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« Un fonctionnaire qui a 40 ou 50 milliards sur un compte privé doit juste aller en prison »

Le gel des comptes des établissements publics et ceux des responsables qui étaient aux affaires jusqu’au coup d’Etat du 5 septembre relève des premières mesures prises par le CNRD. Présentée comme nécessaire à l’établissement de la situation dont héritent le colonel Mamadi Doumbouya et ses camarades, la mesure, du fait notamment de sa relative prolongation dans le temps, génère de plus en plus des questions. Si lui aussi pense que la décision ne doit pas demeurer indéfiniment, le leader du Parti PADES trouve néanmoins que ceux des fonctionnaires ayant dans leurs comptes plusieurs milliards de francs guinéens n’ont droit à aucune circonstance atténuante. A en croire Dr. Ousmane Kaba qui s’exprimait récemment chez nos confrères de Djoma TV, le bon sens voudrait que ces fonctionnaires-là séjournent d’abord en prison avant toute explication.

De fait, pour Dr. Ousmane Kaba, le mal premier de la Guinée se nomme corruption. C’est notamment, selon lui, à celle-ci que l’on doit le fait que la Guinée est « d’année en année parmi les 12 pays les plus pauvres du monde ». En Guinée, la corruption, dit-il, se manifeste de deux façons : « Soit ce que l’État doit avoir comme rentrée ne rentre pas du tout ou alors ce que l’État dépense, on n’arrive pas à acheter les biens publics tels qu’ils correspondent à l’argent qui est sorti ». L’ancien ministre insiste : « quand un pays est gangrené de la sorte par la corruption, il n’est plus possible de faire des investissements publics »

Et bien sûr, pour extraire cette gangrène, il préconise la lutte contre l’impunité jusqu’ici concédée aux fossoyeurs de l’économie nationale. « Si on ne sanctionne pas les prédateurs de l’économie, la corruption va aller en grossissant. Si on ne le fait pas, la Guinée n’aura aucune chance c’est à dire qu’il n’y aura pas d’investissement public, ni d’entreprises donc il n’y aura pas d’emplois pour des milliers de jeunes », dit-il. Mais à l’en croire, c’est surtout sous le règne du président Alpha Condé que la corruption a pris des dimensions démesurées en Guinée. « Pendant la période du professeur Alpha Condé, la corruption était beaucoup plus importante qu’au temps de Lansana Conté, parce que les montants en jeu sont complètement différents », estime-t-il en effet.

Revenant aux sanctions qu’il suggère aux nouvelles autorités, le leader du PADES pense que dans certains cas, il n’est même pas nécessaire de passer par un audit ou une procédure judiciaire pour confondre les « prédateurs de l’économie ». « Il vaut mieux prendre des sanctions contre les prédateurs car on les connaît. Lorsque vous avez un fonctionnaire qui a 40 ou 50 milliards sur un compte privé, vous n’avez pas besoin d’audit. Il doit juste aller en prison et on lui pose la question en prison de dire d’où vient l’argent. La charge de la justification, c’est lui qui l’a » a conclu l’ancien vice-président du comité d’audit mis en place par les autorités de la Transition de 2009.

Aliou Nasterlin

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