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MANÉAH : dans le quotidien des femmes casseuses de cailloux de Kansigueyah

Dans le district de Kansigueyah, situé dans la sous-préfecture de Manéah, à Coyah, les carrières artisanales sont devenues des sources de survie pour de nombreuses personnes, principalement des femmes à la recherche de quoi nourrir leurs familles. Pour y parvenir, celles-ci passent leurs journées à casser des blocs de pierres pour en faire des cailloux utilisés dans la construction de bâtiments. Entre pauvreté, besoins familiaux grandissant et chômage de leurs maris, ces mères de famille n’ont pas eu d’autres choix que de se tourner vers cette activité. Ledjely.com est allé à leur rencontre….

Assises à même le sol, des foulards noués sur leurs têtes — d’autres des chapeaux d’homme pour se protéger contre le soleil —, des dizaines de mères de famille cherchent le prix du pain quotidien. Parmi elles, Fatoumata Camara, 45 ans et mère de 5 enfants dont le mari est handicapé. Chaque jour, le quadragénaire vieillie par l’endurance qu’exige ce travail  effectue le même rituel : elle se lève tôt le matin prépare ses outils et se rend à la carrière pour trouver de quoi mettre dans la marmite. Sous un soleil de plomb, elle met les caillons dans un sceau qui sont transportés par son fils Yamoussa Bangoura, âgé d’une vingtaine d’années, qui lui vient en aide les weekends. « Tous les jours, je parcours un kilomètre pour venir dans cette carrière. Quand nous venons le matin, on retourne à la maison à 19h. Si je ne travaille pas ici, je ne pourrais pas nourrir mes enfants et payer leur scolarité vu que son mari est handicapé », a-t-elle expliqué.

Alors que ce travail demande beaucoup d’efforts, les revenus qui en sont issus, eux, sont assez minimes. Mais pour ces femmes qui vivent dans une grande précarité, le caillassage de ces pierres est leur unique source de revenus pour prendre en charge leurs familles. « Nous vendons les tas à 300 000 francs guinéens, voire parfois à 250 000. C’est cet argent que j’utilise pour nourrir ma famille en achetant du riz, les condiments et pour payer la scolarité de mes enfants », a précisé Fatoumata Camara, avant d’éclater en sanglots.

Yamoussa Soumah, élève en 11e Sciences expérimentales, a 21 ans. Il est son fils aîné. Chaque week-end, il vient à la carrière pour aider sa maman à travailler. Car, conscient de la misère que vit sa famille, il n’a pas d’autres alternatives. « Je viens ici pour l’aider à transporter les cailloux qu’elle casse. Quand je viens le matin, je travaille avec elle jusqu’à 14h. J’espère qu’un jour Dieu nous viendra en aide pour sortir de cette misère. Mon combat, c’est de faire quitter ma mère ce travail particulièrement pénible », confie le jeune homme.

A quelques mètres de là, Mamadama Touré, 26 ans, handicapée, mariée et mère de deux enfants — malgré sa situation — prête main forte à sa maman dont le mari est décédé. « Moi, je suis commerçante. Mais vu que ma mère souffre dans ce travail, je viens l’aider parfois dans cette carrière pour casser les cailloux. Je suis infirme à la suite d’une injection, mais je ne peux pas voir ma mère souffrir sans l’aider », a déclaré la jeune femme.

Marteaux ou petites barres de fer entre les mains, visages recouverts de sueur — parfois des grosses gouttes de sueur qui tombent —, Mamaissata Camara concasse des pierres. Autour d’elles, des tas de graviers de tailles différentes sont formés. Ils serviront dans les chantiers de construction.

Nourrisse et mère de 8 enfants  dont 4 jumeaux, elle passe ses journées à casser les cailloux en compagnie de ses deux jumelles qu’elle allaite. Elle est épuisée par l’ardeur du travail, mais les bébés se disputent autour de son sein droit. La mère et ses deux nourrissons abritent sous un abri de fortune, sommairement aménagé avec des pagnes usés. C’est dans cet espace de « repos » qu’elle profite pour se mettre à l’abri du soleil de janvier et surtout pour allaiter ses deux bébés. « Mon mari ne travaille pas. Je n’ai personne pour m’aider, raison pour laquelle j’ai préféré venir casser des cailloux ici pour  ensuite les vendre afin de pouvoir prendre en charge ma famille. Je suis dans là depuis 4 ans. Après l’école, mes enfants qui sont grands viennent pour m’aider à transporter et casser les grandes pierres », a expliqué cette autre occupante des lieux.

Balla Yombouno

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