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10 DECEEMBRE : Quid du droit à un environnement sain à Conakry?

En ce vendredi 10 décembre, l’humanité célèbre la journée internationale des droits de l’homme. Dans nos pays, trop souvent caractérisés par des antagonismes politiques récurrents, on a tendance à réduire le concept des droits de l’homme aux nombreuses restrictions que les tenants du pouvoir imposent à l’exercice des libertés : de manifestation, d’expression, d’opinion, etc. Il faut dire en outre que les citoyens, davantage préoccupés par des questions existentielles (nourriture, logement, habillement) n’ont pas toujours le temps de s’interroger à propos d’autres types de droits dont ils ne jouiraient pas. Pourtant, dans un pays comme la Guinée, il y a bien d’autres types de droits que l’on gagnerait à promouvoir. Il en est ainsi du droit à un environnement sain. C’est précisément le 8 octobre dernier que par la résolution 48/13 que le Conseil de sécurité des Nations unies, a reconnu pour la première fois que « disposer d’un environnement propre, sain et durable est un droit humain ». Il se trouve qu’en Guinée en général et à Conakry en particulier, il y a bien des défis en la matière. Illustration avec le quartier Coronthie, dans la commune de Kaloum qui abrite la présidence et l’administration en général.

Tout habitant de Conakry le sait. Le quartier de Coronthie renvoie en premier lieu à l’insalubrité, à ces eaux usées visqueuses et noirâtres débordant des caniveaux. Des déchets provenant très souvent de toilettes elles-mêmes débordantes. Parce que dans ce quartier, l’espace urbain est occupé de manière si anarchique que le curage des caniveaux et la vidange des toilettes relève de l’impossible. Mais le pire, c’est que tout le monde semble s’en accommoder. Citoyens et autorités. C’est ainsi que les agents de la police routière postés au carrefour de la Maison centrale, passent la journée à humer l’odeur ocre émanant d’une retenue d’eau stagnante, juste à l’angle du ministère de la Jeunesse.

De l’autre côté, le long de la ruelle qui passe derrière cette Maison centrale pour déboucher sur la devanture du Gouvernorat de Conakry, coulent des déchets rejetés par des toilettes manifestement situées dans l’enceinte de la prison civile de Conakry. En tout cas, ces déchets sortent d’un trou situé non loin du portail de la CMIS, elle-même logée dans l’enceinte du pénitencier. De fait, selon les informations obtenues par la rédaction de Ledjely.com, des toilettes n’ayant pas été aménagées pour eux, les agents et des mécaniciens du voisinage ont fini par transformer une des cabanes de la zone en toilettes de fortune. Mais en réalité, ce sont tous les ménages alentours dont les déchets – provenant des toilettes – sont rejetés dans le canal qui vient déboucher devant le gouvernorat.  Et cela dure depuis des années. « Comme vous le voyez vous-même, nous mangeons à quelques mètres de cette eau polluée. Son odeur nous empêche de respirer de l’air pur, surtout pendant la saison pluvieuse », témoigne Aminata Camara, ménagère.

Une plainte d’autant plus incompréhensible que d’autres femmes, au lieu de s’en émouvoir, n’hésitent pas à verser des eaux usées et des déchets solides dans le même caniveau. « Quand les femmes lavent les habits, les ustensiles de cuisine et autres, cette eau est déversée dans ce caniveau. C’est pourquoi nous constituons nous-mêmes un facteur de pollution », soutient un homme installé dans une chaise en plastique devant sa concession. Et il résulte de cet environnement d’insalubrité que la consommation des aliments qui y sont vendus n’est guère rassurante. « Consciencieusement, nous savons que notre santé est en jeu en mangeant à côté de ces eaux qui dégagent une odeur insupportable.  Mais on n’y peut rien, et en plus on est déjà habitué, sinon vraiment c’est déplorable », reconnait Alpha Sow, venu acheter un sandwich dans une boutique.

Justement, le drame avec l’insalubrité en Guinée, c’est qu’on en est pas suffisamment conscient. Autant on se bat pour garantir la liberté de manifestation ou d’opinion, autant on envisage les saletés qui nous entourent et nous encombrent avec fatalisme.

Balla Yombouno

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