiques à Alpha Condé. Mamadi Condé, libéré samedi dernier, assume sa démarche et remercie le chef de l’Etat pour le geste.

Mamadi Condé qui s’exprimait ce matin chez les Grandes Gueules estime que ce n’est pas honteux de demander pardon au président de la République. Face à l’interrogation de l’opinion sur la position du militant de l’opposition qu’il fut, il admet qu’il a véritablement changé. « Je ne viens pas de la prison, je viens d’une école, et même d’une université », a-t-il déclaré.

Poursuivant, le blogueur qui résidait au Canada dit avoir beaucoup appris de son long séjour en Guinée, qui aura conduit à son arrestation. « C’était le moment idéal pour identifier le bon du mauvais, parce que c’est une expérience, c’est du vécu. Donc, oui ça m’a changé, parce que je me suis conseillé moi-même », a ajouté « Madic 100 Frontières », arguant que l’objectif de son combat était juste de livrer un cri de cœur. « Mais mon combat n’était pas de montrer aux Guinéens que je suis un héros », s’est-il défendu.

Plus loin, il a révélé que le président Alpha Condé n’est pas la première personne auprès de laquelle il s’est excusé, face à l’excès constaté dans ses publications sur les réseaux sociaux. « Un jour, un vieux m’a trouvé à la DPJ (direction de la police judiciaire, ndlr) avec un téléphone, il m’a montré juste une petite partie de mes vidéos, il dit : ‘je t’aime, je t’admire, mais le mot là m’a fait mal’. Donc, un homme conscient, qui veut vraiment un changement, et qui voit que ce qu’il dit est vrai, mais je lui ai demandé pardon », a-t-il confié, ajoutant que le même scénario s’est déroulé entre lui et d’autres cadres ; entre autres le général Bafoué (directeur général de la police, ndlr), venu le rencontrer le deuxième jour de son arrestation et auquel il aurait expliqué à l’occasion ses motivations.

« Madic 100 frontières » ne trouve rien d’anormal de présenter des excuses au président de la République peu importe sa culpabilité ou non avant d’admettre qu’il a été l’un des prisonniers les plus privilégiés. « Quand j’ai été arrêté, le général Baldé a appelé l’officier dont je tais le nom, pour garantir ma sécurité. Il a envoyé trois pickups, le premier plan c’était de m’envoyer chez lui parce qu’il voulait qu’on se parle face à face, mais vu qu’il était tard, il leur a dit de m’envoyer à la DPJ. Une fois là-bas, je me suis entretenu avec Fabou (directeur de la police judiciaire), près l’interrogatoire donc c’est pour vous dire que je n’ai pas eu de pression sur moi, ça vient de moi, je l’assume », a-t-il conclu.

Hawa Bah

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