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CONAKRY : le rabattage, une source de revenus précaire pour les enfants

Ils sont nombreux ces enfants qui sont contraints d’exercer des activités pour subvenir à leurs besoins et parfois même à ceux de leurs familles. Dans la capitale Conakry, le rabattage fait partie des activités qui absorbent ces enfants démunis. Obligé de quitter l’école par manque de moyens, Amadou Oury Diallo y trouve son quotidien et parvient grâce à ce métier à s’occuper de sa mère, malade.

Ils sont dans les grands ronds-points et autres lieux d’embarcation de Conakry. Ces enfants hèlent les passagers pour les taxis. En retour, ils reçoivent 500fg ou 1000fg en guise de rémunération pour chaque taxi rempli de passagers. Parmi ces rabatteurs communément appelés « cokseurs », en majorité, des enfants non scolarisés ou déscolarisés, faute de soutien financier. Selon l’Enquête Nationale sur le Travail et la Traite des Enfants en Guinée,43% des enfants sont économiquement occupés en Guinée. L’analyse selon la région administrative montre que la proportion d’enfants qui sont occupés économiquement varie d’un entre 10,6% à Conakry à 69,1% à n’zérékoré voire même 62, 5% à Boké.

Après deux échecs consécutifs à l’entrée en 7ème année, Amadou Oury Diallo, jeune rabatteur, a décidé de quitter l’école pour exercer ce métier afin de pouvoir aider sa maman souffrant d’hypertension et dont le côté droit est littéralement handicapé par la maladie. Âgé de 16 ans, il se lève tous les jours à 5 heures, après la prière à la mosquée. Il rallie aussitôt le carrefour de Kagbélen, avec l’espoir d’en revenir avec un peu d’argent pour se nourrir et entretenir sa maman.

Il est 11 heures en ce samedi 26 juin 2021. Assis à même le trottoir, avec quelques galettes chaudes dans le creux de la main, Amadou Oury s’apprête à prendre son petit déjeuner. Quoi que d’une humeur méfiante, le jeune garçon nous raconte une partie de son histoire notamment comment s’est-il retrouvé à faire le rabattage ? « J’étais en classe de 6ème année quand ma mère est tombée malade. Après le décès de mon père, mon oncle nous a invités chez lui. Au début, tout allait bien, parce que ma maman ne se débrouillait pas mal, elle aussi. Mais depuis qu’elle est paralysée, ma vie a pris une autre tournure. Les charges de mon oncle étaient énormes. A son absence, sa femme nous traitait de mendiants et de profiteurs. Touchée par ces paroles, ma mère pleurait constamment »

La maladie de sa mère, les charges de son oncle et les maltraitances à lui infligées par sa tante n’étaient pas compatibles avec la sérénité que requiert l’école. Et le petit Oury n’a pas le choix. « Il arrivait des fois que maman n’ait pas ses produits à temps, faute de moyens financiers. Aussi il fallait que je décharge un peu mon oncle surtout pour l’entretient de maman. Imaginez ma mère pouvait rester jusqu’à 14h sans prendre son petit déjeuner, ce qui n’est pas normal pour une personne malade. Et sans compter le stress. Donc avec ça, poursuivre les études n’avait pas d’importance. Il fallait coûte que coûte que je trouve un moyen pour gagner de l’argent. C’est ainsi que j’ai pensé à pratiquer ce métier ».

 Parfois, Amadou Oury Diallo peut gagner près de cent mille francs guinéens par jour. « Je gagne pas mal d’argent par jour. Les matins, comme tout le monde descend vers le centre-ville, je fais le rabattage à Kagbélen jusqu’à 12h30min et je m’embarque pour Madina pour profiter de la soirée.  A 19h, je cherche à rentrer à la maison. Le matin je donne un peu d’argent pour la dépense, le reste je le mets dans mon compte orange money. Depuis que j’ai commencé ce métier, ma mère ne manque de rien. Pour moi, c’est ça l’essentiel car elle est ma priorité ».

A l’avenir, le jeune souhaite exercer le commerce pour s’occuper davantage de sa maman. « Je fais ce métier pour économiser et lorsque j’aurai une somme suffisante, je ferai le commerce »

Tout comme Amadou Oury Diallo, plein d’autres enfants sont dans les rues en train d’exercer ce métier.

Mariama Ciré Diallo

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