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FAUSSE COUCHE : cette douleur atroce que les victimes endurent en silence

La fausse couche est un de ces sujets qu’on s’interdit d’aborder par pudeur. Pourtant, à en croire un rapport rendu public en avril dernier par la revue médicale britannique ‘’The Lancet’’, le phénomène plonge plus de 15 % des femmes dans la dépression.  Parce que justement, au-delà des douleurs physiques que les femmes ressentent à la suite d’une fausse couche, les effets psychologiques que l’on passe sous silence sont plus dévastateurs. D’autant qu’ils peuvent hanter les victimes des années durant.  

Mariée depuis 6 ans, Oumou Bah n’a toujours pas encore ressenti la joie que l’on éprouve après avoir conduit une grossesse à terme. A l’hôpital, on lui a dit qu’elle n’avait aucun problème gynécologique. Mais les deux fois qu’elle est tombée enceinte, se sont soldées par des fausses couches. Aussi, la jeune trentenaire en est totalement troublée. Dépression, traumatisme, chagrin, mélancolie, anxiété, culpabilité … telles sont en particulier ses plaintes depuis la perte de sa deuxième gestation qui n’avait pas encore trois mois. Une seconde fausse couche dont elle parle en disant que son « plus grand rêve s’est brisé par la même occasion ».  Pour elle, d’un point de vue psychologique, la fausse couche est « l’un des chagrins les plus difficiles à surmonter ». D’ailleurs, avoue-t-elle volontiers, n’eut-été la présence réconfortante de sa sœur, elle serait devenue folle.

Cela remonte à six mois, mais aujourd’hui encore, elle est traumatisée par la vue du sang. Ce liquide lui rappelant la perte de son fœtus. De fait, de ce 14 avril 2021, un mercredi soir, précise-t-elle, Oumou n’a rien oublié. « Je regardais tranquillement la télé lorsque subitement j’ai commencé à ressentir une douleur atroce au niveau de mon bas-ventre. Mes pieds se sont mis à trembler au point que je n’arrivais plus à me tenir debout. La douleur était telle que j’ai crié de toutes mes forces. Entre temps, j’ai senti un écoulement sanguin. Avec l’aide de ma petite sœur, je suis allée aux toilettes. Et là, je saignais abondamment. Instinctivement, j’ai su que j’avais perdu mon bébé », relate-t-elle, la gorge nouée par la colère.  Et quand la douleur s’est calmée, Oumou s’est rendue à l’hôpital, le diagnostic a confirmé qu’elle avait bel et bien fait une fausse couche. Aujourd’hui, elle ne ressent aucune douleur physique. Mais les images de la soirée de ce mercredi 14 avril, elles, ne la quittent pas. « Je les revois encore et encore », lâche-t-elle comme pour s’en plaindre.

L’état que nous décrit Oumou Bah, Dr. Hassane Chérif, le connait bien. Psychologue clinicien, il reconnait qu’après une fausse couche, certaines femmes peuvent même tenter de se suicider.  « Elles ont tendance à se dévaloriser, à se culpabiliser et à penser qu’elles n’ont pas un ventre capable d’engendrer un enfant viable ». Associant la perte de la grossesse à un traumatisme que vivent les victimes, Dr. Chérif dit qu’après elles se retrouvent en proie à un « stress post-traumatique ». Ployant sous le poids de l’anxiété, la femme victime de la fausse couche peut ne même plus avoir d’enfant, dit le psychologue.  La situation étant particulièrement aggravée par la tendance que les femmes en question ont de se refermer sur elles-mêmes. Or, prévient-il, le fait de « se cloitrer ou s’isoler n’est surtout pas la meilleure façon de surmonter son chagrin après une fausse couche ». Il recommande en conséquence des séances de thérapie.

Sauf que la pratique qui consiste à consulter le psychologue n’est pas des plus répandues dans nos sociétés.

Mariama Ciré Diallo                                 

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